Résilience climatique : les solutions fondées sur la nature montent en puissance à la Banque mondiale
À l’instar de nombreuses villes, Freetown est confrontée à une urbanisation rapide. L’afflux de personnes dans la capitale sierra-léonaise a entraîné une forte déforestation et augmenté les risques de catastrophe naturelle pour les habitants des zones précaires. En réponse à cette situation, la Banque mondiale soutient les efforts déployés par les autorités locales pour restaurer le couvert forestier et fournir une protection naturelle contre les glissements de terrain, les inondations et l’érosion côtière. Grâce à un projet de restauration communautaire (a), les résidents ont planté 567 000 arbres, arbustes et mangroves à travers la ville, franchissant ainsi une étape cruciale dans le renforcement de la résilience climatique. Ces solutions fondées sur la nature (SfN) sont de plus en plus reconnues comme un outil essentiel pour atténuer les catastrophes et soutenir la résilience climatique.
« Les solutions fondées sur la nature sont de plus en plus reconnues comme un outil essentiel pour atténuer les catastrophes et soutenir la résilience climatique. »
La moitié de ces projets étaient hybrides, employant à la fois des infrastructures « vertes » (naturelles) et « grises » (construites), tandis que les autres ont eu recours à des interventions totalement écologiques. En outre, plus de 65 % d’entre eux ont été conçus ou mis en œuvre avec la participation de la population, ce qui a permis de répondre aux besoins locaux tout en favorisant l’appui des communautés concernées. De même, 65 % de ces projets ont reçu le label « Genre » de la Banque mondiale, ce qui signifie qu’ils se sont attachés à remédier aux disparités entre les sexes par des travaux d’analyse, des actions spécifiques et le suivi d’indicateurs pour mesurer les résultats.
Cette hausse des projets SfN est due tant à la demande croissante des pays en développement qu’à l’attention accrue portée à ce domaine par la Banque mondiale et d’autres institutions internationales. La Banque mondiale met de plus en plus l’accent sur les avantages qu’offrent les solutions fondées sur la nature dans ses stratégies et priorités, notamment dans le cadre de son Plan d’action sur le changement climatique 2021-2025. La GFDRR et le GPNBS travaillent également en étroite collaboration avec des partenaires tels que le World Resources Institute et la Banque africaine de développement pour déployer ces solutions à l’échelle mondiale et mettre au point une méthodologie (a) commune pour assurer le suivi des projets en Afrique subsaharienne.
Les solutions fondées sur la nature sont de plus en plus considérées comme faisant partie intégrante des objectifs en matière de climat et de biodiversité. En décembre, 196 pays ont adopté le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal lors de la 15e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Ce cadre comprend des plans visant à enrayer et à inverser la perte de biodiversité d’ici 2030 et appelle à exploiter les solutions naturelles pour atteindre ces objectifs. De même, la décision finale (a) adoptée à la 27e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27), qui s’est tenue à Charm el-Cheikh en novembre, a souligné les liens entre le changement climatique et la perte de biodiversité : le texte insiste notamment sur l’importance d’« utiliser durablement la nature et les écosystèmes pour une action climatique efficace et durable », dans le droit fil de la note Climat et développement de la Banque mondiale sur les solutions fondées sur la nature (a), publiée à l’occasion de la COP27.
Chris Wood, CEO du groupe WIOCC, et Christophe Evers, CFO de TEXAF, ont signé le 11 juillet, un pacte d’actionnaires historique pour l’exploitation d’OADC Kinshasa, qui sera le premier data centre de la République démocratique du Congo (RDC) à accès ouvert, certifié Tier-III (par l’Uptime Institute) et neutre vis-à-vis des opérateurs, et qui devrait être mis en service en novembre 2023.
Christophe Evers, CFO de TEXAF avec Chris Wood, CEO du groupe WIOCC Chris Wood, CEO du groupe WIOCC, dont la filiale Open Access Data Centres (OADC), la société de data centres à la croissance la plus rapide en Afrique, exploitera le centre de données soutenu par TEXAF, a déclaré : « OADC Kinshasa stimulera l’économie de la RDC en fournissant des écosystèmes numériques dynamiques et des services d’infrastructure Information non règlementée numérique ouverte et convergente (CODI), en ce compris de la colocation sur mesure et de la connectivité fiable.
Ces services peuvent être utilisés par les fournisseurs de contenu, les opérateurs de cloud, les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) pour fournir une multitude de produits et de services numériques aux entreprises et aux particuliers. » Christophe Evers, CFO de TEXAF, a déclaré : « Nous sommes fiers de nous associer à OADC pour la création d’un autre élément essentiel de l’écosystème numérique ici en RDC. Cela valide pleinement notre stratégie visant à attirer des leaders internationaux de l’industrie tels que OADC dans le pays et plus particulièrement dans notre nouveau centre numérique SILIKIN VILLAGE.
Dans le cadre de la Team France Export (TFE), Bpifrance et Business France donnent le coup d’envoi de la troisième promotion de l’Accélérateur Afrique. 9 entreprises françaises démarrent aujourd’hui leur accompagnement d’une durée de douze mois, associant temps forts collectifs et parcours individuels, pour booster leur développement et leurs partenariats sur le continent africain.
Plus grande zone au monde bénéficiant d’une croissance continue, le continent africain représente un relai de croissance majeur pour les PME et les ETI françaises. Son explosion démographique prévoit 2 milliards d’habitants à l’horizon 2050, entraînant une hausse de la consommation et créant ainsi des potentiels de marchés exceptionnels pour les entreprises africaines et françaises exportatrices.
Fort de ce constat, l’objectif de l’Accélérateur Afrique est de permettre aux entreprises françaises d’identifier les différentes opportunités de développement et de partenariat pérennes sur l’ensemble du continent, y compris au-delà de l’Afrique francophone. L’accélérateur Afrique va leur permettre d’identifier des relais commerciaux solides, de valider des scénarios d’implantation, créateurs d’emplois et de valeur au niveau local, d’envisager des projets de co-industrialisation, de partages d’expertise , etc.
Lancée en février 2021 et clôturée récemment, la 1ère promotion de l’Accélérateur Afrique a permis aux dirigeants de travailler leur stratégie internationale et d’identifier les clés de succès pour développer leurs courants d’affaires, notamment au travers de missions de conseil et de prospection dans le pays de leur choix. Ils ont également eu l’opportunité de participer à une mission collective organisée à Abidjan en Côte d’Ivoire. A la fin de ce programme, 69% des accélérés de la première promotion ont fait évoluer leur stratégie à l’international, 25% ont développé leur activité sur des nouveaux marché africains. De plus, le chiffres d’affaires export de ces entreprises a augmenté de 27 % en moyenne sur la période 2020-2022.
La 2ème promotion arrive à la fin de son parcours collectif dont le point d’orgue a été une mission organisée à Dakar en décembre 2022 et terminera bientôt son parcours de conseil avec des missions majoritairement orientées vers la stratégie et la performance internationale.
La 3ème promotion de l’accélérateur Afrique est composée de 9 entreprises réalisant un chiffre d’affaires moyen de 19 millions d’euros et comptant en moyenne 104 collaborateurs. Les lauréats de cette promotion souhaitent rendre plus transverse au sein de leurs structures, l’export et l’international étant identifiés comme des sujets prioritaires et stratégiques.
« Les mutations que connait le continent africain sur les plans démographique, économique, numérique ou climatique sont de véritables opportunités pour les entrepreneurs français qui se projettent à l’international. »déclare Alexandre Guillo, Directeur des Accélérateurs chez Bpifrance. « Le lancement de la 3ème promotion de l’Accélérateur Afrique permet de donner aux entreprises lauréates les moyens de développer et de pérenniser leur activité et de construire des partenariats durables sur le continent. »
Pour les aider à s’implanter durablement en Afrique, les dirigeants et leurs équipes auront accès à toute l’expertise de Bpifrance et Business France à travers un programme d’immersion collectif sur 12 mois, articulé autour de 3 piliers :
Conseil : chaque entreprise bénéficiera de 18 jours de conseil exécuté par des consultants rigoureusement sélectionnés par Bpifrance et adapté à chaque profil ;
Formation : 2 séminaires pour nourrir la réflexion stratégique et renforcer les compétences des dirigeants ainsi qu’à un parcours e-learning complet via des cours distanciels et des ateliers et conférences en ligne.
Mise en relation et échanges entre pairs : les PME-ETI de cette nouvelle promotion participeront à des événements en France et en Afrique pour étendre leur réseau et à deux missions internationales sur le continent, afin de trouver de nouveaux relais de développement en Afrique. Ils seront également intégrés au sein d’un collectif de dirigeants pour échanger sur leurs expériences et nouer des collaborations.
Ce programme d’accompagnement permettra à ces entreprises de revisiter leur business plan et leur stratégie de conquête à l’international de la construction à la mise en œuvre opérationnelle. L’objectif premier étant de les accompagner dans leur développement sur l’ensemble des marchés africains, d’affiner leur ciblage et de renforcer leurs réseaux.
Les 9 entreprises de la troisième promotion de l’Accélérateur Afrique :
Alcatel Submarine Networks, Elettra Tlc, Medusa et Orange annoncent le début de la construction du système sous-marin Medusa en mer Méditerranée
Alcatel Submarine Networks (ASN), Elettra Tlc, Medusa et Orange sont heureux d’annoncer l’entrée en vigueur du contrat de construction du système de câbles sous-marin Medusa. Ce jalon marque le début d’un projet ambitieux visant à renforcer la connectivité à travers la Méditerranée. Medusa établira des connexions essentielles entre le Maroc, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, la Grèce, Chypre et l’Égypte. Le sous-système du câble Medusa, nommé Via Tunisia, reliant la France à la Tunisie, est co-financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme « Mécanisme pour l’interconnexion en Europe » (MIE) comme déjà annoncé par Orange. Une fois achevé, Medusa s’étendra sur une distance impressionnante de plus de 8 700 kilomètres, ce qui en fera le plus long câble de la mer Méditerranée et permettra d’améliorer la connectivité nord-sud et est-ouest.
La construction a été confiée aux leaders de l’industrie ASN et Elettra Tlc. Le système Medusa repose sur la technologie de pointe ouverte (Open Cable) à 24 paires de fibres optiques pour répondre aux besoins croissants en matière de haut débit dans la région, avec une capacité minimale de 20Tb/s par paire de fibres. Elettra Tlc va démarrer sans délais les opérations de survey (sondage des fonds marins), alors que la fabrication et l’installation du câble s’étaleront sur 2024 et 2025. Orange fournira des infrastructures d’atterrissement en France, en Tunisie et au Maroc. En reliant l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud, ainsi que plusieurs îles de la Méditerranée au continent, notamment la Sicile, la Crète et Chypre, le système de câble sous-marin Medusa créera des opportunités sans précédent pour la collaboration, l’innovation et le développement économique. Il constituera également un pont efficace entre les régions de la Méditerranée et de l’Atlantique, facilitant une communication et une coopération accrues dans toutes ces zones. Medusa s’engage à réduire la fracture numérique et cette construction est une étape importante dans la réalisation de cet objectif. La construction de Medusa est financée par AFR-IX Telecom, Orange et l’Union Européenne à travers une subvention dans le cadre du programme MIE (Mécanisme pour l’interconnexion en Europe).
Cette collaboration souligne l’engagement des leaders de l’industrie et des organisations gouvernementales à contribuer à un avenir plus connecté et plus prospère pour la région méditerranéenne.
Norman Albi, CEO de Medusa, souligne l’importance stratégique de Medusa pour améliorer la connectivité en Méditerranée : « Nous travaillons depuis plus de trois ans pour en arriver là et nous sommes extrêmement reconnaissants à tous ceux qui, dès le début, ont soutenu Medusa : les entreprises partenaires et les institutions européennes. Grâce au soutien d’opérateurs nord-africains, d’institutions financières et d’entreprises de premier plan telles que ASN, Elettra Tlc, Orange et AFR-IX Telecom, Medusa sera mis en service au 4e trimestre 2025 ».
Paul Gabla, Directeur des ventes et marketing d’ASN explique : « Le système de câble sous-marin Medusa marque une étape majeure dans les infrastructures de télécommunications. ASN est honorée d’être à l’avant-garde de ce projet ambitieux, qui apportera une connectivité Internet à haut débit et une communication sans faille dans la région, ouvrant un monde d’opportunités pour les entreprises, les communautés et les individus dans toute la région méditerranéenne ».
Didier Dillard, Président et CEO d’Elettra Tlc « Nous sommes très heureux d’être en charge des travaux maritimes pour la première phase du projet Medusa, de l’étude maritime et de l’installation. Elettra Tlc est une véritable entreprise méditerranéenne qui a installé et réparé un très grand nombre de câbles dans cette région, et nous sommes ravis de contribuer à la construction de cette future épine dorsale de télécommunications de la mer Méditerranée ».
« Orange est ravi de mettre son leadership et son expertise industrielle au service de la construction de ce nouveau système qui favorisera les échanges numériques entre l’Europe et l’Afrique du Nord et d’accueillir Medusa au sein, de ses infrastructures neutres à Marseille » explique Aurélien Vigano, Vice-Président des Réseaux de Transmission Internationaux chez Orange.
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Avec la Banque Mondiale
On entend souvent dire que la croissance économique est en train de tuer notre planète. De fait, de multiples recherches menées depuis des décennies le confirment. Il y a un demi-siècle, le Club de Rome publiait son célèbre rapport, Les limites à la croissance, qui affirmait qu’en l’absence de changements importants dans les modes de consommation, la dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles conduiraient à un déclin catastrophique des populations et des niveaux de vie.
Depuis, la population mondiale a plus que doublé et la planète compte aujourd’hui huit milliards d’habitants. Les revenus, et par conséquent la consommation également, ont augmenté partout dans le monde. Cette croissance a eu pour conséquence malheureuse un recul de presque tous les indicateurs environnementaux.
Face au déclin de ces composantes vitales du capital naturel, une question cruciale s’impose à nous : pouvons-nous mieux faire ? Pouvons-nous utiliser notre capital naturel de manière plus efficace et permettre aux populations de mener une vie meilleure tout en protégeant notre planète de la destruction ?
« Pouvons-nous utiliser notre capital naturel de manière plus efficace et permettre aux populations de mener une vie meilleure tout en protégeant notre planète de la destruction ? »
Presque aucun pays n’exploite efficacement son capital naturel
Pour répondre à ces questions, la Banque mondiale s’est associée à Natural Capital Project (a), une équipe de scientifiques, économistes, ingénieurs en informatique et professionnels de terrain. Ce partenariat a favorisé la mise au point de modèles agricoles, écologiques et économiques qui peuvent nous aider à faire le meilleur usage possible de la terre, de l’eau et de l’air. Ils reposent sur de formidables quantités d’informations (plus de huit milliards de données) concernant les forêts et la végétation, la production agricole, les ressources en eau, le climat et la pollution atmosphérique. Les résultats de leur analyse sont détaillés dans un nouveau rapport intitulé en anglais Nature’s Frontiers, Achieving Sustainability, Efficiency, and Prosperity with Natural Capital.
Cette modélisation indique que presque aucun pays dans le monde n’exploite efficacement son capital naturel. Les cultures ne sont pas adaptées aux conditions climatiques et géographiques locales, tandis que des terres plus propices à l’agriculture sont utilisées pour l’élevage ; de vastes étendues sont déboisées sans replantation, ce qui limite les revenus forestiers futurs et détruit des puits de carbone et des habitats naturels d’une importance capitale. Ces pratiques sont à l’origine d’importants manques d’efficacité.
Cette mauvaise utilisation du capital naturel peut être attribuée à de nombreux facteurs, notamment le recours à des subventions agricoles peu judicieuses, la précarité des droits de propriété et le non-respect des zones protégées. Cependant, la raison principale est autre : la valeur du capital naturel est généralement sous-évaluée, voire impensée, ce qui fausse les incitations. En conséquence, le capital naturel est gaspillé, utilisé de manière non durable et rarement alloué de manière à maximiser les bénéfices qu’il pourrait rapporter.
Réduire les manques d’efficacité pourrait nous aider à relever les défis les plus urgents
Il y a cependant des nouvelles encourageantes. Corriger ces insuffisances et combler les déficits d’efficacité pourrait contribuer à relever certains des défis les plus critiques dans le monde. La quasi-totalité des 146 pays que nous avons étudiés présente d’importantes lacunes en matière d’efficacité. Donc, ils pourraient tous bénéficier d’une utilisation plus efficace de leur capital naturel. Et, lorsque les données de tous ces pays sont consolidées, les résultats sont stupéfiants.
« La quasi-totalité des 146 pays que nous avons étudiés présente d’importantes lacunes en matière d’efficacité. »
Nous avons ainsi constaté que les pays pourraient exploiter efficacement leur capital naturel grâce à différentes combinaisons de modes de gestion des sols et du couvert végétal. La figure ci-dessous représente la « frontière d’efficience », c’est-à-dire des niveaux optimaux de production économique et de séquestration du carbone, et montre où nous en sommes aujourd’hui. Actuellement, le monde retire environ 401 milliards de dollars par an de ses terres. Si tous les pays réduisaient leur déficit d’efficacité de production tout en maintenant le niveau actuel de stockage du carbone, ils pourraient presque doubler ce chiffre pour atteindre 730 milliards de dollars par an et parvenir à la frontière d’efficience. Ce résultat pourrait être obtenu sans impact sur l’environnement, comme des rejets de carbone ou de méthane, ou des pertes de biodiversité. Plus impressionnant encore, si l’on considère ce chiffre en termes de calories produites par l’agriculture plutôt qu’en termes financiers, cela représenterait plus que les calories nécessaires pour nourrir le monde jusqu’en 2050, date à laquelle les Nations Unies prévoient que la population mondiale atteindra 10 milliards de personnes.
De même, si tous les pays parvenaient à combler les déficits d’efficacité en maintenant leur production, mais en séquestrant davantage de carbone, ils atteindraient la frontière et le monde pourrait stocker 78 milliards de tonnes de carbone supplémentaires dans la nature. Cela équivaut à près de deux ans d’émissions mondiales et donnerait le temps nécessaire à la décarbonation de la planète. Et encore une fois, ce résultat pourrait être obtenu sans nuire à la croissance économique ni à la production alimentaire. Il suffit pour cela de réduire les déficits d’efficacité et d’utiliser notre capital naturel au maximum de son potentiel pour en tirer des bénéfices.
Il ne sera pas facile d’atteindre ces objectifs ambitieux et nous n’avons pas de baguette magique pour rendre instantanément nos paysages plus efficaces. Nous devons donc mobiliser les gouvernements, les entreprises et les populations pour initier ces changements, ce qui ne sera possible qu’en mettant en œuvre les politiques et les incitations appropriées. La nature et le contenu de ces politiques dépendront du pays et de sa situation. La prochaine étape du projet consistera à travailler avec les équipes-pays de la Banque mondiale et avec ses clients pour réaliser ces objectifs, et nous aurons besoin de tout votre soutien pour y parvenir.
Lancés l’année dernière par IFC (International Finance Corporation) et VivaTech, les prix récompensent et soutiennent les entreprises innovantes axées sur l’Afrique qui proposent des solutions dans les secteurs de la Climate Tech, de la Health Tech et de la FinTech. Découvrez les 9 meilleures startups sélectionnées pour la finale de cette année.
La scène technologique africaine est en plein essor. Qu’il s’agisse de solutions de technologies propres pour relever les défis climatiques ou de plateformes numériques élargissant l’accès aux soins de santé et aux services financiers aux communautés mal desservies, les startups du continent transforment les industries et ont un impact positif sur la société.
Bien que l’espace africain des startups soit en pleine croissance – 2022 a été une année record pour le financement des startups africaines – le continent n’a reçu que 1 % du capital-risque mondial. Alors que l’écosystème des startups de chaque pays se développe et se diversifie, il est essentiel de favoriser les connexions entre les startups et les investisseurs mondiaux pour combler ce déficit de financement.
Pour mettre en lumière les entreprises qui stimulent l’innovation en Afrique et aider à forger de nouveaux partenariats interrégionaux, VivaTech et la Société financière internationale IFC se sont associés pour la deuxième édition des AfricaTech Awards. Plus de 380 startups se sont portées candidates pour saisir l’opportunité de présenter leurs solutions à VivaTech et de remporter le prix dans l’une des trois catégories sectorielles – Climate Tech, sponsorisée par OCP et SiteGround ; FinTech, sponsorisée par Cassava Technologies et Helios Investment Partners ; et Health Tech.
Aujourd’hui, VivaTech et IFC sont fiers d’annoncer les neuf startups – les trois premières de chaque catégorie – qui ont été sélectionnées pour avancer dans la compétition et rejoindre VivaTech à Paris du 14 au 17 juin 2023. Ces startups stimulent l’innovation et la compétitivité dans leurs secteurs, ouvrant de nouvelles opportunités économiques et améliorant la vie de millions de personnes à travers le continent. Apprenez à les connaître :
Finalistes Climate Tech Kubik transforme les déchets plastiques difficiles à recycler en matériaux de construction à faible coût et à faible émission de carbone, qui peuvent être utilisés pour construire des bâtiments plus durables et plus abordables. La vision de cette startup basée à Nairobi est de construire la dignité grâce à un mode de vie propre et abordable pour tous.
Kumulus Water conçoit, fabrique et exploite des machines qui reproduisent le phénomène de la rosée dans la nature pour produire de l’eau potable de manière économique et durable, en utilisant comme seules ressources l’énergie solaire et l’humidité de l’air.
OKO est une startup insurtech qui se concentre sur la fourniture d’une assurance récolte abordable et accessible aux petits exploitants agricoles. En utilisant l’imagerie satellite et la technologie mobile, OKO propose des produits d’assurance personnalisés qui protègent les agriculteurs contre les risques financiers associés aux mauvaises conditions météorologiques et aux mauvaises récoltes.
Finalistes FinTech Asante Financial Services Group est une néo-banque de premier plan qui soutient la croissance de l’Afrique en fournissant des services financiers par le biais de solutions fintech aux micro et petites entreprises en croissance au Kenya, en Ouganda, au Nigeria et au Rwanda.
Bizao est un centre de paiement panafricain qui aide les entreprises à accepter toutes les méthodes de paiement locales en Afrique. Elle couvre actuellement 200 millions de clients finaux dans 11 pays et a intégré directement 35 méthodes de paiement.
Curacel permet aux assureurs de distribuer plus facilement leurs produits, d’automatiser leurs processus d’indemnisation et de stimuler la croissance de leurs revenus en fournissant des solutions technologiques faciles à utiliser qui ont été spécialement conçues pour favoriser l’inclusion de l’assurance dans l’ensemble de l’Afrique.
Finalistes des technologies de la santé Ilara Health est une start-up kenyane spécialisée dans les technologies de la santé qui vise à améliorer l’accès aux diagnostics médicaux essentiels dans les zones mal desservies. L’objectif de l’entreprise est de devenir le premier fournisseur de soins de santé primaires en Afrique grâce à la technologie, en fournissant des soins de santé abordables et de qualité aux populations africaines à faibles et moyens revenus.
MyDawa est une solution numérique de soins de santé de bout en bout, offrant une plateforme mobile et web qui permet aux utilisateurs d’accéder à des consultations de télésanté, à des services de conciergerie de laboratoire et à la livraison à domicile de produits pharmaceutiques et non pharmaceutiques.
Waspito est une plateforme qui offre des consultations vidéo instantanées avec des médecins, des laboratoires mobiles et des services pharmaceutiques. Tous ces services sont reliés par un réseau social de santé où les utilisateurs peuvent interagir anonymement avec des médecins pour obtenir des informations fiables sur leur santé.
Restez à l’écoute pour connaître les gagnants Ces neuf jeunes entreprises auront l’occasion de présenter leurs solutions à VivaTech 2023 et d’avoir accès à des investisseurs internationaux et à des cadres supérieurs de l’industrie technologique. Un panel d’experts de l’industrie sélectionnera les gagnants, qui seront annoncés le jeudi 15 juin 2023 à 17h30 sur la première scène de VivaTech.
Les participants peuvent visiter l’AfricaTech Lab pendant les 4 jours de VivaTech pour rencontrer ces startups en personne. Ne manquez pas non plus le programme AfricaTech Stage, créé avec l’aide de Silverbacks Holdings, qui mettra en lumière les plus brillants acteurs de la technologie africaine.
L’intelligence artificielle est rapidement devenue le sujet tendance de 2023. L’intérêt des internautes pour « artificial intelligence » (« intelligence artificielle ») sur le moteur de recherche Google a été multiplié par 3 d’une année sur l’autre en Europe, au Moyen-Orient, et en Afrique.1
Les données illustrent également que les recherches des internautes dépassent la simple curiosité pour l’IA et portent sur ses aspects pratiques. Cette appétence se traduit notamment par une augmentation plus rapide des questions opérationnelles telles que « how to ai » (« comment utiliser l’ia ») en comparaison avec les recherches plus génériques telles que « what is ai » (« qu’est-ce que l’ia ») :
À l’heure actuelle, la capacité de calcul des plus grands modèles d’IA double tous les six mois, ce qui dépasse de loin les prévisions de la célèbre loi de Moore. En parallèle, les attentes concernant l’utilisation de l’IA par les entreprises devraient croître étant donné que cette dernière devrait progressivement intégrer et faciliter leur quotidien. En ce sens, il est important que les services marketing comprennent, testent et implémentent l’IA sans trop tarder pour ne pas se laisser distancer.
Tendances IA : tout, partout, tout à la fois.
Il y a quelques années à peine, l’IA était un concept relativement nouveau dans de nombreux secteurs. Toutefois, Google Trends montre qu’aujourd’hui, les gens recherchent des produits et des solutions optimisés par l’IA dans des domaines allant de la mode aux soins de santé. Ils utilisent même des requêtes de recherche spécifiques pour savoir comment l’IA peut les aider à répondre à des besoins précis.
D’après une étude McKinsey, le marketing est l’un des principaux secteurs d’activité dont les revenus augmentent grâce à l’IA. Il n’est donc pas surprenant que les professionnel·les du métier recherchent massivement ces nouvelles opportunités. Après tout, l’IA a déjà démontré sa capacité à renforcer les processus créatifs ou encore à libérer du temps pour se consacrer à des décisions stratégiques.
Pourquoi le marketing devrait dès à présent intégrer l’IA
L’IA peut aider les responsables marketing à répondre à de nouvelles demandes souvent imprévisibles, améliorer leur créativité à une échelle inédite, le tout, en fournissant des performances fortes et fiables. Toutefois, pour faire évoluer sa stratégie, adopter dès maintenant une approche « test and learn » favorable à l’innovation est nécessaire.
L’évolution de l’IA est d’une rapidité inédite. Les entreprises qui l’auront intégré rapidement pourront bénéficier d’un avantage compétitif. En permettant d’adapter son marketing au rythme des évolutions de sa clientèle parfois imprévisible, tout en respectant la protection des données l’IA est une alliée de taille.
La rapidité d’adoption est clé comme nous l’avons déjà constaté au cours de la dernière décennie avec l’émergence du mobile ou des réseaux sociaux. Aujourd’hui, les premières entreprises qui utilisent déjà des outils optimisés par l’IA enregistrent les meilleurs résultats commerciaux.
En somme, plus tôt les services marketing adopteront l‘IA, plus les avantages pour leur entreprise seront importants.
Ces dernières années, de nombreuses études portant sur la démographie mondiale ont convergé et continuent à converger vers la même conclusion. Pour résumer, d’ici 2050, la population mondiale devrait augmenter, passant de 7,5 milliards d’âmes à ce jour à 10 milliards. Néanmoins, ce chiffre a peu de chances de grimper par la suite, au contraire, il devrait diminuer, du fait d’une baisse significative de la fécondité partout à travers la planète. Que serait une telle affirmation s’il n’y avait pas au moins une exception ? Dans cette catégorie, citons l’Afrique et voyons pourquoi.
L’Afrique, championne de la transition démographique
Une fois n’est pas coutume, l’Afrique surprend positivement par sa richesse et sa grandeur. Celles-ci s’expriment notamment à travers sa démographie, qui semble modeler les tendances prévues ailleurs selon sa propre personnalité. Prenons le rapport signé S&P Global Ratings publié début août 2021, selon lequel : « La population en âge de travailler de l’Afrique subsaharienne (ASS) va augmenter de plus de 200 % d’ici 2050 ». Cet élan est d’ailleurs qualifié de « plus grande transition démographique jamais expérimentée dans l’histoire de l’humanité » par Financial Afrik. Une description parfaitement à propos lorsqu’on sait que l’Afrique devrait passer de 1 milliard d’habitants à près de 2,4 milliards d’ici le tournant du siècle, cela malgré une baisse de fécondité, mais inédite, car plus lente qu’ailleurs.
D’ici 2050, l’Afrique subsaharienne devrait compter plus du double de sa population actuelle en âge de travailler, soit, dans les chiffres, près de 70 % de la croissance mondiale totale. En conséquence, les autorités des différents pays africains doivent d’ores et déjà prendre les décisions appropriées afin de préparer le terrain économique. Celui-ci devra être suffisamment solide, tangible, clair, organisé afin de créer et fournir suffisamment d’emplois pour ses 1,5 milliard d’habitants supplémentaires, dont la moitié sera âgée de moins de 25 ans.
Comment vont-ils procéder, lorsqu’on sait qu’actuellement, les jeunes africains représentent 60 % de la population sans emploi, selon la Banque mondiale ? Comment l’Afrique va-t-elle modifier ses pratiques, ses modes de fonctionnement lorsqu’on nous rapporte que 94,9 % des subsahariens âgés de 15 à 24 ans travaillent dans l’économie informelle (97,9 % en Afrique de l’Ouest – selon le rapport le plus récent de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié en 2018) ?
Des décisions qui doivent être prises plus rapidement
Les décisions économiques prises dès à présent par les gouvernements africains sont cruciales et permettront dans un futur proche, si elles sont pertinentes, d’améliorer la stabilité politique, souvent mise à mal par l’absence d’emplois. Elles joueront également sur les revenus des familles, qui pourront ainsi épargner, donc investir dans l’éducation de leur progéniture, notamment celle des filles.
Pour Valeri Rezvijs, économiste chez S&P Global Ratings « La transition démographique pourrait être une source de croissance économique sans précédent (…) ». L’heure est donc à la préparation en Afrique, qui doit mettre en œuvre toutes les ressources nécessaires afin de revoir et améliorer ses services bancaires, développer les marchés des capitaux. Le continent doit également prendre des mesures fortes en faveur de l’emploi des jeunes, de la formation, en incluant les acteurs publics et privés.
L’Afrique, un continent unique en son genre
L’Afrique a toujours émerveillé par sa capacité à surmonter les défis qui lui sont présentés et il ne faudra pas s’étonner de la voir sortir victorieuse en 2050, lorsque sa population aura plus que doublé. Toutefois, le travail doit commencer dès à présent, avec des partenariats, des décisions et des actions concrètes de la part des gouvernements africains. Il en va de l’avenir du continent, qui repose sur les épaules de personnes qui n’ont même pas encore vu le jour.
L’avenir de l’Afrique est prometteur, mais il est important de reconnaître que le continent fait face à divers défis et opportunités. Voici quelques aspects qui peuvent façonner l’avenir de l’Afrique :
La Croissance économique : L’Afrique présente un fort potentiel de croissance économique. Le continent dispose de ressources naturelles abondantes, d’un marché en plein essor et d’un jeune et dynamique marché de la main-d’œuvre. La diversification de l’économie, l’investissement dans l’infrastructure et l’amélioration du climat des affaires peuvent contribuer à stimuler la croissance économique.
L’urbanisation rapide : L’Afrique est confrontée à une urbanisation rapide, avec une augmentation de la population urbaine. Cela crée des opportunités en termes de développement urbain, d’innovation technologique et de croissance des industries liées à l’urbanisation, mais cela pose également des défis en termes de logement, de services de base et d’infrastructures urbaines.
Le développement des technologies de l’information et de la communication : Les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent jouer un rôle important dans le développement de l’Afrique. L’accès à l’internet et l’adoption des technologies numériques peuvent stimuler l’innovation, l’éducation, le commerce électronique et l’inclusion financière.
Les défis environnementaux : L’Afrique est confrontée à des défis environnementaux, tels que le changement climatique, la déforestation, la dégradation des terres et la pénurie d’eau. Cependant, il existe également des opportunités pour développer des solutions durables, promouvoir les énergies renouvelables, préserver les écosystèmes et promouvoir l’agriculture durable.
La jeunesse et éducation : L’Afrique a une population jeune, avec un potentiel démographique important. Investir dans l’éducation de qualité, la formation professionnelle et l’emploi des jeunes peut contribuer à libérer le potentiel de la jeunesse africaine et favoriser le développement économique et social.
L’intégration régionale : L’intégration régionale peut renforcer la coopération économique, politique et sociale entre les pays africains. Les initiatives telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) visent à faciliter le commerce intra-africain, à promouvoir les investissements et à renforcer les liens entre les économies africaines
Je termine ma tribune par l’investissement nécessaire selon moi pour ces 3 prochaines doit être dans les trois « E » : Energie , Education et Entreprenariat.
Dans un récent rapport intitulé “Africa’s Pulse” publié en avril 2023, la Banque mondiale souligne la nécessité pour les gouvernements africains d’investir davantage dans le capital humain, plus particulièrement dans l’éducation, afin de faire face à l’augmentation de la démographie qui sera inévitablement confrontée à la digitalisation de l’économie[1]. Cependant, les politiques publiques et les investissements actuels en faveur de l’éducation ne suffisent pas à adapter parfaitement la formation aux besoins réels et changeants des économies africaines. Pour guider le continent africain vers un développement socio-économique plus inclusif, la coopération en matière de formation entre les secteurs privés et publics, mais également entre les États africains – mais pas seulement – semble être une voie à emprunter.
Un système de formation existant mais inadéquat au regard des besoins du continent
Le nombre d’apprenants sur le continent africain connaît une croissance fulgurante depuis plusieurs années, atteignant même des chiffres records dans certains pays. Au Niger, par exemple, le nombre d’apprenants dans les établissements d’EFTP (Enseignement et Formation Techniques et Professionnels) a augmenté de 385 % entre 2013 et 2017, passant ainsi de 68 486 à 332 025. Cependant, malgré cette forte demande en formation, le système éducatif africain peine à l’absorber totalement[2].
De plus, comme souligné dans un rapport de 2019, une baisse de la qualité de la formation a été notifiée dans 24 des 54 pays africains concernés par l’étude menée entre 2014 et 2017[3]. Les diplômés africains sont également confrontés à un décalage entre leur formation et les besoins du marché du travail, plus précisément dans le secteur privé. En effet, la formation ne pousserait pas assez les jeunes Africains vers l’entrepreneuriat et entraînerait souvent un écart important entre la théorie et la pratique dans de nombreux secteurs. Afin de répondre aux besoins grandissants de nombreux secteurs, des premières pistes suggèrent la nécessité d’une collaboration coordonnée des acteurs privés, des gouvernements, des institutions financières et des centres de formation afin d’aligner la demande en formation avec les besoins réels de l’économie[4].
Les systèmes de formation africains doivent donc faire l’objet d’une réforme structurelle afin de répondre aux exigences de l’économie. Pour y parvenir, la coopération internationale dans la formation des jeunes talents est fondamentale pour pallier les besoins grandissants de nombreux secteurs et à différents niveaux. Depuis 2019, le gouvernement français a initié le Fonds de solidarité pour les projets innovants, les sociétés civiles, la francophonie et le développement humain (FSPI), qui permet via plus de 40 projets de structurer l’offre de formation et de renforcer les capacités des établissements de formation. En outre, depuis 2021, l’Agence Française de Développement (AFD) a lancé son programme “Partenariats avec l’enseignement supérieur africain”, qui vise à développer des filières de formation prioritaires pour le développement durable[5].
Les pays africains sont également à l’origine de cet élan en faveur d’une coopération multilatérale profitant aux apprenants et correspondant aux besoins de la société. La Banque africaine de développement a récemment approuvé la création d’une académie virtuelle pour renforcer les capacités de gestion des finances publiques dans les pays africains. Cette académie offrira une assistance technique par le biais de formations structurées, ciblées, dédiées et locales ainsi que par le biais d’un dialogue politique.
L’Afrique emprunte de manière significative la voie de la Quatrième Révolution industrielle, poussant ainsi l’économie du continent à se digitaliser de plus en plus. Dès lors, l’enjeu de la formation, notamment dans les nouvelles technologies, est plus que crucial. En effet, la population étant amenée à augmenter de manière considérable d’ici 2050, l’éducation et l’apprentissage seront joueront un rôle clé permettant aux populations de bénéficier des apports socio-économiques qui découleront de cette numérisation croissante de l’économie. Selon les prévisions, cette digitalisation massive et multisectorielle pèsera 712 milliards de dollars en 2050 contre 180 milliards d’ici 2025. La priorité doit donc être donnée à la formation numérique pour en faire bénéficier 650 millions d’Africains d’ici 2030.[6]
Cependant, ces initiatives demeurent malheureusement insuffisantes compte tenu de la forme actuelle que prend la formation en Afrique et des particularités socio-économiques du continent. Dans un contexte de développement économique, de transition démographique, de digitalisation et de dérèglement climatique, la formation catalyse les espoirs de faire concorder l’éducation des plus jeunes aux besoins de la société. Toutefois, l’instabilité politique et les conflits qui gangrènent l’Afrique sont des facteurs qui rendent difficile l’établissement de la sécurité de la formation pour tous. En ce sens, la coopération internationale en matière de formation se pose comme un vecteur de développement socio-économique, à condition qu’elle soit menée avec efficacité.
La coopération internationale en matière de formation – au numérique – pour préparer l’Afrique au monde de demain
En 2023, l’École Normale Supérieure (ENS) a lancé un nouveau partenariat avec deux universités du Sénégal et d’Afrique du Sud. Le programme de formation intitulé « Nouvelles compréhensions du monde », se concentre sur les défis et crises posés par les transformations actuelles telles que la Covid-19 et le dérèglement climatique et vise à encourager les étudiants à réfléchir à leur place et à leur rôle dans la construction du monde de demain. Ces formations, bien que récentes, préparent les apprenants à penser des solutions innovantes permettant de répondre aux besoins actuels et futurs de l’Afrique.
La formation proposée par l’ENS n’est pas un exemple isolé. Dès 2017, l’UNESCO organisait au Zimbabwe une formation pour les dirigeants de centres de formation afin de leur permettre d’adapter leurs méthodes aux objectifs de développement et aux enjeux contemporains. L’un des modules intitulé “Transition to green economies and digital societies” appuyait le besoin de les adapter aux impératifs environnementaux, sociaux, économiques et politiques et à verdir le secteur de l’enseignement pour qu’il réponde aux préoccupations croissantes liées aux bouleversements climatiques et numériques[7]. Cette coopération entre une institution internationale et des dirigeants de centres éducatifs soulignait déjà la volonté de rendre la formation utile au bon développement socio-économique.
Cependant, en dépit des efforts menés pour transformer la forme et le fond des systèmes de formation africains, le défi premier demeure celui de l’absorption de la demande par les centres. C’est d’ailleurs ce pour quoi l’UNESCO a organisé en février 2023 une réunion avec ses partenaires afin de définir un plan d’action ayant pour objectif l’accès de 10 millions d’apprenants à la formation d’ici 2029. Ce plan, tourné à la fois vers l’inclusion et la demande du marché du travail, témoigne du double défi quantitatif et qualitatif que pose la formation en Afrique.[8]
De plus en plus, des initiatives voient le jour afin de rendre la formation plus en adéquation avec le développement social et économique de l’Afrique. Cette année, Google a lancé un programme pour soutenir les start-ups technologiques africaines dirigées par des femmes et destiné à aider les fondatrices à répondre aux défis liés à la collecte de fonds, au recrutement et à la création de produits. L’entreprise Huawei est également très investie dans ce secteur. La compagnie a en effet développé de nombreux programmes à destination des étudiants pour les former aux nouvelles technologies. Parmi ceux-ci, le programme Seeds for the Future et son concours Tech4Good. Le 5 janvier 2023, l’équipe algérienne SevenG a par ailleurs remporté le second prix de cette compétition mondiale grâce à sa solution FarmAI d’autonomisation de l’agriculture grâce à l’intelligence artificielle. A cet effet, l’équipe s’est envolée en Chine courant avril, aux côtés des équipes irlandaises et italiennes également finalistes de ce concours, ce voyage venant compléter leur formation avancée en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC). L’ensemble de ces initiatives a pour objectif commun de donner à la formation le pouvoir d’avoir un impact concret sur le développement socio-économique des populations africaines.
En somme, le système éducatif africain, bien que connaissant une croissance importante en nombre d’apprenants, peine actuellement à répondre aux besoins de l’économie et de la société en matière de formation. Des réformes structurelles sont nécessaires pour aligner l’offre sur les besoins du marché du travail, et une coopération internationale est indispensable pour renforcer les capacités des établissements et offrir des formations adaptées aux particularités socio-économiques du continent. La digitalisation massive et multisectorielle qui s’accélère renforce l’importance de la formation numérique pour bénéficier pleinement de ses apports socio-économiques. Les initiatives actuelles provenant des secteurs publics et privés ainsi que d’organisations internationales témoignent d’un engagement commun pour améliorer la qualité et l’inclusivité mais demeurent encore trop peu nombreuses pour faire pleinement de la formation un vecteur du développement socio-économique de l’Afrique.
La transition énergétique dans les pays en développement nécessitera une transformation sans précédent des infrastructures du secteur de l’électricité, qui passera par un accroissement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables et par une réduction progressive de la production d’électricité à partir du charbon. Le nouveau cadre de cette transition énergétique proposé par la Banque mondiale, intitulé « Scaling Up to Phase Down », sert de feuille de route pour identifier les difficultés de financement et élaborer une approche globale pour y remédier.
Sans les moyens de financer une transition énergétique et des infrastructures de réseau, les pays en développement payent leur électricité au prix fort. Ils n’ont pas la possibilité de participer à des projets d’efficacité énergétique ou d’énergie renouvelable et se retrouvent enfermés dans des projets de production d’énergie à partir de combustibles fossiles dont les coûts sont élevés et instables. Ces pays sont de fait soumis à une triple peine et pris au piège de la pauvreté.
« Accélérer la transition énergétique vers des sources d’énergie à faible émission de carbone tout en fournissant aux entreprises et particuliers un accès fiable à l’électricité nécessitera des mécanismes de financement pour des réductions d’émissions vérifiables, un partenariat étroit avec le secteur privé et un volume de fonds nettement plus élevé, en particulier des ressources concessionnelles, souligne le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass. La Banque mondiale soutient les réformes visant à renforcer le secteur de l’énergie et l’environnement des affaires, les investissements dans de nouvelles capacités de production et l’efficacité énergétique, la modernisation du réseau pour l’intégration des énergies renouvelables intermittentes, ainsi que le financement et l’assistance technique pour relever les défis sociaux de la transition. »
Le cadre « Scaling Up to Phase Down » présente les défis auxquels sont confrontés les pays en développement qui se lancent dans la transition énergétique, afin de trouver des moyens de résoudre ces problèmes. Trois obstacles majeurs empêchent ces pays d’accélérer leur transition. Premièrement, les projets d’énergie renouvelable impliquent des coûts d’investissement initiaux prohibitifs, et de nombreux pays s’enferment dans des choix énergétiques coûteux et à forte intensité de carbone à travers des subventions à l’énergie inefficaces. Deuxièmement, les pays en développement sont confrontés au coût élevé des capitaux qui détourne leurs choix d’investissement des énergies renouvelables. Et enfin, les lacunes fondamentales du secteur de l’énergie, en particulier les capacités institutionnelles, entravent l’accélération de la transition.
Le cadre analyse la transition énergétique sous la forme d’un « cercle vertueux » composé de six étapes essentielles pour surmonter les obstacles aux énergies renouvelables. Le cercle commence par la volonté et l’impulsion des pouvoirs publics, qui conduisent à un environnement réglementaire favorable, des institutions de plus en plus performantes et des instruments permettant de réduire les risques au minimum. Ces bases permettent alors l’attribution transparente et compétitive des projets, avec à la clé un développement des énergies renouvelables qui permette de répondre à des besoins urgents, notamment la sécurité énergétique, l’accessibilité financière de l’énergie et la création d’emplois.
« La transformation généralisée du secteur de l’énergie dans les pays en développement exige des interventions stratégiques continues et une coordination beaucoup plus poussée qu’elle ne l’est actuellement entre les pouvoirs publics, les investisseurs et les partenaires, explique Guangzhe Chen, vice-président de la Banque mondiale chargé des infrastructures. La Banque mondiale peut jouer un rôle essentiel dans l’enclenchement de ce cercle vertueux en soutenant les gouvernements au moyen de financements climatiques concessionnels et à faible coût pour la préparation de la transition, le renforcement des services et réseaux d’électricité, et les investissements dans le déploiement d’énergies propres à un coût abordable. »
L’approche « Scaling Up to Phase Down » offre également des solutions au défi politiquement et financièrement complexe de la sortie progressive du charbon. Une planification plus approfondie peut aider à atténuer les risques d’actifs délaissés. Le refinancement des emprunts souscrits pour les centrales à charbon peut permettre d’avancer la date de leur mise hors service. Les travailleurs et les populations dont les moyens de subsistance reposent sur l’économie du charbon doivent avoir la garantie d’une transition juste. Des financements concessionnels sont nécessaires pour aider les pays à tirer pleinement parti des avantages que procure l’abandon progressif du charbon en tant que bien public mondial.
Cette initiative vise à promouvoir des solutions innovantes pour le développement durable afin de faciliter leurs réplications et d’encourager les connexions entre différents acteurs et écosystèmes. Les deux objectifs principaux de cette démarche ? Le partage d’expériences et de connaissances et la création de liens et de dialogue autour de l’innovation.
L’appel à contributions est ouvert jusqu’au 24 avril 2023
L’objectif de cet appel à contributions est d’identifier des solutions innovantes de développement durable ayant un potentiel de réplication et/ou de passage à l’échelle. Les innovations sélectionnées viendront alimenter la base de données de notre nouvelle démarche Innovation partagée. Elles bénéficieront d’une plus grande visibilité et pourront faire l’objet d’une valorisation lors d’évènements, être à l’origine de rencontres et d’échanges entre pairs et/ou avec des experts sectoriels du groupe AFD.
À qui s’adresse cet appel ?
Cet appel à contributions s’adresse à tous les acteurs locaux des secteurs de l’innovation et/ou du développement durable enAfrique du Nord, plus précisément au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye ou en Égypte.
Nous encourageons la participation des administrations et opérateurs publics, des incubateurs/accélérateurs, des start-up, des entreprises/PME, des acteurs de la société civile, des entrepreneurs, des agences de développement, des organisations internationales/régionales, ainsi que de tout autre acteur engagé dans la recherche de solutions innovantes pour le développement durable.
Quels sont les secteurs d’intervention concernés ?
Tous les secteurs d’intervention du groupe AFD sont couverts par cet appel à contributions. Les projets proposés devront obligatoirement viser de manière directe ou indirecte à l’amélioration de l’égalité femmes-hommes dans la région
Quelle récompense si mon innovation est sélectionnée ?
Les innovations sélectionnées seront intégrées au sein de la base de données Innovation partagée, pilier de cette initiative AFD. A plus long terme, cela nous permettra de vous proposer des activités de valorisation et de vous connecter à des projets similaires issus d’autres géographies, ainsi qu’à des acteurs ou des experts liés à votre projet.
Parmi les contributions sélectionnées, trois « pépites Innovation partagée » seront désignées et invitées à pitcher lors de la seconde édition des Printemps de l’innovation, événement annuel interne organisé par l’AFD du 31 mai au 2 juin 2023 et mettant à l’honneur projets, acteurs et approches innovantes. Les modalités de participation seront définies ultérieurement (format hybride ou présentiel) et directement avec les participants sélectionnés.
Le groupe panafricain AXIAN, spécialisé dans les infrastructures et services, et la prestigieuse école 42 annoncent la signature d’un partenariat et l’ouverture d’un campus 42 à Antananarivo, à horizon T4 2023. Madagascar devient ainsi le 2ème pays africain à rejoindre le plus grand réseau d’écoles d’informatique au monde gratuites, innovantes et ouvertes à tous et à toutes, sans condition de diplôme et sans limite d’âge.
42 Antananarivo sera installé dans la zone d’affaires Galaxy à Andraharo sur 1000 m2 réaménagés spécifiquement pour les futurs étudiants et pourra ainsi bénéficier de l’écosystème du groupe AXIAN qui y tient son siège. 42 Antananarivo sera le 4ème campus en Afrique, les 3 premiers étant localisés au Maroc, et le 49ème campus du réseau global 42.
Les inscriptions au test de présélection en ligne ouvriront courant mai et donneront accès aux « piscines » qui se dérouleront de septembre à décembre 2023. Cette épreuve d’un mois se fera en immersion totale au sein de l’école afin de tester la motivation des candidats et leur adéquation avec la pédagogie 42 basée sur l’autonomie. Début 2024, 150 étudiants devraient pouvoir débuter le tronc commun du cursus comprenant des cours de programmation et d’infrastructures informatique, d’innovation et d’entrepreneuriat avec pour objectif final une insertion professionnelle durable sur le marché de l’emploi. En effet, ils auront acquis des compétences dans des domaines clés du numérique et de la programmation tels que le big data, l’intelligence artificielle, le développement web, l’administration de réseau et de systèmes ou encore la cybersécurité.
« Le secteur privé a un rôle majeur à jouer dans la formation des jeunes Africains aux métiers du numérique et leur intégration réussie au marché du travail. Il faut être capable de les former ici, sur le continent, mais aussi de leur proposer un projet professionnel qui fait du sens, avec de véritables perspectives. C’est dans cette optique que nous avons signé un partenariat avec 42 qui partage notre philosophie d’inclusion et d’excellence. En ouvrant un campus à Madagascar, nous allons booster les compétences de nos talents locaux et contribuer à répondre aux besoins croissants du marché dans le secteur du numérique. Nous sommes déjà en discussion pour ouvrir davantage de campus 42 sur nos autres géographies, notamment au Sénégal, en accord avec notre volonté de créer toujours plus d’impact positif sur le continent. » Hassanein HIRIDJEE, CEO du Groupe AXIAN.
« Depuis toujours, nous sommes animés par la volonté de créer la meilleure école d’informatique au monde et aujourd’hui nous sommes en passe de réussir ce pari en dupliquant le modèle qui a fait notre succès à l’étranger. Déjà modèle de référence sur l’ouverture et l’éthique, nous gardons avec notre réseau international une longueur d’avance tout en restant fidèles à notre ADN et aux valeurs qui nous animent, sans faire de compromis sur l’excellence de la formation. Notre objectif est d’attirer des talents d’horizons différents, capables d’apporter leurs expériences personnelles pour trouver des solutions universelles, et qui aspirent à dépasser leurs limites peu importe leur place dans le monde. » Sophie VIGIER, Directrice Générale de 42.
Artificial neuron in concept of artificial intelligence. Wall-shaped binary codes make transmission lines of pulses and/or information in an analogy to a microchip. Neural network and data transmission.
Un évènement proposé par l’Agence française de développementen ligne le jeudi 20 avril
Cette conférence explore les défis liés au développement de modèles d’IA et de technologies innovantes tout en prenant en compte les spécificités linguistiques des langues africaines.
TECH TALKS AFD – IA ET DIVERSITÉ LINGUISTIQUE EN AFRIQUE
Ce sera l’occasion de discuter de l’état actuel de l’IA en Afrique dans le cadre de cette diversité linguistique. Nous examinerons les obstacles qui devront être surmontés notamment la problématique de disponibilité des données en langues africaines. Nous étudierons également les ressources et les infrastructures déjà disponibles et encore nécessaires pour développer l’IA et d’autres technologies innovantes en Afrique de manière efficace.
Dans ce cadre, nous présenterons une étude de cas sur la façon de surmonter la pénurie de données en langues africaines, offrant des solutions pratiques pour permettre le développement de technologies innovantes et inclusives dont l’IA.
Avec Peter ADDO, responsable du Emerging Tech Lab, AFD et Audace NIYONKURU, PDG de Digital Umuganda
Acteur clé du développement, dédié au financement du secteur privé depuis plus de 45 ans, Proparco intervient aujourd’hui dans un environnement international complexe qui a vu ses fragiles équilibres à nouveau déstabilisés en 2022.
Face à la crise climatique et à l’augmentation des inégalités, les acteurs du secteur privé africain détiennent les clefs qui permettront au continent de relever ces défis de long terme. Forte de cette conviction, Proparco entend amplifier son soutien aux entrepreneurs africains en adaptant davantage encore son approche aux besoins réels de l’économie et en investissant de nouveaux marchés.
PROPARCO CONCENTRERA 50% DE SON ACTIVITÉ SUR LE CONTINENT AFRICAIN A HORIZON 2025
Le secteur privé africain, en particulier les PME et TPE, est plus que jamais le principal moteur de la croissance et de l’innovation sur le continent. Les PME représentent 90% des entreprises formelles et emploient environ 60% des emplois formels. Or le secteur privé africain a un réel besoin de financement, car sur le continent, seuls 20% des PME ont accès aux prêts bancaires.
Filiale de l’Agence française de développement (AFD), Proparco capitalisera sur son expertise historique sur le continent pour soutenir les entreprises africaines au cours des prochaines années. Les investissements seront à la fois alloués au financement des infrastructures dont le bon fonctionnement est indispensable au déploiement des activités des entrepreneurs africains et à l’accompagnement des PME, TPE et startups à fort impact. L’idée est d’assurer un continuum en agissant sur l’ensemble des leviers permettant de donner aux entrepreneurs les moyens de développer leurs activités.
CLIMAT, INEGALITES, INSECURITE ALIMENTAIRE…UN SOUTIEN A L’ECONOMIE REELLE QUI CIBLERA LES ENJEUX DE LONG TERME DU CONTINENT
Nous vivons une époque de défis majeurs, et sur le continent africain le secteur privé est un vivier d’initiatives, d’innovations et de richesses. Soutenir les besoins réels de l’économie, c’est donc donner au secteur privé africain les moyens de résoudre lui-même les défis du continent, tout en permettant la création d’emplois locaux, non délocalisables et la création de valeur ajoutée sur le continent.
Proparco inscrit son action autour d’enjeux majeurs : une économie durable et résiliente, la protection de la planète et la lutte contre les inégalités. Cela se traduira par un soutien marqué aux projets les plus responsables en matière d’atténuation des conséquences du changement climatique, ceux permettant aux populations de mieux s’y adapter ou permettant de réduire les inégalités territoriales, de genre ou socio-économiques. Proparco mobilisera toute son expertise sectorielle du financement des TPME au renforcement des infrastructures physiques et systèmes financiers locaux en passant par la poursuite de son action dans les secteurs sociaux.
La lutte contre l’insécurité alimentaire, notamment liée à la crise en Ukraine, constituera un autre volet prioritaire de l’action de Proparco, au travers notamment du renforcement des capacités locales de production et de transformation, en répondant aux besoins spécifiques des entreprises africaines fragilisées.
Pour maximiser les impacts sur ces enjeux stratégiques, Proparco affine son analyse et sa méthode de suivi. Les impacts seront identifiés et analysés à tous les stades de la relation avec les partenaires de Proparco : dès le début de l’instruction des projets avec une notation développement durable, pendant leur réalisation, par un accompagnement technique de plus en plus poussé et de long terme et jusqu’à leur évaluation finale avec l’analyse et le suivi des résultats (estimés et effectifs). Ainsi l’impact ne se résumera pas aux résultats finaux et quantitatifs du projet mené par le partenaire, mais également à sa capacité d’évolution sur des critères ESG, qui feront la différence sur le temps long.
POUR ACCOMPAGNER AU MIEUX LE SECTEUR PRIVÉ, PROPARCO INTENSIFIE SON ACTION EN FAVEUR DE L’EMERGENCE DE NOUVEAUX MARCHES ET ACTEURS
Dans ce nouveau temps stratégique, Proparco fait le choix d’explorer plus en avant de nouveaux marchés. Proparco encouragera notamment les investisseurs à faire le pari de l’innovation, en particulier ceux opérant dans des contextes fragiles ou des secteurs naissants, avec la conviction que l’émergence de nouveaux écosystèmes et instruments de financement constituera l’une des clefs d’un soutien réussi au secteur privé.
Françoise Lombard, Directrice Générale de Proparco a déclaré à l’occasion du lancement de cette nouvelle stratégie :
« La nouvelle stratégie de Proparco est nourrie par une conviction forte: un bon projet entrepreneurial, en phase avec l’Accord de Paris et qui permet de résoudre les problèmes concrets du continent, mérite d’être soutenu, qu’importe son environnement économique. Nous avons la volonté d’aller là où les autres investisseurs ne viennent pas encore, de déployer autrement les moyens, en étant proches du terrain afin de coller au plus près des besoins de nos partenaires. Nous faisons donc le choix fort d’explorer de nouveaux marchés et de prendre plus de risques pour permettre à des projets innovants de voir le jour ».
Pour soutenir cette ambition, Proparco bénéficiera de ressources supplémentaires, notamment de l’État français et de l’Union européenne, permettant d’augmenter ses capacités d’accompagnement financier et non-financier.
Deux initiatives phares qui illustrent la nouvelle stratégie
Choose Africa, une initiative qui a engagé, via l’AFD et sa filiale Proparco, 3,5 milliards d’EUR entre 2018 et 2022 et soutenu plus de 40 000 entreprises et des centaines de milliers de micro-entrepreneurs. Grâce à cette initiative, près de 8 700 entreprises bénéficient d’un accompagnement technique dédié. Le Groupe AFD contribuera au renforcement de l’initiative dans le cadre d’un second volet.
Digital Africa, filiale de Proparco, qui assure l’accompagnement et l’appui financier en amorçage des start-up africaines. Ses programmes (Talent 4 Startups Bridge, Fuzé, …) complètent ainsi le continuum de solutions mises en œuvre par Proparco et le groupe AFD, afin d’accompagner les entreprises africaines à chaque étape de leur développement : investissement en amorçage (Digital Africa), investissement en capital-risque (Digital Africa et Proparco), financement et accompagnement des institutions financières publiques (AFD) et privées (Proparco), gamme de garanties aux institutions financières (Proparco) et capital investissement pour les PME en phase de croissance et de maturité.
Deux exemples projets
Proparco accompagne depuis 2017 GoMyCode, une startup tunisienne dont la mission est de combler le fossé entre l’infrastructure éducative existante en Afrique et les compétences numériques requises sur le marché du travail. La société est désormais présente dans 7 pays d’Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, et accueille chaque mois 1000 nouveaux étudiants.
Proparco soutient aussi depuis 2022 la société Anka, spécialisée dans l’édition de solutions logicielles permettant aux PME africaines de commercialiser leurs produits sur internet et à l’international. La société emploie désormais 40 personnes et permet le maintien.
Les investissements consentis dans la transformation numérique de l’administration publique rendent celle-ci plus efficace, mais aussi plus apte à anticiper et faire face aux situations d’urgence, qu’elles soient d’ordre sanitaire, climatique, sécuritaire ou commercial. La pandémie de COVID‑19 en a fourni une démonstration éclatante.
C’est ce que souligne le dernier rapport de la Banque mondiale sur l’indice de maturité GovTech. Ce rapport dresse un état des lieux des progrès dans le monde en matière de transformation numérique du secteur public, en mettant en évidence l’importance cruciale des solutions de GovTech en temps de crise.
Dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), les investissements réalisés par les pouvoirs publics dans les infrastructures, les plateformes et l’armature numériques avant le début de la pandémie les ont aidés à mener rapidement des interventions essentielles face à la crise de la COVID, à assurer la continuité des services fournis à la population et à soutenir les personnes et les entreprises les plus vulnérables.
Les exemples qui en attestent ne manquent pas. En Jordanie, dans le cadre d’un projet de la Banque mondiale qui s’est achevé en 2019, le gouvernement avait mis sur pied une base de données pour mieux cibler les transferts monétaires en faveur des ménages pauvres. La création de cette base de données unifiée a consisté à relier les systèmes d’information de gestion de six organismes gouvernementaux et plus d’une vingtaine de bases de données différentes. Elle a nécessité l’élaboration d’un cadre d’interopérabilité des données et la mise en place de dispositifs institutionnels porteurs. Et parce qu’elle était déjà opérationnelle au début de la pandémie, elle a permis aux autorités d’identifier immédiatement les ménages pouvant bénéficier d’allocations monétaires d’urgence. Le Fonds d’aide national a ainsi effectué plus de 380 000 versements au cours des quatre premiers mois de la pandémie. En outre, la proportion de bénéficiaires utilisant des portefeuilles électroniques mobiles a bondi de 6 à 69 %.
À Djibouti, le gouvernement avait déjà engagé la dématérialisation des procédures douanières avant 2020, avec un impact flagrant sur la proportion de déclarations effectuées par voie électronique, qui a grimpé de 64 à 93 % entre 2019 et 2021. Grâce à cet investissement et à la transition digitale en cours, les pouvoirs publics ont pu limiter plus facilement les contacts interpersonnels pendant la pandémie.
Ces deux exemples illustrent toute l’utilité de la numérisation de l’administration publique, en particulier à l’orée d’une crise comme celle de la COVID. Alors que les États de la région MENA s’efforcent de mener à bien leur transformation numérique et de renforcer leur résilience, voici cinq aspects essentiels à prendre en compte pour y parvenir :
Il est indispensable de poursuivre les investissements dans l’accès à internet pour tous. Augmenter les investissements dans les infrastructures numériques qui garantissent un accès équitable à l’internet doit continuer d’être une priorité.
L’écosystème de la GovTech doit être renforcé. De nombreux pays ont investi massivement dans l’infrastructure « immatérielle » sur laquelle repose la transformation numérique. On entend par là l’ensemble des facteurs intangibles qui rendent possible une action coordonnée : législation, institutions, compétences, etc. Mais il reste encore beaucoup à faire sur le plan de la mise en œuvre des politiques et réglementations, ainsi qu’en matière de renforcement des capacités institutionnelles.
La confidentialité des données doit être garantie et respectée efficacement. Pour réussir la transformation numérique, il faut garantir l’accès à l’information, tout en assurant la protection des données personnelles. Au début de la pandémie, face à l’urgence sanitaire, les préoccupations entourant la collecte et la protection des données personnelles sont parfois passées au second plan par rapport à la nécessité d’agir rapidement. Comme le montre le dernier indice de maturité GovTech, une majorité de pays disposent désormais de lois et d’organismes encadrant la protection des données. Les progrès sont en revanche encore insuffisants en ce qui concerne l’application des règles et les performances des autorités concernées.
Les pays doivent se doter de mécanismes efficaces de collaboration intersectorielle et de coordination de l’action publique. L’utilisation de données et d’outils numériques en vue de guider les mesures à prendre et d’assurer la continuité des services en cas de crise nécessite une action coordonnée mobilisant les ministères compétents, les organismes techniques et les responsables politiques, mais aussi le secteur privé, les médias et la société civile. Les cadres d’interopérabilité des données permettent un partage efficace de l’information entre ministères, tandis que la mise en place de groupes de travail réunissant diverses parties prenantes peut favoriser des réponses plus rapides et adaptées à l’évolution de la situation sur le terrain.
Le secteur privé peut jouer un rôle clé dans la transformation numérique du secteur public. L’expérience de la COVID a mis en lumière l’efficacité d’un modèle public-privé qui repose, d’une part, sur un leadership public autour d’un problème clairement identifié et, d’autre part, sur la fourniture d’une plateforme de collaboration entre parties prenantes permettant un déploiement relativement rapide de solutions pratiques.
Comme on l’a vu pendant la pandémie, investir dans la transformation numérique du secteur public est capital pour assurer une gouvernance efficace, s’adapter à une « nouvelle normalité » et se préparer aux crises à venir. Dans le même temps, il faut atténuer les risques engendrés par le recours croissant aux processus digitaux, qui crée de nouvelles vulnérabilités et menaces (pannes de réseau, cyberattaques, etc.).
Le renforcement progressif des capacités numériques du secteur public pourrait même contribuer non pas à réduire des problèmes chroniques de gouvernance, mais au contraire à les amplifier. Si les gouvernements de la région MENA veulent exploiter tout le potentiel du numérique pour reconstruire et renforcer le contrat social, ils devront s’attacher en priorité à se doter d’un cadre politique, juridique et réglementaire solide pour protéger les droits individuels et à faire leurs les principes de transparence, d’inclusion, de participation citoyenne et de responsabilité qui régissent la GovTech.
Malgré ses effets nocifs bien connus sur l’environnement et le climat, le charbon reste une énergie très utilisée en Europe et dans le monde. L’Union Européenne pourrait faire plus pour diminuer son utilisation en Europe et en Afrique.
Le charbon sert à produire plus du tiers de l’électricité dans le monde.
Au contraire de la France, où le charbon est considéré comme une énergie du passé, dans beaucoup de pays du monde, le charbon reste une énergie d’avenir. Dans son numéro de février 2023, la revue Questions Internationales nous rappelle les réalités. La production mondiale de charbon a doublé depuis 2000 et se situe actuellement aux environs de 8 milliards de tonnes par an.
Le charbon a presque disparu en Europe occidentale, mais il est très présent en Europe de l’Est, notamment en Pologne, en Allemagne ou en République Tchèque. Dans le secteur Asie-Pacifique, la production de charbon a été multipliée par 4 en 30 ans. Les plus gros producteurs et consommateurs de charbon sont la Chine et l’’Inde, mais des pays comme le Vietnam ou la Mongolie ont beaucoup développé leur production, le record étant détenu par l’Indonésie qui ne produisait pas de charbon avant 2000 et qui est devenu en 2021 le premier exportateur mondial avec une production de 600 millions de tonnes. L’Australie est passée de 200 millions de tonnes de charbon dans les années 90 à 500 millions de tonnes actuellement, ce qui fait du charbon un pilier de son économie. Les USA ont produit 611 millions de tonnes en 2022. Pour les deux tiers, ce charbon sert à produire de l’électricité.
Les réserves connues de charbon permettraient 134 ans de production au rythme actuel. C’est beaucoup plus que pour le pétrole ou le gaz. On peut craindre que le charbon serve dans l’avenir à compenser la baisse du pétrole et du gaz, d’autant que le kWh produit en centrale thermique au charbon est très compétitif, même avec du charbon importé.
En 1989, 37,5 % de la production d’électricité dans le monde venaient des centrales à charbon. En 2021, cette part a légèrement diminué à 36 %, mais comme la production totale d’électricité a été multipliée par 2,5, la production d’électricité à partir du charbon a plus que doublé en 30 ans. Il se construit actuellement beaucoup de centrales thermiques à charbon dans le monde.
Avec le charbon, le monde n’est certainement pas sur la bonne trajectoire pour ralentir le changement climatique et on doit se poser la question des possibilités d’action de l’Union Européenne pour infléchir cette tendance. Dans ce domaine la situation varie selon les continents, mais l’Europe, qui ne donne pas actuellement le bon exemple, a un rôle important à jouer chez elle et en Afrique.
Le charbon en Asie-Pacifique et en Amérique
Le continent qui produit et utilise le plus de charbon dans le monde est l’Asie-Pacifique, essentiellement en Chine et en Inde. Ces deux pays, qui représentent 2,8 milliards d’habitants, sont les deux pays du monde qui produisent et qui consomment le plus de charbon, mais ils sont aussi des champions du monde du développement des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire. La Chine est le premier producteur et installateur mondial de panneaux photovoltaïques. Elle dispose de 54 réacteurs nucléaires et en a 20 en construction. L’Inde a 22 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 7 en construction. En 2022, l’Inde a ravi à la Chine le record de la plus grande centrale solaire du monde avec la centrale de Bhadla d’une superficie de 5700 ha et d’une puissance de 2245 MW, équivalente à 1,4 EPR de Flamanville. L’Inde et encore plus la Chine ont développé des grands barrages hydro-électriques sur les fleuves qui descendent de l’Himalaya. Ces deux pays ne pourront pas se passer du charbon à court ou même moyen terme, mais essaient de développer au maximum les alternatives. D’autres pays d’Asie Pacifique dépendent aussi du charbon pour plus d’un quart de leur production d’électricité, l’Australie, le Cambodge, la Corée du Sud, le Japon, le Kazakhstan, la Mongolie, les Philippines et le Vietnam.
En Amérique, un seul pays produit plus du tiers de son électricité à partir du charbon : les États-Unis. C’est le pays le plus peuplé d’Amérique et celui qui dispose des plus grandes réserves mondiales de charbon. C’est aussi le pays qui produit le plus d’électricité nucléaire au monde avec 99 réacteurs. L’exploitation des schistes bitumineux a fait des États-Unis un grand producteur de pétrole et a ralenti le développement des centrales nucléaires, mais, depuis quelques années, les États-Unis étudient de nouveaux projets de réacteurs nucléaires. En outre, en août 2022, les États-Unis ont promulgué l’Inflation Réduction Act qui affecte 370 milliards de dollars au soutien des industries vertes. Cela devrait permettre de diminuer l’utilisation du charbon. Dans les autres pays d’Amérique, le charbon représente moins de 5 % de la production d’électricité.
Le Charbon en Europe
L’Europe n’est pas exemplaire. La Pologne y détient le record européen de production d’électricité à partir du charbon (plus de 80 %), mais l’Allemagne, la Bulgarie, le Danemark, la Grèce, les Pays Bas, le Portugal, la République Tchèque et la Slovénie utilisent le charbon pour plus d’un quart de leur production électrique, parfois pour près de la moitié comme en Allemagne. La crise du gaz due à la guerre en Ukraine a entrainé la réouverture de centrales à charbon dans plusieurs pays, y compris en France, ce qui ne permet pas à l’Europe de donner des leçons aux reste du monde.
Pour sortir du charbon, plusieurs pays d’Europe, comme l’Allemagne ou le Danemark, ont beaucoup développé la production électrique à partir de l’éolien ou du solaire, mais comme ces énergies sont intermittentes, il faut disposer en plus d’une production d’électricité plus permanente et modulable, comme l’hydraulique ou le nucléaire.
L’Europe est profondément divisée sur l’énergie nucléaire. Après le catastrophe de Fukushima de 2011, plusieurs pays d’Europe ont décidé d’abandonner le nucléaire, notamment l’Allemagne et la Lituanie. La part de l’électricité d’origine nucléaire, qui était de 30 % dans l’U.E. en 2010, est descendue à 25 %. Des grands pays comme l’Italie ou la Pologne n’ont aucune centrale nucléaire. Par contre, la Finlande a fait le choix du nucléaire pour se passer du charbon. La France a décidé en 2012 de diminuer sa production d’énergie nucléaire et a fermé en 2020 la centrale nucléaire de Fessenheim, puis elle a décidé en 2022 de relancer un programme de centrales nucléaires. Dans beaucoup de pays européens, une part importante de l’opinion publique a développé une crainte assez irrationnelle de l’énergie nucléaire, alors que cette énergie a beaucoup d’avantages pour lutter contre le changement climatique.
La guerre en Ukraine a profondément remis en cause le modèle allemand basé sur l’abandon du nucléaire, le développement des énergies renouvelables et le recours au gaz russe. Elle a mis en lumière la dépendance de l’Europe dans beaucoup de domaines et, pour y remédier, l’Union Européenne a engagé des actions pour relocaliser certaines productions stratégiques. C’est le cas en particulier pour les batteries ou les panneaux photovoltaïques. Le développement de la fabrication d’hydrogène vert est aussi dans les priorités.
Le marché européen de l’énergie fait l’objet de beaucoup de critiques et certains voudraient le réformer, mais cela ne paraît guère possible tant que les deux pays les plus importants d’Europe, l’Allemagne et la France ne se seront pas mis d’accord sur le rôle de l’énergie nucléaire. L’Europe a réagi dans l’urgence après la guerre en Ukraine en recourant au gaz naturel liquéfié et au charbon. Pour l’avenir, l’Union Européenne doit impérativement redéfinir sa politique d’approvisionnement en énergie. C’est indispensable pour diminuer l’utilisation du charbon.
Le charbon en Afrique
En Afrique, sur une population de 1,4 milliards d’habitants, près de 600 millions n’ont pas accès à l’électricité et cela, malgré une multiplication par 3 de la production d’électricité entre 1990 et 2020. L’ONU prévoyant 2,5 milliards d’Africains en 2050, il faudrait donc encore multiplier par 3 la production d’électricité d’ici 2050 pour desservir toute la population. Comme les africains actuellement raccordés à un réseau consomment moitié moins d’électricité que la moyenne mondiale, il est certain que cette consommation moyenne des africains va augmenter, notamment avec l’urbanisation. L’Afrique va devoir alimenter en électricité des mégapoles. Pour 2050, l’ONU prévoit, par exemple, 50 millions d’habitants à Lagos, 35 millions à Kinshasa et 38 millions au Caire (Le gouvernement égyptien espère limiter l’augmentation à 30 millions d’habitants). Pour satisfaire les besoins dus à l’augmentation de la population et à la croissance de la consommation moyenne par habitant, il faudrait, d’ici 2050, multiplier par bien plus de 3, si possible par 4 ou 5, la production électrique actuelle et construire dans certaines régions des centrales de grande puissance.
La production d’électricité en Afrique est de l’ordre de 900 TWh, soit un peu plus que celle de l’Allemagne. Pour les deux tiers, elle est réalisée en Afrique du Nord et en Afrique du Sud. Pour plus des trois quarts, elle provient d’énergies fossiles. C’est le pétrole qui est le plus utilisé, mais des pays comme l’Afrique du Sud, le Botswana, le Maroc, le Niger ou le Zimbabwe produisent plus de la moitié de leur électricité à partir du charbon. Le développement des énergies renouvelables est actuellement bien trop lent pour répondre aux immenses besoins de l’Afrique. D’après l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA), la capacité de production d’énergie renouvelable a augmenté de 180 000 MW en 2019 dans le monde, mais seulement de 2000 MW en Afrique. Si on ne corrige pas la trajectoire actuelle, l’électrification de l’Afrique se fera avec du gaz ou du pétrole et pour une bonne part avec du charbon.
Le cas de l’Afrique du Sud est exemplaire. Ce pays est l’un des plus importants d’Afrique sur le plan économique et dispose des deux seules centrales nucléaires d’Afrique. Mais sa production d’électricité provient à 80% du charbon. Comme ses mines de charbon sont le premier employeur du pays, l’Afrique du Sud a longtemps défendu sa production de charbon, mais elle vient de décider un plan de transition pour diminuer sa dépendance au charbon. A la COP 27 de 2022, l’Afrique du Sud a obtenu une enveloppe de 98 milliards de $ des pays développés pour l’aider à réussir cette transition dans les années à venir.
Le financement de l’électrification en Afrique
La baisse des coûts de production de l’électricité à partir de l’éolien ou du solaire permet de développer beaucoup de petits projets décentralisés de production d’électricité. Ces projets sont bien adaptés au milieu rural, mais ils sont handicapés par leur caractère intermittent et souvent aussi par les problèmes d’impayés dus aux faibles revenus des clients. Ils ne permettent pas de répondre aux énormes besoins des 1,2 milliards d’habitants qui peupleront les villes africaines en 2050. Pour alimenter en électricité les villes africaines, il faut des grands projets et des financements adaptés.
Il est de l’intérêt du monde entier d’aider l’Afrique à développer sa production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. La liste des initiatives qui ont été prises pour trouver des financements est très longue, mais n’a jusqu’à présent pas débouché sur beaucoup de réalisations concrètes. En 2011, la Banque Africaine de développement a créé le Fonds pour l’Energie Durableen Afrique (SEFA), alimenté surtout par les pays scandinaves et les USA. En 2015. Jean-Louis Borloo a créé la fondation Energies pour l’Afrique avec le soutien de l’Arabie Saoudite. En 2017, à la suite de la COP 21, l’Initiative de l’Afrique pour les Energies Renouvelables (AREI) a été créée sous l’égide de l’Union Africaine. Les Etats Unis ont mis en place Power Africa. L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) finance le Couloir Africain de l’énergie propre. L’Union Européenne a créé le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie. Beaucoup de banques, à commencer par la Banque Mondiale et la Banque Européenne d’Investissement, soutiennent le financement des énergies renouvelables. Le Fonds vert pour le climat mis en place par l’ONU dans la cadre de la COP a pour objectif d’apporter 100 milliards de $ par an aux pays du Sud pour financer l’adaptation au changement climatique et en a apporté effectivement 85 milliards. Les projets de production d’énergie peuvent aussi bénéficier des crédits de l’Aide Publique au Développement qui se sont élevés à 186 Milliards de $ en 2021, dont environ 30 % pour l’Afrique. Enfin, on peut rappeler que, si les projets de production d’électricité sont bien étudiés, ils doivent être rentables et peuvent être financés par emprunt. En fait, ce n’est pas l’argent qui manque, mais les projets bien étudiés et concrets.
L’Europe et la Chine peuvent aider l’Afrique dans les énergies renouvelables et le nucléaire
L’Afrique a énormément de ressources naturelles pour développer des grands projets d’énergies renouvelables. Dans la zone équatoriale, plusieurs fleuves à gros débit peuvent être aménagés pour produire de l’électricité. Dans les déserts du Sahara ou du Kalahari, des centrales photovoltaïques peuvent couvrir des milliers d’hectares. La géothermie dans la zone du Rift africain et le vent en mer ou dans les zones littorales peuvent fournir de grandes quantités d’énergie.
A titre d’exemple, le complexe de barrages du Grand Inga sur le Congo (qui a un débit moyen de 41 000 m3/s) pourrait fournir une puissance de 42 000 MW, soit la puissance de 25 EPR ou près de deux fois la puissance de la plus grande centrale électrique du monde, celle du barrage des trois gorges en Chine. Avec ce projet, la République Démocratique du Congo pourrait non seulement répondre à ses besoins et à une partie des besoins de pays voisins, mais devenir un grand producteur et exportateur d’hydrogène vert.
Mais l’Afrique n’a pas assez d’ingénieurs pour élaborer ces grands projets qui lui permettraient de se passer du charbon et du pétrole. Les capacités d’ingénierie pour ces projets existent en Europe et en Chine. Le plus grand service que l’Europe et la Chine pourraient rendre ensemble à l’Afrique serait de proposer à l’Union Africaine de créer et de financer ensemble des missions d’ingénieurs africains, européens et chinois pour étudier les mégaprojets d’énergies renouvelables les plus intéressants d’Afrique. Au bout de deux ans, ces équipes pourraient certainement proposer aux financeurs nationaux et internationaux une dizaine de projets qui auraient un impact régional sur l’approvisionnement en énergie, tout en donnant à l’Afrique une image plus moderne.
Plusieurs pays africains, le Nigeria, l’Égypte, le Ghana, le Niger, l’Ouganda, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Soudan, l’Éthiopie, le Rwanda, la Namibie et le Kenya souhaitent construire des réacteurs nucléaires. En attendant que les projets aboutissent, la Chine et l’Europe pourraient d’ores et déjà accueillir des centaines, voire des milliers d’ingénieurs africains pour les former aux techniques de l’énergie nucléaire.
Si des grands projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables ne sont pas réalisés d’ici une quinzaine d’année, les énormes besoins de l’Afrique seront satisfaits d’abord par le pétrole, puis, quand la production de pétrole baissera, par le charbon.
La coopération Chine-Europe en Afrique : un pari gagnant-gagnant
La coopération avec la Chine en Afrique dans le domaine des énergies renouvelables permettrait à l’Europe de montrer qu’elle tient à garder des relations normales avec la Chine et ne souhaite pas s’impliquer unilatéralement dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Elle rassurerait aussi les africains, en évitant les accusations de néocolonialisme. La Chine a beaucoup ralenti ses projets d’investissement dans les infrastructures en Afrique et a du récemment annuler les dettes chinoises de 17 pays africains. Cependant, elle reste très présente en Afrique et le financement de l’ingénierie de projets de production d’électricité à partir de renouvelables lui permettrait de montrer son intérêt pour ce continent sans engager beaucoup de dépenses. En outre, cela permettrait aux grandes entreprises européennes et chinoises d’être bien placées pour réaliser ensuite les travaux en bénéficiant de financements internationaux. L’accès à l’électricité est un facteur essentiel de développement. Le financement conjoint de missions d’ingénierie européenne et chinoise dans les énergies renouvelables serait un moyen très efficace de contribuer au développement de l’Afrique, tout en servant les intérêts du monde entier en diminuant l’utilisation des énergies fossiles en Afrique. Tout le monde y gagnerait.
La décarbonisation des secteurs d’activités qui font la croissance d’une économie est au cœur de tous les débats. Tous s’accordent pour dire que tant le modèle de développement traditionnel reposera sur des énergies uniquement fossiles, celui-ci ne sera pas viable éternellement. Dans ces réflexions au niveau mondial, l’Afrique est une terre de solutions durables pour contribuer à réduire significativement les émissions de carbone produites sur le continent, mais aussi au-delà des frontières. Dans cette dynamique, les nouvelles technologies participent en grande partie à cet effort collectif.
Une tendance aujourd’hui à la neutralité carbone
La course vers la neutralité carbone est l’un des objectifs prioritaires des Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par les Nations Unies, mais également de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA). L’ODD n°13 stipule ainsi qu’il est impératif de « prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ». Quant à l’Agenda de l’UA, la première aspiration met en exergue le souhait de voir se dessiner « une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ». Comme l’illustrent ces directives internationales et régionales, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est la priorité de tous, les économies devant progressivement se diriger vers la durabilité et la résilience.
Fortement vulnérable au réchauffement climatique, l’Afrique est pourtant l’un des continents qui émet le moins d’émissions de carbone, celles-ci étant inférieures à 4%. Malgré cela, elle est confrontée à une intensification de phénomènes climatiques extrêmes dont les conséquences sont délétères sur les populations : diminution des rendements agricoles, situation de stress hydrique, érosion côtière, développement de maladies dans de nouvelles zones telles que le paludisme. Ainsi, afin de contrer cette situation dont elle pourtant marginalement responsable, l’Afrique doit mener à bien une transition reposant sur les énergies renouvelables, celles-ci devant être parallèlement sources de croissance socio-économique.
Dans ce contexte, les technologies peuvent jouer un rôle clé, conciliant transition écologique et industrialisation. Avec la croissance des réseaux de télécommunications et le succès annoncé du déploiement de la 5G dans de nombreux pays non encore couverts, notamment en Afrique, la réduction de l’empreinte carbone est devenue un véritable sujet pour les opérateurs et les équipementiers. Construire un avenir net zéro carbone : voici l’ambition que s’est donnée toute l’industrie d’ici 2050.
Dans cette perspective, les acteurs majeurs du secteur ont présenté, cette année encore au Mobile World Congress (MWC) à Barcelone, leur dernières innovations en matière d’infrastructures qui répondent à la fois aux besoins de connectivité et d’efficacité énergétique. Singtel et Ericsson ont par exemple annoncé un partenariat ambitieux en matière d’économie d’énergie. Celui-ci a vocation à utiliser l’intelligence artificielle au cœur des systèmes afin d’optimiser la consommation d’énergie des stations de base mobiles.
Toutes ces innovations sont le fruit de nombreuses années de recherche afin que l’industrie puisse avoir un impact positif significatif en matière environnementale sur les infrastructures. La modernisation des infrastructures existantes, mais surtout la construction de nouvelles générations d’infrastructures est une priorité dans les marchés où le taux de connectivité ne cesse de croître – d’autant plus que les services numériques se multiplient de façon exponentielle. Les technologies cloud, pour ne citer qu’elles, devront ainsi être moins énergivores afin de limiter l’impact environnemental de la transition numérique.
L’équipementier chinois Huawei a organisé lors de cette nouvelle édition du MWC le Forum mondial sur l’énergie numérique. L’objectif ? Favoriser le succès des opérateurs dans le cadre de la transition mondiale vers le zéro carbone. L’ensemble des acteurs réunis s’est ainsi attelé à partager les meilleures solutions et pratiques permettant la construction d’infrastructures énergétiques à faible émission de carbone. L’ambition étant, bien entendu, d’aider les opérateurs à les guider dans leur quête vers un avenir plus vert malgré les nombreux défis auxquels ces derniers sont confrontés (augmentation des coûts de l’électricité, difficulté à réduire les émissions de carbone, etc.).
La promesse de Huawei « Tech for a Better Planet » s’illustre également dans la volonté de l’entreprise de créer des solutions et des services en capacité de coupler les transitions écologique et numérique. Faisant ainsi des innovations 5G et 5.5G les vedettes de ce salon, le géant chinois a souligné l’importance d’évoluer vers un monde écologique, connecté et intelligent. Afin d’améliorer l’efficacité énergétique, Huawei a introduit l’intelligence native dans son architecture de réseau vert de nouvelle génération, qui couvre trois couches. Dans le cadre de la couche « réseau » plus particulièrement, les sites peuvent collaborer intelligemment pour économiser de l’énergie et ainsi minimiser la consommation d’énergie à l’échelle du réseau.
Renforcer l’innovation numérique dans le secteur de l’énergie en Afrique
Il est de plus en plus admis que l’économie numérique offre des solutions innovantes proposant ainsi des moyens de prendre fermement et sérieusement les défis qu’impose le changement climatique en Afrique.
L’agritech en est un exemple idoine, celle-ci permettant d’offrir des solutions aux enjeux de l’agriculture sur le continent, notamment en ce qui concerne l’adaptation au changement climatique. Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) peuvent en effet favoriser le développement d’une agriculture intelligente, améliorant ainsi la productivité agricole tout en réduisant les impacts environnementaux. Les solutions développées peuvent dès lors aider les agriculteurs à surveiller l’état des cultures, à prévoir les changements météorologiques et à optimiser l’utilisation de l’eau et des engrais. Cela permet ainsi de réduire les pertes et d’augmenter la production et ainsi d’assurer la sécurité alimentaire, tout en préservant les ressources naturelles. Afin d’illustrer notre propos, nous pouvons citer la solution Zeba qui vise à réduire la consommation d’eau d’irrigation à partir d’amidon de maïs. Autre exemple, au Kenya, la start-up SunCulture recourt à l’énergie solaire hors réseau pour notamment fournir à ses clients un accès fiable à l’eau et de facto, à l’irrigation.
Cependant, afin que l’innovation numérique puisse continuer de se déployer au bénéfice du plus grand nombre, il est essentiel d’améliorer la connectivité et de rendre l’accès à Internet abordable et à portée de main de tous. Dans le cas précis de l’agritech, celle-ci ne peut avoir un véritable impact sur les populations et dans la lutte contre le changement climatique que si les agriculteurs disposent d’un téléphone mobile et d’un accès à la connectivité Internet.
De même, la formation dans le secteur du numérique se révèle essentielle, la mise en place de différents programmes permettant alors à la population africaine de créer et de développer des solutions innovantes répondant aux principaux défis et besoins sur le continent. C’est dans cet esprit que l’entreprise chinoise Huawei propose de nombreux programmes de formation à la jeunesse du continent, afin que celle-ci soit en mesure de prendre en main son avenir numérique. A cet effet, nous pouvons notamment citer la ICT Academy ou encore Seeds for the Future.
Sans réseaux et sans formation adaptée, le développement d’une connectivité durable et résiliente ne pourra pleinement advenir en Afrique. Cependant, afin que les technologies numériques continuent de jouer leur rôle salvateur en répondant aux attentes de l’ensemble des populations sur le continent africain, les impératifs écologiques ne doivent pas être négligés. L’utilisation des énergies renouvelables pour l’alimentation des réseaux d’infrastructures connaîtra, il ne fait aucun doute, une croissance considérable dans les prochaines années, à mesure que les industries traditionnelles poursuivront l’amélioration de l’efficacité énergétique de leurs schémas. Dès lors, les acteurs de l’énergie et ceux du numérique auront plus que jamais leurs destins liés.
L’établissement d’un marché numérique unique en Afrique diminuera les obstacles au commerce et à la communication. Internet sera plus rapide et plus accessible. Il sera moins cher de télécharger les contenus et services hébergés dans des centres de données locaux, car ils ne transiteront plus par des connexions internationales coûteuses. Et un meilleur accès à la communication en ligne, aux services bancaires ou aux soins de santé peut faciliter, à l’échelle du continent, les relations avec la famille et les amis, entre entreprises et prêteurs, entre médecins et patients.
La réalisation de ces objectifs nécessite d’importants investissements pour la connectivité à haut débit, pour les infrastructures de données sécurisées et pour mener les réformes politiques et juridiques susceptibles de stimuler la concurrence. L’établissement de connexions numériques et physiques, en levant des obstacles tels que les lacunes dans la couverture du haut débit, l’analphabétisme numérique, voire les formalités administratives dans les ports et aux frontières terrestres, permettra aux personnes et aux entreprises de toute l’Afrique d’atteindre des marchés plus importants, de créer des entreprises et, donc, des emplois.
Par exemple, au Sénégal, Diaobé est une commune rurale située dans la partie sud du pays, près de la Guinée. Chaque semaine, commerçants et entrepreneurs se retrouvent au marché de Diaobé pour vendre et acheter du poisson séché, de l’huile de palme, du miel, etc. L’amélioration de la connectivité dans ce pôle économique régional serait un moyen concret de stimuler le commerce, et des liaisons numériques performantes favoriseraient la croissance économique. Les paiements dématérialisés pour l’achat et la vente, la commande de biens en ligne, ou encore la localisation des marchandises à l’aide des systèmes GPS sont autant d’outils numériques qui permettraient aux personnes de travailler plus rapidement et plus facilement, ce qui, à son tour, attirerait encore plus d’entreprises et de clients à Diaobé. Et bien sûr, un afflux de visiteurs et d’argent dans la ville se traduirait par un surcroît d’activité pour de nombreuses autres entreprises — cafés, hôtels, vendeurs ambulants —, créant ainsi un effet d’entraînement positif.
Un peu partout en Afrique, il y a des signes encourageants, dont voici quelques exemples. L’Alliance africaine pour les TIC (AfITCA) regroupe des organisations et entreprises internationales et nationales du secteur privé et différents acteurs des technologies de l’information et de la communication. Comptant six pays à sa création, elle rassemble aujourd’hui 40 États membres. Une nouvelle loi sur la protection des données au Nigéria, qui vise à protéger la vie privée et la sécurité des échanges de données personnelles, a permis de créer plus de 5 000 emplois. Le Nigéria investit également pour combler les lacunes de la couverture internet en octroyant des licences aux satellites Starlink afin de fournir un accès aux zones mal desservies. Les programmes de formation, les cours en ligne et l’enseignement des compétences numériques rencontrent un grand succès sur tout le continent.
À l’avenir, les commissions économiques régionales peuvent jouer un rôle clé dans l’accélération de la numérisation, et des groupes africains intensifient leurs efforts pour encourager la coopération entre les États membres. Lors du récent Sommet sur le financement des infrastructures, les représentants des communautés économiques de l’Afrique de l’Est (a) et de l’Afrique de l’Ouest ont souligné que le soutien à l’émergence d’un marché numérique unique était un objectif commun à tout le continent. Le potentiel d’un tel marché est en effet considérable, et faire des infrastructures numériques un bien aussi commun que les réseaux d’électricité et de transport sera la clé du succès.
À l’échelle continentale, ce processus impliquera un engagement renouvelé en faveur de l’intégration transfrontalière propice à la création d’un marché numérique unique pour l’Afrique. Cette collaboration régionale sera primordiale pour générer les économies d’échelle, les effets de réseau et la coopération indispensables pour que les entreprises numériques africaines soient compétitives au niveau régional et mondial, pour créer un argumentaire incitant aux investissements dans les infrastructures numériques et pour stimuler l’accès aux services dématérialisés, au commerce électronique et aux opportunités pour tous les citoyens et entreprises d’Afrique, où qu’ils se trouvent. Cet élan, conjugué aux investissements publics et privés, contribuera à jeter les bases d’une Afrique tournée vers l’avenir.
À la suite d’un examen rigoureux, WeLight devient la première entreprise de Madagascar à obtenir la certification B-Corp, un label international pour les entreprises qui respectent les plus hauts standards de performances environnementales et sociales. WeLight Madagascar rejoint ainsi le groupe des 50 B-Corps certifiées en Afrique. Cette prestigieuse reconnaissance témoigne de l’engagement de WeLight à créer un impact positif et significatif sur l’ensemble de son écosystème, tout en contribuant à une économie plus inclusive et régénératrice.
B-Corp est la seule certification qui prend en compte l’intégralité des dimensions de performances sociales et environnementales : gouvernance, collectivités, communautés, collaborateurs et environnement.
WeLight Madagascar a obtenu un score global de 148,5 points, dépassant très largement le score moyen de 96 points des entreprises certifiées B-Corp. Ce score classe l’entreprise parmi les plus impactantes en Afrique. Un résultat qui reflète son activité spécifique qui consiste à permettre l’accès à une électricité fiable, propre et productive aux habitants des zones rurales. Les solutions de WeLight répondent en effet aux défis énergétiques de Madagascar où le taux d’accès à l’électricité est autour de 15%.
Cette certification encourage WeLight à poursuivre encore plus et mieux sa mission d’accompagner la croissance économique et sociale des zones rurales, et de contribuer à transformer durablement le secteur énergétique sur le continent africain.
Ngwing Kimani, directrice exécutive de B Lab East Africa : « Accueillir WeLight dans la communauté B Corp est extrêmement excitant. Leur engagement à faire des affaires différemment sera une source d’inspiration pour d’autres et aidera grandement à répandre l’idée, en Afrique, que nous pouvons redéfinir le succès dans les affaires pour qu’il ne dépende plus uniquement du profit, mais également de notre impact sur les populations et sur la planète. »
Romain de Villeneuve, directeur général de WeLight Madagascar : « Nous sommes très honorés d’intégrer le club très select des B-Corps en Afrique, et de devenir la première entreprise certifiée sur le territoire malgache. Ce label confirme que les valeurs et l’impact créés par WeLight sont véritablement au service du partage et au bénéfice de l’ensemble des parties prenantes. »
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À propos de WeLight Madagascar
WeLight fournit une énergie propre, abordable, fiable et productive aux populations des zones rurales reculées de Madagascar et d’Afrique subsaharienne. WeLight est née de la volonté de trois acteurs économiques de premier plan, ayant un savoir-faire important en Afrique (AXIAN Group, Sagemcom et Norfund), de mettre en œuvre des solutions liées aux énergies renouvelables et de les déployer sur tout le continent. WeLight entend fournir de l’électricité aux villages isolés et contribuer ainsi à leur développement économique. Actuellement, elle exploite 40 mini-réseaux qui desservent 9 000 ménages électrifiés.
B Lab East Africa est un organisme à but non lucratif créé en 2017 pour servir une communauté croissante de plus de 50 entreprises africaines travaillant pour avoir un impact positif sur toutes les parties prenantes : travailleurs, communauté et environnement. B Lab mesure et vérifie les performances environnementales et sociales des entreprises à l’aide du B Impact Assessment, et veille à ce que des normes rigoureuses soient respectées par tous les B Corps africaines. Avec les équipes de B Lab du monde entier, ils forment un réseau mondial d’entreprises responsables sur le plan social et environnemental et encouragent un changement positif, fondé sur l’action, vers une nouvelle approche des affaires. http://b-labafrica.net/
Au contraire de la France, où le charbon est considéré comme une énergie du passé, dans la plupart des pays du monde, le charbon reste une énergie d’avenir. Dans son numéro de février 2023, la revue Questions Internationales nous rappelle les réalités. La production mondiale de charbon a doublé depuis 2000 et se situe actuellement aux environs de 8 milliards de tonnes par an. Au rythme actuel de production, les réserves mondiales de charbon se chiffrent en centaines d’années et elles sont réparties partout dans le monde. Pour les deux tiers, ce charbon sert à produire de l’électricité.
Le charbon a presque disparu en Europe occidentale, mais il est très présent en Europe de l’Est, notamment en Pologne, en Allemagne ou en République Tchèque. Dans le secteur Asie-Pacifique, la production de charbon a été multipliée par 4 en 30 ans. Les plus gros producteurs et consommateurs de charbon sont la Chine et l’Inde, mais des pays comme le Vietnam ou la Mongolie ont beaucoup développé leur production, le record étant détenu par l’Indonésie qui ne produisait pas de charbon avant 2000 et qui est devenu en 2021 le premier exportateur mondial avec une production de 600 millions de tonnes. L’Australie est passée de 200 millions de tonnes de charbon dans les années 90 à 500 millions de tonnes actuellement, ce qui fait du charbon un pilier de son économie.
En 1989, 37,5 % de la production d’électricité dans le monde venaient des centrales à charbon. En 2021, cette part a légèrement diminué à 36 %, mais comme la production totale d’électricité a été multipliée par 2,5, la production d’électricité à partir du charbon a plus que doublé en 30 ans. Il se construit actuellement beaucoup de centrales thermiques à charbon.
Les deux pays qui produisent et qui consomment le plus de charbon, la Chine et l’Inde, sont aussi devenus des champions dans le développement des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire. La Chine et l’Inde ont mené à bien des grands projets de barrages hydrauliques ou de parcs photovoltaïques. La Chine dispose actuellement de 54 réacteurs nucléaires et en a 20 en construction. L’Inde a 22 réacteurs nucléaires en fonctionnement et 7 en construction.
En Afrique, sur une population de 1,4 milliards d’Africains, près de 600 millions n’ont pas accès à l’électricité. Comme on prévoit 2,5 milliards d’Africains en 2050, il faudrait multiplier la production d’électricité en Afrique par 3, d’ici 2050, pour répondre aux besoins. Or, l’Afrique produit plus des trois quart de son électricité à partir d’énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables est actuellement beaucoup trop lent pour répondre à ses immenses besoins. D’après l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA) la production d’énergie renouvelable a augmenté de 180 000 MW en 2019 dans le monde, dont seulement 2000 MW en Afrique. Si on ne corrige pas la trajectoire actuelle, l’électrification de l’Afrique se fera avec du gaz ou du pétrole et pour une bonne part avec du charbon.
Le cas de l’Afrique du Sud est exemplaire. Ce pays est l’un des plus importants d’Afrique sur le plan économique et dispose des deux seules centrales nucléaires d’Afrique. Mais sa production d’électricité provient à 80% du charbon. Bien que ses mines de charbon soient le premier employeur du pays, l’Afrique du Sud a décidé un plan de transition pour diminuer sa dépendance au charbon. A la COP 27 de 2022, l’Afrique du Sud a obtenu une enveloppe de 98 milliards de $ des pays développés pour l’aider à réussir cette transition dans les années à venir.
Il est de l’intérêt du monde entier d’aider l’Afrique à développer sa production d’électricité à partir d’énergies renouvelables et beaucoup d’initiatives ont été prises pour trouver des financements. En 2011, la Banque Africaine de développement a créé le Fonds pour l’Energie Durableen Afrique (SEFA), alimenté surtout par les pays scandinaves et les USA. En 2015. Jean-Louis Borloo a créé la fondation Energies pour l’Afrique avec le soutien de l’Arabie Saoudite. En 2017, à la suite de la COP 21, l’Initiative de l’Afrique pour les Energies Renouvelables (AREI) a été créée sous l’égide de l’Union Africaine. Les Etats Unis ont mis en place Power Africa. L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) finance le Couloir Africain de l’énergie propre. L’Union Européenne a créé le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie. Beaucoup de banques, à commencer par la Banque Mondiale et la Banque Européenne d’Investissement, soutiennent le financement des énergies renouvelables. Le Fonds vert pour le climat mis en place par l’ONU dans la cadre de la COP a pour objectif d’apporter 100 milliards de $ par an aux pays du Sud pour financer l’adaptation au changement climatique
En fait, ce n’est pas tant l’argent qui manque que les projets concrets. La baisse des coûts de production de l’électricité à partir de l’éolien ou du solaire permet de développer beaucoup de petits projets décentralisés de production d’électricité, mais ils sont handicapés par leur caractère intermittent et par les problèmes d’impayés et ne permettent pas de répondre aux énormes besoins des villes.
L’Afrique a énormément de ressources naturelles pour développer des grands projets d’énergies renouvelables. Dans la zone équatoriale, plusieurs fleuves à gros débit peuvent être aménagés pour produire de l’électricité. Dans les déserts du Sahara ou du Kalahari, des centrales photovoltaïques pourraient être installées sur des milliers d’hectares.. La géothermie dans la zone du rift africain et le vent en mer ou dans les zones littorales peuvent fournir de grandes quantités d’énergie.
L’Afrique n’a pas assez d’ingénieurs pour élaborer ces grands projets qui lui permettraient de se passer du charbon et du pétrole. Les capacités d’ingénierie pour ces projets existent en Europe et en Chine. Le plus grand service que l’Europe et la Chine pourrait rendre ensemble à l’Afrique serait de proposer à l’Union Africaine de créer et de financer ensemble des missions d’ingénieurs africains, européens et chinois pour étudier les mégaprojets d’énergies renouvelables les plus intéressants d’Afrique. Au bout de deux ans, ces équipes pourraient certainement proposer aux financeurs une dizaine de projets qui auraient un impact régional sur l’approvisionnement en énergie, tout en donnant à l’Afrique une image plus moderne. Parallèlement, la Chine et l’Europe pourraient accueillir des centaines, voire des milliers d’ingénieurs africains pour les former aux techniques de l’énergie nucléaire.
A titre d’exemple, le complexe de barrages du Grand Inga sur le Congo (qui a un débit moyen de 41 000 m3/s) pourrait fournir une puissance de 42 000 MW, soit la puissance de 25 EPR ou près de deux fois la puissance de la plus grande centrale électrique du monde, celle du barrage des trois gorges en Chine,. Avec ce projet, la République démocratique du Congo pourrait non seulement répondre à ses besoins et à une partie des besoins de pays voisins, mais devenir un grand producteur et exportateur d’hydrogène vert.
Cette coopération avec la Chine en Afrique permettrait aussi à l’Europe de montrer qu’elle ne souhaite pas s’impliquer unilatéralement dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Elle rassurerait les africains, en évitant les accusations de néocolonialisme. Elle permettrait aux grandes entreprises européennes et chinoises d’être bien placées pour réaliser ensuite les travaux sur le terrain.
L’accès à l’électricité est un facteur essentiel de développement. Le financement conjoint de missions d’ingénierie européenne et chinoise serait un moyen très efficace de contribuer au développement de l’Afrique tout en servant les intérêts du monde entier en diminuant l’utilisation des énergies fossiles en Afrique. Tout le monde y gagnerait.
La croissance moyenne du PIB de l’Afrique devrait se stabiliser en 2023-2024 malgré les récents vents contraires, indique la Banque africaine de développement dans un nouveau rapport
La conjoncture mondiale défavorable a entraîné une hausse de l’inflation, une augmentation du coût du service de la dette et un risque accru de surendettement dans les pays en développement
Les économies africaines demeurent résilientes avec des perspectives stables en 2023-2024, malgré le durcissement des conditions financières mondiales, indique la Banque africaine de développement (http://www.AfDB.org) dans ses projections publiées dans un nouveau rapport.
Le rapport, intitulé Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique 2023 (https://apo-opa.info/3xpm1i2), indique que le PIB moyen de l’Afrique devrait se stabiliser à 4 % au cours des deux prochaines années, contre 3,8 % en 2022.
Présentant le rapport le 17 février dernier en marge du 36e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, l’économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque africaine de développement, Kevin Urama, a déclaré que le continent pourrait bénéficier d’une forte demande pour ses matières premières, les pays cherchant des alternatives pour la nourriture et l’énergie en réponse aux perturbations causées par la guerre en Ukraine.
Le continent, a-t-il noté, reste un trésor pour les investisseurs avisés à l’échelle mondiale, mais il doit s’efforcer d’obtenir des taux de croissance plus élevés, des économies plus inclusives et une plus grande résilience aux chocs extérieurs.
« Les perspectives stables projetées pour 2023-2024 reflètent le soutien politique continu en Afrique, les efforts déployés à l’échelle mondiale pour atténuer l’impact des chocs extérieurs et l’incertitude croissante au sein de l’économie mondiale », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle publication, qui va paraître aux premier et troisième trimestres de chaque année, fournira aux décideurs africains, aux investisseurs nationaux et internationaux, aux chercheurs et aux autres partenaires au développement une évaluation actualisée et fondée sur des données probantes des performances macroéconomiques récentes du continent et de ses perspectives à court et moyen terme dans un contexte d’évolution dynamique de l’économie mondiale.
Comme dans beaucoup de pays émergents, le durcissement des conditions financières et l’appréciation du dollar américain ont eu des conséquences désastreuses
M. Urama a exhorté à prendre des mesures politiques audacieuses. « Pour combler les importants déficits de financement en Afrique, il est impératif de mettre en œuvre des politiques susceptibles de mobiliser et de tirer parti des financements privés pour le développement de l’Afrique », a-t-il déclaré.
La conjoncture mondiale défavorable a entraîné une hausse de l’inflation, une augmentation du coût du service de la dette et un risque accru de surendettement dans les pays en développement, notamment en Afrique.
« Comme dans beaucoup de pays émergents, le durcissement des conditions financières et l’appréciation du dollar américain ont eu des conséquences désastreuses pour la plupart des économies africaines », a déclaré M. Urama. Il est également devenu difficile pour les pays africains d’accéder aux marchés internationaux de capitaux pour obtenir de nouveaux financements, a-t-il ajouté.
La plupart des monnaies africaines, en particulier celles des pays exportateurs de matières premières, ont perdu une valeur substantielle par rapport au dollar en 2022 en raison du resserrement de la politique monétaire aux États-Unis. Les taux de dépréciation ont varié de 21 % au Malawi à 69 % au Soudan du Sud.
M. Urama a averti que les faiblesses monétaires des économies africaines les plus intégrées au niveau mondial, comme l’Algérie, le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud, pourraient persister en 2023.
« Les principaux facteurs de dépréciation des devises sont le durcissement des conditions financières mondiales et la faiblesse de la demande extérieure, les déséquilibres macroéconomiques, les revenus limités et les faibles flux d’investissement, ainsi que l’aversion au risque politique associée aux cycles électoraux des pays », a déclaré M. Urama.
Il a ajouté que la situation budgétaire des pays africains avait déjà été mise à rude épreuve par les réponses politiques au Covid-19 et le soutien apporté aux populations vulnérables face à la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, dans un contexte d’endettement élevé et d’impacts négatifs des changements climatiques.
Parmi les autres vents contraires pour l’économie, on peut citer les retombées de la montée des tensions géopolitiques, notamment l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ces conditions poussent la stabilité des prix hors de portée de la plupart des banques centrales.
Dans le cadre de la Team France Export, Bpifrance lance aujourd’hui la mission internationale « Explore & Match : Transition-énergétique – Afrique du Sud », opérée en partenariat avec Business France. Douze fleurons français du secteur de la transition énergétique auront l’opportunité de détecter et développer des courants d’affaires dans tout le pays. La délégation se rendra ainsi à Johannesburg et au Cap, des zones dynamiques qui présentent de nombreuses perspectives de développement pour les entreprises françaises.
L’Afrique du Sud est l’un des pôles économiques les plus dynamiques d’Afrique et est par ailleurs le seul pays africain membre des BRICS et du G20. La troisième économie du continent fait cependant face à un défi majeur : elle s’inscrit parmi les plus gros pollueurs du monde. Ainsi, l’Afrique du Sud accélère sa transition écologique et énergétique, notamment via la décarbonation du secteur de l’électricité. Signataire de l’Accord de Paris, le pays continue à diversifier son mix énergétique en privilégiant des modes de production électrique bas-carbone comme les EnR et le nucléaire, et travaille sur l’amélioration de son efficacité énergétique, notamment dans les bâtiments.
Pour la France, L’Afrique du Sud représente la première destination de ses exportations en Afrique sub-saharienne, et l’hexagone s’affirme comme étant le 10ème fournisseur de l’Afrique du Sud, et le 3ème d’Europe, derrière l’Allemagne et l’Italie.
Dans le cadre de la mission organisée par Bpifrance, les entreprises françaises sélectionnées bénéficieront d’un programme riche sur cinq jours à Johannesburg puis au Cap, alliant temps collectifs et individuels. Elles débuteront la semaine par une journée de formation sur les différents enjeux et opportunités du secteur de l’énergie en Afrique du Sud, avant de bénéficier de rendez-vous B2B individuels et de se rendre au Cap. Au cours de cette seconde partie de la mission, les entreprises participeront également à des sessions collectives (rencontres avec des experts de la zone) et individuelles (rendez-vous personnalisés).
« Attirant de nombreux investisseurs étrangers, l’Afrique du Sud est la parfaite incarnation d’une économie fleurissante et susceptible d’attirer les entrepreneurs français. Par sa présence en Afrique australe, Bpifrance vise à accroitre le développement d’entreprises françaises dans cette région incontournable qui présente de nombreuses opportunités. Dans le cadre de cette mission, Bpifrance, en partenariat avec Business France, accompagne 12 entreprises françaises des secteurs de la Transition énergétique pour une mission de 5 jours clé en main. Elles auront l’opportunité rare de rencontrer les écosystèmes locaux et bénéficieront d’un parcours sur mesure entre Johannesburg et le Cap.Les retours d’expériences d’entrepreneurs français implantés localement et un programme de rendez-vous business ciblés viendront, quant à eux, compléter cette immersion pour une stratégie efficace de développement sur la zone. » déclare Pedro Novo, Directeur exécutif en charge de l’Export chez Bpifrance.
Marc Cagnard, Directeur Afrique Sub-Saharienne chez Business France : « Cette mission consacrée à la Transition Energétique intervient alors que l’Afrique du Sud, qui compte encore plus de 80 % d’énergies fossiles dans ses mix électrique et énergétique, connaît la plus grande crise de son secteur de l’électricité, avec un déficit d’approvisionnement et de nombreux délestages. Elle vise à mettre les PME et ETI françaises participantes – fournisseurs d’équipements et solutions technologiques liées à la transition, à la valorisation et à l’efficacité énergétique, à la décarbonation de la production électrique et de l’industrie ou encore à l’hydrogène vert – en condition d’accompagner la transition énergétique du pays, qui prévoit le raccordement au réseau de nouvelles capacités d’ici à 2030 avec un objectif de 42 % de l’électricité produite à partir de sources renouvelables. Au sein de la Team France Export, le bureau Business France de Johannesburg y contribue pleinement, en donnant à ces pépites françaises toutes les clefs pour réussir leur entrée ou leur développement dans le pays : compréhension de l’environnement des affaires, présentation des nombreuses opportunités qui s’offrent à elles et mise en relation individuelle ciblée avec des partenaires potentiels sud-africains, qu’ils soient donneurs d’ordres privés ou publics. »
Liste des 12 entreprises sélectionnées pour la mission internationale « Explore & Match : Transition énergétique – Afrique du Sud » :
Le groupe panafricain AXIAN annonce le lancement d’AXIAN Investment, une marque qui regroupera deux activités : les investissements dans des fonds et des investissements dans le capital risque qui soutiendra de jeunes entreprises du secteur technologique sur le continent. Le regroupement de ces deux activités sous une seule identité est une première pour un acteur africain qui renforce ainsi sa place d’investisseur de premier plan. L’enjeu est d’évoluer avec l’écosystème africain et participer à la création de valeur.
AXIAN Investment aura pour ambition de partager l’expérience et apporter le soutien du groupe, directement et indirectement, à des entreprises à différents stades de maturité. Ce nouveau modèle entend également renforcer les synergies entres les deux activités de « Fund of Funds » et « Corporate Venture Capital ». Il vient soutenir le développement d’AXIAN en Afrique en faveur d’un impact positif et durable sur la croissance ainsi que la montée en puissance du continent sur le plan mondial.
AXIAN Investment est mandaté pour gérer les investissements privés du groupe, d’une part, dans plusieurs fonds de Private Equity et de Venture Capital, tels que Partech Africa, Amethis, African Development Partners, Actis Energie, Emerging Capital Partners, Adenia ou encore Disruptech. D’autre part, sa branche de Corporate Venture Capital, engagera des investissements directs dans des start-ups de la tech Africaines dites disruptives telles que MaxAB, LipaLater, Djamo, Jetstream, Chari ou encore Zazuu.
Après avoir entamé une stratégie d’investissement sur le long-terme comme actionnaire indirect depuis 2017, le groupe est investi aujourd’hui dans une vingtaine de fonds, avec une forte concentration en Afrique. Récemment actif en tant qu’investisseur direct dans le secteur de la tech africaine, il a réalisé une performance sur les 12 derniers mois en ayant finalisé près d’une transaction par mois. Aujourd’hui actionnaire minoritaire direct de 10 start-ups africaines, la branche Corporate Venture Capital va accélérer son activité dans le but de rayonner sur l’ensemble du secteur (fintech, e-commerce, e-santé, e-logistique…), et permettra également de créer des synergies avec les autres activités du groupe.
« AXIAN Investment nous permet d’investir de façon stratégique à la fois dans le Private Equity et le Venture Capital afin d’aider les entreprises à créer de la valeur et soutenir le développement économique en Afrique. En structurant nos deux activités d’investissements sous une seule identité, nous renforçons notre position d’éclaireur au sein du groupe ce qui fait émerger des opportunités sur le continent. Notre présence dans 28 pays et 77 entreprises d’Afrique à travers nos investissements directs et indirects permet au groupe AXIAN de se positionner comme un investisseur africain de tout premier plan. » Hassane Muhieddine, CEO du pôle AXIAN Financial Services.
À PROPOS DE AXIAN INVESTMENT
AXIAN Investment est mandaté pour gérer les investissements du groupe AXIAN à la fois dans des fonds de Private Equity et Venture Capital, mais aussi dans le capital de jeunes entreprises du secteur technologique en Afrique. A travers ses deux activités, AXIAN Investment va soutenir, directement et indirectement, des entreprises à différents stades de maturité. Présent dans 48 pays et 130 entreprises fin 2022, dont 28 pays et 77 entreprises en Afrique, AXIAN Investment se positionne comme un investisseur africain de premier plan.
À PROPOS DU GROUPE AXIAN
AXIAN est un groupe panafricain présent dans 10 pays et spécialisé dans 5 secteurs d’activité à fort potentiel de croissance : télécoms, services financiers, énergie, immobilier et open innovation. AXIAN agit en partenaire de la transformation socio-économique des pays dans lesquels il opère. Avec l’ensemble de ses 6500 collaborateurs audacieux et passionnés, il s’assure systématiquement de l’impact durable et positif de ses activités sur le quotidien de millions d’africains. Le Groupe AXIAN fait partie de l’initiative Global Compact des Nations Unies et s’engage à intégrer ses 10 principes au cœur de ses stratégies et activités présentes et futures. En savoir plus sur AXIAN : www.axian-group.com
La ville de Dakar en Afrique de l'Ouest - Copyright Thierry Barbaut
Le défi démographique figure en tête des défis que l’Afrique devra relever dans les prochaines années. En seulement 50 ans, la population du continent africain a quadruplé pour atteindre 1 milliard en 2010 et les projections actuelles estiment que la population africaine pourrait passer le pilier des 2,7 milliards d’habitants en 2050[1].
Cette croissance démographique fulgurante soulève de nombreux enjeux dans les villes africaines, notamment en matière de logements, d’infrastructures, d’emploi, de santé et d’environnement, pour n’en citer que quelques-uns. Le déploiement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sur le continent offre donc l’opportunité de repenser le rôle et la construction de la ville africaine dans le but de faire de cette explosion démographique un véritable atout pour le continent. La croissance des villes sera au cœur du développement du continent africain. Dans ce contexte, les projets de villes intelligentes, les smart cities, en Afrique fleurissent de plus en plus ces dernières années pour répondre aux défis urbains qui accompagnent cette croissance.
Les smart cities, ces villes intelligentes qui mettent l’humain au centre de leur fonctionnement
D’ici 2050, près de 60% de la population du continent résidera en métropole[2]. Dans ce contexte, le développement progressif des smart cities permettra de répondre au défi que représente cette urbanisation galopante. De nombreux pays africains ont déjà fait des smart cities une réalité, tels que Le Caire en Égypte, Casablanca au Maroc ou encore Nairobi au Kenya. Alliant numérique, innovations technologiques et modernité, ces villes intelligentes, où économie et développement durable iront de pair, joueront un rôle clé dans l’amélioration des services urbains.
En effet, les smart cities visent à construire des modèles de développement au service de l’épanouissement des citoyens, de plus en plus consommateurs de données. La mobilisation de la technologie peut ainsi améliorer la qualité et le confort de vie des populations sur le continent, les TIC étant par exemple en mesure d’optimiser les services publics et les infrastructures urbaines. Ces dernières sont en effet rendues désuètes, voire insuffisantes pour répondre aux besoins premiers des habitants.
En permettant tout particulièrement une meilleure gestion de l’énergie et de l’efficacité énergétique, de la mobilité urbaine, de l’accès à l’eau potable, de la gestion des déchets et de la sécurité publique, les TIC jouent un rôle important dans le développement des villes africaines. L’opérateur kényan Safaricom annonçait ainsi en 2021 vouloir installer 330 000 compteurs électriques intelligents afin de contrôler le réseau électrique en temps réel grâce à la technologie de l’IoT (Internet des Objets), permettant de ce fait de limiter les pertes au niveau de l’électricité. En Tunisie également, la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a vendu plusieurs lots dans le cadre de marchés publics pour le développement de compteurs électriques intelligents sur son territoire.
La forte croissance démographique couplée à l’urbanisation rapide que connaît aujourd’hui l’Afrique entraîne parallèlement une augmentation de la pollution atmosphérique. Face à cela, de nombreuses solutions numériques visant à évaluer la qualité de l’air via des capteurs se déploient au sein des villes. Le géant du numérique américain Google a ainsi financé une équipe de recherche de l’Université Makerere en Ouganda pour développer le projet AirQo. Ce type de solution numérique permet notamment d’identifier les zones où la pollution est la plus importante afin de déterminer les zones prioritaires de l’action gouvernementale. Cela est d’autant plus important que la pollution urbaine tue deux fois plus en Afrique que partout ailleurs dans le monde[3]. Celle-ci étant amenée à augmenter rapidement dans les prochaines années, le recours à des technologies vertes se fera de plus en plus pressant et devra s’accompagner, en parallèle, de politiques publiques plus fortes.
Enfin, alors que la croissance démographique risque d’entraîner une pression sur le marché du travail dans les villes, entraînant de fait une hausse du chômage et une baisse des salaires pour les travailleurs les plus vulnérables, le développement des projets de smart cities peut alors avoir un impact significatif sur la création d’emplois et de facto la croissance économique. En adoptant des solutions technologiques toujours plus innovantes pour résoudre les défis urbains, les villes peuvent ainsi attirer des investissements, stimulant dès lors l’économie des pays. Cela pourra, à terme, générer de nouveaux emplois dans divers secteurs.
Les enjeux du développement des TIC dans les villes africaines
Si le développement des villes intelligentes constitue un vivier d’opportunités pour les populations et les villes du continent, leur déploiement à grande échelle est largement tributaire de l’électrification des villes et donc du déploiement de la connectivité via les infrastructures. Première brique à poser et intrinsèquement liées à la construction de la ville de demain, il est en effet admis qu’il ne peut y avoir de smart cities sans infrastructure. En effet, l’électrification permet d’alimenter les systèmes de technologies de l’information et de la communication, tels que les réseaux de capteurs, les systèmes de gestion de la ville et les infrastructures pour les services publics. Elle permet par ailleurs de fournir l’énergie nécessaire à l’ensemble de l’infrastructure permettant de stocker les données, que sont notamment les data centers et les systèmes cloud, très énergivores.
Au cœur des considérations environnementales qui se multiplient sur la scène internationale, notamment africaine, la bonne gestion de l’énergie est au cœur de tous les enjeux. Outre résoudre les défis de l’électrification, le déploiement d’infrastructures durables telles que les réseaux intelligents peut apparaître comme l’une des solutions d’avenir. Ainsi, en Éthiopie, le géant technologique chinois Huawei a déployé plus de 400 sites solaires utilisant des solutions Advanced Hybrid Power ainsi que des Smart Micro Grids en vue d’apporter l’électricité dans les zones non électrifiées. L’opérateur français Orange a également déployé une solution solaire afin de satisfaire 50% de la consommation énergétique de son principal data center en Afrique.
Cependant, permettre un développement viable et pérenne des villes intelligentes sur le continent nécessite au préalable plusieurs prérequis. Le premier concerne tout d’abord la formation aux nouvelles technologies : la constitution d’un capital humain qualifié est indispensable au développement desdites villes pour soutenir et accompagner leur transformation. Former cette jeunesse ambitieuse, entreprenante et férue de nouvelles technologies est l’ambition de nombreux acteurs, tant privés que publics, en Afrique. Au Maroc, l’Université Mohamed VI Polytechnique (UM6P) a récemment annoncé le lancement à Benguerir d’une formation dédiée aux « stratégies de smart cities en Afrique ». D’une durée de deux ans, ce programme destiné aux ingénieurs marocains visera tout particulièrement à répondre aux défis de la croissance démographique et du développement durable sur le continent.[4] L’équipementier Huawei propose également des offres de formation aux TIC afin que les jeunes talents puissent prendre l’avenir numérique de leur pays et donc du continent. Dans cet état d’esprit, l’entreprise a déployé plusieurs programmes tels que la ICT Academy ou encore Seeds for the Future.
Autre prérequis : la mise en place d’une réglementation qui garantisse la protection des données. Les cyberattaques se sont faites de plus en plus nombreuses ces dernières années et l’utilisation de nouvelles technologies telles que le cloud, l’intelligence artificielle ou le big data au cœur de la construction de ces villes de demain suppose de mettre en place des politiques publiques qui soient en mesure de garantir la protection des données personnelles.
Enfin, afin que le déploiement de ces villes intelligentes se fassent de la meilleure façon possible, il importe également de définir des stratégies publiques claires qui soient exécutées de façon efficace et durable.
En conclusion, le déploiement de la technologie au sein des villes africaines représente une mine d’opportunités pour le continent, tout particulièrement dans un contexte où la croissance démographique soulève de nombreux et nouveaux enjeux. Synonymes d’opportunités pour relever les défis de l’explosion urbaine, de l’emploi, des transports, mais également de la lutte contre le réchauffement climatique, les smart cities semblent être l’avenir du continent africain. Cependant, leur construction effective et bénéfique à l’ensemble de la population nécessitera le déploiement d’infrastructures numériques efficaces et durables, la formation des populations aux technologies numériques, ainsi que la mise en place de stratégies de cybersécurité et de réglementations adaptées à cette forte croissance des données que la création de ces smart cities engendrera de plus en plus.
Pour combler les lacunes actuelles dans ce domaine, il est essentiel que les différents secteurs économiques et intervenants parviennent à mettre au point et appliquer des solutions transversales. Le cadre proposé de planification intégrée du stockage de l’eau se fonde sur le développement durable et la résilience climatique. Ses bienfaits potentiels pour les personnes, les économies et les environnements peuvent s’étendre sur plusieurs générations.
Principaux messages :
Devant la gravité croissante des phénomènes climatiques extrêmes, le stockage de l’eau apparaît de plus en plus indispensable à l’adaptation au dérèglement climatique ainsi qu’à d’autres problèmes liés à l’eau.
Qu’il s’agisse de sécheresse ou de fortes inondations, la population mondiale subit des phénomènes climatiques qui laissent dans leur sillage beaucoup de souffrances humaines, des pertes et l’instabilité économiques ainsi que la destruction de l’environnement. Dans certaines régions du monde, les phénomènes météorologiques extrêmes effacent en quelques jours des décennies de progrès dans le domaine du développement humain.
Au cours des 20 dernières années, 1,43 milliard de personnes ont subi les affres de la sécheresse (Browder et coll., 2020). Les pénuries d’eau peuvent réduire la croissance dans certains pays de jusqu’à 6 % (Banque mondiale, 2016) ; et pour les personnes pauvres, les effets négatifs peuvent se répercuter sur plusieurs générations.
Au cours des deux dernières décennies, au moins 1,65 milliard de personnes dans le monde ont subi des inondations, soit une augmentation de 24 % par rapport aux décennies précédentes (Browder et coll., 2021 ; Tellman et coll., 2021 ; CRED et UNDRR, 2020). D’ici 2030, 180 millions de personnes supplémentaires devraient être directement touchées par les inondations (Tellman et coll., 2021.)
Au-delà des phénomènes extrêmes, le changement climatique accroît l’imprévisibilité et la variabilité des pluies, ce qui a pour effet de compliquer la fourniture au quotidien de services tels que l’approvisionnement efficace des zones urbaines en eau, de réduire la productivité des agriculteurs et de décourager l’investissement ainsi que la création d’emplois.
Le stockage de l’eau fournit trois principaux services : il améliore la disponibilité de l’eau, réduit les effets des inondations et régule les débits d’eau au profit des secteurs de l’énergie, des transports, et d’autres.
Dans le même temps, la fonction régulatrice du stockage contribue à produire de l’énergie propre, indispensable pour atténuer le changement climatique. La production de l’hydroélectricité est aussi un complément important à d’autres formes plus variables d’énergie propre, ce qui permet d’équilibrer leur intégration au réseau. Enfin, le stockage par pompage est un mécanisme important de stockage de l’énergie.
Le stockage de l’eau douce est au premier plan de l’adaptation au changement climatique, clairement parce qu’il permet de constituer des réserves d’eau pour les périodes plus sèches et de réduire les incidences des inondations. Dans les années à venir, les sociétés les plus stables et les plus durables seront, dans de nombreux cas, celles qui auront adopté des méthodes de stockage de l’eau plus résilientes.
Alors que la population mondiale a besoin de plus d’eau, les volumes d’eau douce stockés sont en baisse, provoquant ainsi une crise planétaire : le déficit mondial de stockage d’eau.
Au cours des 50 dernières années, la population mondiale a doublé, générant ainsi une demande sans cesse croissante d’eau et de capacité de stockage proportionnelle. Pourtant, les réservoirs naturels de stockage de l’eau se sont vidés, les volumes ayant baissé d’environ 27 000 milliards de m3 (Mc Cartney et coll., 2022) en raison de la fonte des glaciers et du manteau neigeux ainsi que de la destruction des zones humides et des plaines d’inondation. Parallèlement, les volumes d’eau stockés dans les ouvrages risquent de se réduire parce que les sédiments envahissent l’espace de stockage utile dans les réservoirs (Annandale, Morris et Karki, 2016) ; les nouveaux ouvrages construits dans le cadre de certains projets d’infrastructure d’envergure sont moins durables que prévu ; et les ouvrages vieillissants sont plus nombreux que ceux remis en état.
À l’échelle mondiale, le déficit de stockage d’eau — l’écart entre la quantité de stockage d’eau nécessaire et les volumes disponibles dans les réservoirs (naturels et bâtis) existants en un lieu et à un moment donnés — se creuse (GWP et IWMI, 2021).
Pour combler ce déficit, les méthodes de stockage actuelles doivent être changées : pour la majeure partie du globe, le statu quo n’est pas une solution viable. Le plus souvent, les structures de stockage de l’eau sont évaluées, conçues, développées et gérées de façon indépendante pour les différents bénéficiaires, d’où des dispositifs cloisonnés qui sont très loin d’être durables et efficients.
La mauvaise planification du stockage de l’eau a un prix. Plusieurs systèmes de stockage concurrents offrent à des bénéficiaires différents des services divers, parfois de part et d’autre d’une frontière ou d’une démarcation, ce qui désorganise le développement de l’infrastructure ou la libération des eaux, réduisant ainsi tous les bienfaits pouvant être procurés à tous. De même, les coûts, avantages, risques et incertitudes ne sont pas toujours bien compris en amont des décisions d’investissement. Par conséquent, les effets négatifs sur les populations et l’environnement sont rarement minimisés et atténués, et les solutions ne sont pas adoptées dans une optique de distribution équitable.
Il incombe à tous de chercher des solutions au déficit mondial de stockage d’eau. La tâche est d’autant plus difficile que le stockage de l’eau est rarement appréhendé, planifié et géré comme un système, bien que les réservoirs de stockage naturels et bâtis forment un réseau. La plupart des réservoirs de stockage que nous utilisons actuellement se trouvent dans la nature, ils ne sont ni contrôlés ni gérés comme il convient et l’utilisation de la majeure partie des cours d’eau partagés n’est encadrée par aucun texte juridique.
Le rapport appelle à élaborer et appliquer des solutions transversales pour combler le déficit en matière de stockage d’eau, en adoptant des stratégies qui intègrent tous les besoins et les possibilités qu’offre l’ensemble du système, notamment les réservoirs naturels, bâtis et hybrides, au bénéfice du plus grand nombre et des générations à venir.
Les pays à travers le monde vivent des situations sans précédent, peinant à faire face aux catastrophes d’origine hydrique et luttant pour mettre en place, fournir et maintenir des services d’eau. Ce rapport propose de concevoir résolument des solutions de stockage de l’eau sous-tendant des services de stockage résilients, durables, voire vitaux, susceptibles d’atténuer les conséquences des catastrophes climatiques et de combler le déficit en matière de stockage d’eau.
La planification du stockage de l’eau se heurte à des difficultés non négligeables. La plupart des pays disposent de peu de ressources et doivent rechercher des méthodes efficientes pour accroître leur capacité de stockage. Il peut s’agir par exemple de tirer avantage et de maximiser les réservoirs de stockage naturels ; d’évaluer les possibilités de réexploitation, de remise en état ou de modernisation de l’infrastructure existante, de construire de nouveaux ouvrages ou d’appliquer des réformes (c.-à-d. investir dans des institutions qui amélioreront la gestion du stockage de l’eau) ; et d’envisager des solutions de substitution, comme la gestion de la demande, ou des mesures d’approvisionnement de rechange consistant à résorber le manque d’eau et à adopter des règlements de zonage.
La nature est une composante importante de la solution. Plus de 99 % de l’eau douce stockée sur la terre l’est dans la nature et pourtant, cette ressource est largement considérée comme acquise. Il est important que nous reconnaissions tous que les réservoirs de stockage naturels comme les eaux souterraines, les zones humides, les glaciers et l’humidité du sol sont essentiels à la survie, et que nous les protégions et les gérions en conséquence. Connaître ce que nous avons est le premier pas qui nous amènera à apprécier la nature à sa juste valeur et à éviter de l’appauvrir inutilement, comme c’est le cas dans de nombreuses régions du monde depuis des décennies.
Le stockage de l’eau doit être soigneusement planifié. Pour résoudre ce problème et d’autres, le rapport préconise d’aborder la question du stockage de l’eau (stockage naturel, bâti et hybride) dans une démarche intégrée et sous l’angle d’un problème systémique, en envisageant notamment des outils pratiques—allant de la prise de décision dans des conditions incertaines à des techniques intégrées de planification du stockage—pouvant simplifier les processus, faciliter la collaboration et, au bout du compte, aider les acteurs du secteur de l’eau à proposer des solutions de stockage résilientes, durables et intégrées, conçues pour durer plusieurs générations.
Plus généralement, le rapport invite les acteurs du secteur de l’eau à tous les niveaux à repenser leur manière de développer le stockage de l’eau, d’y investir et de le gérer. Les responsables des politiques dans les ministères chargés de l’eau et les ministères dont les activités intègrent l’eau, les ingénieurs, les écologues et les universitaires, les équipes de projet de la Banque mondiale et d’autres organismes internationaux de développement ont tous un rôle à jouer dans l’adoption et l’application des principes fondamentaux d’une stratégie de stockage intégrée.
SILIKIN VILLAGE est une initiative du Groupe TEXAF basé en République démocratique du Congo depuis 1925
Le Groupe TEXAF est une société belge cotée en bourse (Euronext) et est actuellement actif dans les secteurs de l’immobilier (2007), de l’industrie minière du grès (2011) et du numérique (2020).
Le Groupe TEXAF entend être un acteur majeur du développement du numérique en Afrique et notamment en RDC grâce à sa participation au fonds PARTECH AFRICA. À travers TEXAF DIGITAL, la filiale numérique du Groupe TEXAF, SILIKIN VILLAGE représente l’ambition de construire un écosystème d’entrepreneuriat numérique dans lequel des offres de soutien sont proposées aux partenaires et entrepreneurs locaux et internationaux.
Orange, partenaire majeur de l’Esport en Afrique et au Moyen-Orient organise la grande finale régionale du championnat panafricain « Orange Esport Experience », les 28 et 29 janvier 2023 à Abidjan
Le « gaming » constitue aujourd’hui une discipline professionnelle participant à la création de nombreux emplois, notamment dans le domaine de la cybersécurité
Depuis 2016, le Groupe Orange (www.Orange.com) accompagne le développement de l’Esport à travers l’organisation de compétitions nationales et internationales destinées à faire émerger de jeunes talents du « gaming » de la région. Officiellement créée en 2018, la compétition « Orange Esport Expérience » se tient en Côte d’Ivoire pour sa 4ème édition.
Pour cette nouvelle édition, ce sont 14 pays Africains qui participent à cette grande finale régionale : Bénin, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Ghana, Guinée, Madagascar, Mali, Maroc, République Démocratique du Congo, Sénégal, Centrafrique, Sierra Leone. Pendant deux jours, les champions de ces pays s’affronteront sur des jeux parmi les plus populaires au monde tels que Street Fighter V, FIFA 2023, eFootball 2023 (ex PES) et durant un match de démonstration sur League Of Legends.
Le « gaming » constitue aujourd’hui une discipline professionnelle participant à la création de nombreux emplois, notamment dans le domaine de la cybersécurité, de l’IA et de l’Open Innovation. On estime que l’Esport représente un marché de plus d’un milliard de dollars au niveau mondial.
Avec une population majoritairement jeune et la démocratisation de l’Internet Très Haut Débit, l’Afrique offre le cadre idéal pour cette discipline en plein essor
Brelotte Ba, Directeur Adjoint Orange Afrique et Moyen-Orient souligne : « Avec une population majoritairement jeune et la démocratisation de l’Internet Très Haut Débit, l’Afrique offre le cadre idéal pour cette discipline en plein essor. »
Mamadou Bamba, Directeur Général Orange Côte d’Ivoire affirme « En tant qu’acteur engagé en faveur du digital, du sport et de la culture en Afrique, Orange Côte d’Ivoire s’investit pour défendre l’innovation sous toutes ses formes. C’est donc un honneur d’accueillir cette année à Abidjan, la 4ème édition de l’Orange eSport Experience, initiative représentative d’une Afrique connectée. Si la Côte d’Ivoire peut désormais accueillir l’une des plus grandes compétitions de Esport, c’est notamment grâce aux efforts consentis par les acteurs privés afin d’offrir une connectivité de qualité à l’ensemble des populations ».
Enfin, Orange révèlera lors de la finale de cet évènement une première mondiale : « Max ta fierté ». Cette expérience inédite a pour but de promouvoir les cultures du continent dans les jeux vidéo. En effet, dans la multitude de jeux vidéo qui existent, aucun ne propose des costumes qui représentent l’Afrique ou le Moyen-Orient. L’objectif est de permettre aux joueurs de se représenter à travers des costumes issus de leurs régions d’origine, alliant tradition et modernité et conçus en collaboration avec 3 jeunes designers issus des différents pays de la région : Yasmine El Tazi pour la région MENA, Ibrahim Fernandez pour la région SSA et enfin Marie-Laure Jaomatana pour Madagascar. Ainsi, les joueurs du monde entier pourront désormais revêtir fièrement ces tenues traditionnelles dans des jeux.
Rapport de la Banque Africaine de Développement sur la croissance en Afrique 2023 et 2024
Le nouveau rapport de la Banque africaine de développement appelle à prendre des mesures politiques audacieuses pour aider les économies africaines à atténuer les risques cumulés
La croissance économique de l’Afrique devrait dépasser celle du reste du monde au cours des deux prochaines années, avec un produit intérieur brut (PIB) réel d’environ 4 % en moyenne en 2023 et 2024.
Ce chiffre est supérieur aux moyennes mondiales prévues de 2,7 % et 3,2 %, a indiqué le Groupe de la Banque africaine de développement dans son rapport Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique (https://bit.ly/3iLJF4C), dévoilé jeudi à Abidjan.
Grâce à une analyse complète de la croissance régionale, le rapport montre que les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme, bien qu’elles soient confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux. Il identifie également les risques et appelle à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles, pour y faire face.
Le rapport Performances et perspectives macroéconomiques sera publié aux premier et troisième trimestres de chaque année. Il vient compléter le rapport annuel de la Banque sur les Perspectives économiques en Afrique, qui se concentre sur les principaux thèmes politiques émergents qui sont pertinents pour le développement du continent.
Selon le rapport, la croissance moyenne estimée du PIB réel en Afrique a ralenti à 3,8 % en 2022, contre 4,8 % en 2021, dans un contexte de défis majeurs consécutifs au choc du Covid-19 et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Malgré ce ralentissement économique, 53 des 54 pays d’Afrique ont affiché une croissance positive. Les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme.
Toutefois, le rapport émet une réserve sur les perspectives compte tenu des risques mondiaux et régionaux actuels. Ces risques comprennent la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure. Les changements climatiques — avec leurs effets néfastes sur l’approvisionnement en denrées alimentaires et le risque potentiel d’un changement de politique dans les pays où se tiendront des élections en 2023 — représentent des menaces tout aussi redoutables.
Le rapport préconise l’adoption de mesures politiques audacieuses à l’échelle nationale, régionale et mondiale pour aider les économies africaines à atténuer ces risques cumulés.
Dans son allocution prononcée lors du lancement, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a déclaré que la publication de ce nouveau rapport intervenait à un moment où les économies africaines, confrontées à d’importants vents contraires, démontraient leur résilience.
« Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines », a-t-il déclaré. « Malgré la confluence de chocs multiples, la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022 — et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables. »
Niale Kaba, ministre de la Planification et du Développement de Côte d’Ivoire, a déclaré : « La publication de ce rapport par notre banque, le Groupe de la Banque africaine de développement, à cette période de l’année est une excellente opportunité pour l’Afrique et ses partenaires mondiaux. Nous avons besoin de ces mises à jour régulières pour évaluer les performances et les perspectives macroéconomiques de nos pays. Ces informations fiables faciliteront la prise de décision et la gestion des risques pour les investisseurs potentiels en Afrique. »
Les cinq économies africaines les plus performantes de la période pré-Covid-19 devraient connaître une croissance de plus de 5,5 % en moyenne en 2023-2024 et retrouver leur place parmi les dix économies les plus dynamiques du monde. Ces pays sont le Rwanda (7,9 %), la Côte d’Ivoire (7,1 %), le Bénin (6,4 %), l’Éthiopie (6,0 %) et la Tanzanie (5,6 %).
D’autres pays africains devraient connaître une croissance supérieure à 5,5 % au cours de la période 2023-24. Il s’agit de la République démocratique du Congo (6,8 %), de la Gambie (6,4 %), de la Libye (12,9 %), du Mozambique (6,5 %), du Niger (9,6 %), du Sénégal (9,4 %) et du Togo (6,3 %).
Lors du lancement, l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Center for Sustainable Development (Centre pour le développement durable) de l’université de Columbia, a salué le rapport qui, selon lui, montre que les économies africaines sont en pleine croissance et qu’elles progressent de manière constante.
Malgré la confluence de chocs multiples, la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022 — et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables
Sachs, qui est également chargé par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres de défendre les Objectifs de développement durable, a déclaré : « L’Afrique peut et va atteindre une croissance de 7 % ou plus par an de manière constante dans les décennies à venir. Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale », a-t-il déclaré. « L’Afrique est l’endroit où il faut investir », a-t-il ajouté.
Des politiques audacieuses pour aider les économies africaines à atténuer les risques cumulés
Le rapport préconise l’adoption de mesures fortes pour faire face à ces risques. Celles-ci comprennent un mélange de politiques monétaires, fiscales et structurelles, notamment :
– un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation, et un resserrement modéré dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles. La coordination efficace des actions budgétaires et monétaires optimisera les résultats des interventions ciblées visant à maîtriser l’inflation et les pressions budgétaires.
– Le renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain, notamment en ce qui concerne les produits manufacturés, afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies.
– L’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures.
– L’amélioration de la gouvernance institutionnelle et l’adoption de politiques susceptibles de mobiliser les financements du secteur privé, en particulier dans le cadre de projets entièrement nouveaux, à l’épreuve des changements climatiques et des pandémies, et mobiliser les ressources de l’Afrique pour un développement inclusif et durable.
– La prise de mesures décisives pour réduire les déficits budgétaires structurels et l’accumulation de la dette publique dans les pays confrontés à un risque élevé de surendettement ou déjà en situation de surendettement.
Aperçu des perspectives économiques dans les régions
Malgré la confluence de multiples chocs, la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022 — et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables.
Afrique centrale – Soutenue par des cours favorables des matières premières, la croissance est estimée avoir été la plus rapide du continent à 4,7 %, contre 3,6 % en 2021.
Afrique australe — La croissance est celle qui a le plus ralenti, passant de 4,3 % en 2021 à environ 2,5 % en 2022. Ce ralentissement résulte de la faiblesse de la croissance en Afrique du Sud, où la hausse des taux d’intérêt, la faiblesse de la demande intérieure et les coupures de courant persistantes ont pesé sur l’économie.
Afrique de l’ouest — La croissance devrait ralentir à 3,6 % en 2022, contre 4,4 % en 2021. Cela tient à des ralentissements en Côte d’Ivoire et au Nigeria, les deux plus grandes économies de la région. La croissance du Nigeria en 2023 — bien qu’affectée par le Covid-19, l’insécurité et la faiblesse de la production pétrolière malgré la hausse des prix internationaux du pétrole — pourrait bénéficier des efforts en cours pour rétablir la sécurité dans la région productrice de pétrole en proie à des troubles.
Afrique du Nord — La croissance devrait baisser de 1,1 %, passant de 5,4 % en 2021 à 4,3 % en 2022, en raison de la forte contraction en Libye et de la sécheresse au Maroc. La croissance devrait se stabiliser à 4,3 % en 2023, soutenue par un fort rebond attendu dans ces deux pays et une croissance soutenue ailleurs dans la région.
Afrique de l’Est — La croissance devrait ralentir à 4,2 % en 2022, contre 5,1 % en 2021. Toutefois, elle devrait se redresser pour atteindre en 2023 et 2024 la moyenne prépandémique supérieure à 5,0 %. Bien que la structure de production de l’Afrique de l’Est soit relativement diversifiée, les pays de la région sont en grande partie des importateurs nets de produits de base. Ils subissent donc de plein fouet la hausse des prix internationaux, en plus des chocs climatiques récurrents et de l’insécurité, notamment dans la Corne de l’Afrique.
Au cours de sa présentation, l’économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque africaine de développement, Kevin Urama, a fait remarquer que l’Afrique reste une destination favorable aux investissements dans le capital humain, les infrastructures, le développement du secteur privé et le capital naturel.
M. Urama a déclaré : « L’Afrique a un rôle important à jouer dans la stimulation de la croissance inclusive et du développement durable au niveau mondial. Il existe de nombreuses opportunités d’investissements intelligents dans des secteurs clés : agriculture, marchés de l’énergie, minéraux, infrastructures de santé et industries pharmaceutiques, industrie légère, transport et logistique, économie numérique, etc. Le continent reste une mine d’or pour les investisseurs avisés à l’échelle mondiale. »
Pour plus d’informations et pour télécharger le rapport, cliquez ici (https://bit.ly/3iLJF4C).
C’est à Paris que nous avons pu rencontrer pour la première fois George Arthur Forrest. A l’occasion de la sortie de son livre « Un siècle de rêves, ensemble, bâtissons l’avenir ».
Le groupe Forrest qui opère en RDC n’est plus à présenter, c’est donc ici à la fois sur l’homme que nous nous permettrons de nous attarder en quelques lignes, mais aussi sur sa vision du monde d’aujourd’hui, l’Afrique et la RDC.
Entrepreneur humaniste c’est ce qui me vient à l’esprit si je dois définir ma rencontre avec M. Forrest. Arrivé en avance il m’a immédiatement accordé un échange sans tabou ni retenue sur sa vision de ce siècle de rêve comme il le définit mais aussi et surtout sur son inépuisable envie de participer au développement de la RDC, comme il l’a toujours fait avec passion et énergie.
Il aborde bien sur un des sujets essentiels : l’agriculture et les projets que le groupe est en cours de déploiement près de Kinshasa avec différents programmes aussi innovants que passionnants mais avec toujours en ligne de mire deux mots clés : innovation et impact. Oui ces projets doivent améliorer les conditions de vie mais aussi être pérennes et donc source de revenus, il faut viser une efficience. Des revenus qu’il entend partager, avec des emplois locaux, un savoir-faire congolais, du « made in africa » et une redistribution réelle et c’est ainsi qu’il définit sa vision du Congo d’aujourd’hui, un pays gigantesque qui doit se prendre en main avec des dirigeants aussi impliqués qu’engagés pour lutter contre les fléaux que sont la corruption l’insécurité ou la pauvreté !
Le livre Un siècle de rêve illustre simplement et de manière pragmatique l’incroyable parcours de la famille Forrest de la Nouvelle-Zélande en Afrique du Sud puis au Katanga en République Démocratique du Congo avec la ville de Lubumbashi ou Kowezi toujours au Katanga ou la famille Forrest va s’implanter et déployer ses activités pour ensuite les multiplier sur l’ensemble du pays.
George Arthur Forrest est de la troisième génération, l’homme est comme son père un visionnaire qui à su développer ses activités mais aussi les redéployer après de difficiles périodes comme la « zairinisation » du pays de l’époque de Mobutu qui déchoit les propriétaires blancs de leurs entreprises pour les donner à des entrepreneurs locaux. M. Forrest saura attendre puis bâtir à nouveau. Relever les défis un à un, modifier ses entreprises, embaucher former et reconstruire à nouveau tout au long des crises et des époques fastes ou des coups d’états.
Construction des routes en République Démocratique du Congo – Forrest Groupe
Visionnaire il l’est, c’est une évidence tant la difficulté d’entreprendre en RDC est forte et au vu de qui a été accompli il faut imaginer la pugnacité nécessaire pour monter de tels projets. Le dialogue pour lui est prépondérant voire systématique, il sait comment faire et ça se sent, un mélange de patience d’obstination, de persévérance mais aussi de connaissance parfaite d’un écosystème économique et culturel complexe. Échanger écouter s’entendre et se comprendre c’est son leitmotiv. Il le dit : il faut résoudre les problèmes quel qu’ils soient, être force de proposition, de solutions et à tout moment.
Enfin il le dit sans ombrage l’Europe dialogue trop peut et ne s’implique pas assez pour résoudre les crises, c’est son avis sans critiques acerbes mais pour un homme qui fréquente de grandes personnalités, les décideurs, les politiques et les grands de ce monde il doit y avoir du vrai. L’emploi et le social sont pour lui les clés du développement, des mots qui sonnent comme des indicateurs à mettre en amont de chaque programme, chaque projet ou action qui peut mener à avancer conjointement pour une croissance plus durable. De l’emploi et du social, c’est aussi les thématiques plus que nécessaires dans les grands projets portés par les bailleurs de fonds et avec les états, en somme il le dit clairement dans l’ouvrage : il faut plus de PPP, il est indispensable d’accélérer et d’amplifier la mise en place de grands projets mêlant les Partenariats Public Privé. C’est ici aussi une question d’industrialisation pour la RDC et l’Afrique tout entière.
Félix Tshisekedi et George Arthur Forrest : À l’occasion de 100 ans d’anniversaire de l’Entreprise Générale Malta Forrest « EGMF », George Arthur Forrest, président du Groupe Forrest International, a été élevé, mercredi 7 septembre à Kinshasa, au rang de « Grand Cordon » dans l’ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba, par le chancelier des ordres nationaux, sur ordre du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.
George Arthur Forrest est ferme avec les ONG même si pour lui l’engagement et la solidarité doivent être en synergie avec le développement. Il ne faut pas mélanger lobby et programmes à impact, aide au développement et humanitaires, les sujets sont complexes, parfois liés mais ne méritent pas de raccourcis aléatoires sur les grands enjeux que sont la pauvreté, l’insécurité comme au Kivu ou la lutte contre la faim touchant des millions d’habitants. George Arthur Forrest cite ici un proverbe africain « La vérité peut tourner longtemps en brousse, elle finit toujours par rentrer au village ».
L’homme, ses valeurs, ses piliers, sa famille
Il n’est pas possible de s’engager à ce point, toute une vie sans être un passionné avec l’entrepreneuriat chevillé au corps. Créer une entreprise, s’engager en famille, avec ses employés (dont certains vont le défendre alors qu’il allait se faire assassiner par des rebelles), vivre une telle aventure sans être un réel passionné du Congo, de son peuple de sa culture et de sa diversité. George Arthur Forrest est un homme finalement et certainement bien plus qu’engagé, c’est un bâtisseur mais aussi et surtout un homme déterminé à permettre aux congolais de participer au développement de ce gigantesque pays pour rêver ensemble d’en faire une des locomotives de la croissance mondiale dans les prochaines années.
Le Docteur Mukwege et George Arthur Forrest
George Arthur Forrest le martèle, le Congo dispose de tout : les matières premières (cuivre, cobalt, coltan, diamant, bois mais aussi sable, eau et gisement solaire), de la jeunesse avec une population réelle de plus de 100 millions d’habitants et la première ville francophone au monde, et enfin une position géostratégique puissante avec un accès à la mer et des voisins qui pour la plupart suivent une logique de développement croissant comme l’Ouganda, le Congo, le Rwanda ou la Zambie, l’Angola et la Tanzanie. Il faut bâtir et reconstruire ce qui à été détruit, donner envie aux citoyens de s’investir avec les clés citées plus haut et le pouvoir d’entreprendre sans avoir peur de s’engager.
Trois générations, c’est aussi le cadre temporel d’une mise au point, d’un hommage au Congo, à une aventure, un rêve accompli ?
« L’occasion aussi dans ce livre de remettre personnellement les choses en place sur ce qu’il se dit de moi, de mon entreprise, du Congo. Et de la part d’un homme qui n’a plus rien à prouver », M. Forrest tient à remettre les choses dans l’ordre. Parler des gens c’est une chose mais comme disait Nelson Mandela « ceux qui parlent de moi sans moi parlent contre moi »…
Ce livre c’est donc aussi un voyage pour comprendre le sentier sinueux qu’à pris une famille comme des milliers d’autres, le sentier de la vie ailleurs, hors de sa terre natale, celle de l’aventure et de la quête de sens. Un sens si recherché de nos jours ! Un ouvrage sur le Congo debout, fait d’hommes et de femmes qui croient en ce gigantesque pays si riche mais qui semble parfois hésiter dans ce parcours de développement d’une histoire complexe, de cette Afrique centrale et qui semble parfois vaciller puis mystérieusement se relever, un colosse d’argile qui deviendra peut-être de bronze ou d’or tel un continent à lui seul tant il est gigantesque et potentiellement si puissant.
George Arthur Forrest à Kinshasa
Dans ce parcours de vies les Forrest sont ensemble, unis et posent toujours les faits avec un trait d’optimisme et de positif qui fait que même le grand Père George Forrest évoquera une belle Afrique du Sud auprès de son fils Malta mais aussi des autres, donnant envie d’aller à la découverte de ce continent, et finalement se donnant aussi l’intime conviction que son parcours, ce sentier, cette piste elle était bien en Afrique et non en Nouvelle-Zélande.
Ce livre permet aussi de comprendre le programme Move with Africa qui a été mis en place par George Arthur Forrest et qui vise à permettre des voyages d’échange entre jeune Africains et Européens et donc d’aller à la découverte des autres, des cultures et des pays. Des voyages qui permettent un enrichissement mutuel, là aussi un lien social et culturel important pour développer des relations internationales et peut-être tisser des liens pour les futures générations ?
Thierry Barbaut
Un siècle de rêves, reconstruisons l’avenir – George Arthur Forrest
Découvrez l’avant propos du livre de George Arthur Forrest, « un siècle de rêves »
George Arthur Forrest :
Au moment de passer à mes enfants le témoin que j’avais reçu de mon père il y a près d’un demi-siècle, je songe à cette année 1922, date de la création de l’Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF), ancêtre du Groupe Forrest International (GFI), dont aujourd’hui nous fêtons le centenaire.
Un siècle de rêves dans le long cheminement d’une aventure humaine. Un siècle de dur labeur, de joies et de déceptions, d’endurance et d’espérances. Une sueur abondante mais féconde a arrosé ce long et pénible chemin fait d’embûches, d’obstacles, de déchirements, de crises, de redressements, d’attentes, d’angoisses, de joies et de réussites à toujours consolider…
Un siècle de combats et de réalisations quotidiennes, un siècle porté, irrigué et traversé par la constance d’une foi en la capacité d’entreprendre et d’aller de l’avant.
Trois générations : celle de mon père, la mienne et aujourd’hui celle de mes enfants.
Pourquoi ce livre, alors que les livres, les récits, les articles et les propos sur l’aventure des Forrest en général, et sur moi en particulier, ne manquent pas ?
Une encre abondante a coulé pour décortiquer et analyser, apprécier et évaluer, jauger et juger, saluer ou flétrir la saga familiale avec, la plupart du temps, un focus particulier sur ma modeste personne.
Pourquoi ce livre, qui n’est pas un livre de « mémoires » comme on en écrit souvent à la fin de sa carrière, au moment où l’on se retire ? Mes mémoires, peut-être les écrirai-je prochainement car, à coup sûr, j’ai le souci de partager ce que j’ai vécu, ce dont j’ai été le témoin direct et ainsi pourrai-je m’appesantir sur plus de faits et plus de détails que je ne le fais ici. Le présent livre, à la demande insistante de quelques proches, famille, amis et collaborateurs, j’ai accepté de l’écrire pour accompagner un événement très important pour moi, ma famille et mes milliers de collaborateurs. Il s’agit de la commémoration du centenaire de la naissance de notre entreprise familiale. Ce livre est un témoignage que je dois à mon père, à ma mère, à mes enfants et petits-enfants, mais aussi à tous ceux qui, de près ou de loin, ont, à des moments différents, accompagné ce long cheminement. Mais je le dois aussi à mon grand-père et homonyme George Forrest, par qui tout commença depuis la lointaine Nouvelle-Zélande. C’est enfin un juste hommage à un rêve, à une trajectoire, à une vie de labeur mais aussi à un pays : le Congo.
Je ne suis ni historien, ni homme politique ni sociologue. Aussi, je ne commettrai pas un ouvrage de spécialiste. Je suis juste un homme d’affaires, un opérateur économique, un industriel évoluant dans un environnement déterminé, qui ne peut ignorer ou faire fi de la politique, de l’histoire, de la sociologie, etc.
En effet, le hasard, si tant est qu’il existe, et les circonstances de la vie m’ont mis dans la position de celui à qui incombait la responsabilité de reprendre le flambeau, après la disparition de mon père et celle de mon frère Victor, mais aussi et surtout celle de consolider les bases de l’entreprise familiale, de la développer par la diversification de ses activités et de la projeter dans le futur.
Aussi, c’est dans le contexte fiévreux des années qui ont précédé la proclamation de l’indépendance du Congo que mon père m’a envoyé en Belgique pour y poursuivre mes études. Je n’avais pas encore 20 ans que je vivais déjà pleinement les convulsions de la douloureuse et dramatique décolonisation de mon pays de naissance, une terre qui est ma patrie et dont le limon est dans la substance de ma chair.
J’aime passionnément le Congo, ce « continent » logé au cœur du continent africain. Quatre-vingts fois plus grande que le pays qui l’a colonisée, la République démocratique du Congo (RDC) s’étend sur une superficie de 2 400 000 kilomètres carrés.
Ce « géant » de l’Afrique centrale a des frontières communes avec neuf pays : le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine, le Soudan, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et l’Angola. Le pays possède une courte façade maritime par la localité de Matadi. Son territoire s’étale sur deux fuseaux horaires. Le pays est traversé par le majestueux fleuve Congo, le deuxième plus grand du monde après le Mississippi. Il prend sa source sur les hauts plateaux à la limite de l’Afrique australe, et à partir du lac Tanganyika, déambule sur un lit de près de 5 000 kilomètres, allant de Kindu à la mer en passant par Muanda, Mbandaka, au cœur de la province de l’Équateur, par Boma, Kisangani, Brazzaville, Kinshasa, avant d’aller se jeter dans l’océan Atlantique à Matadi.
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Je ne suis ni historien, ni homme politique ni sociologue. Aussi, je ne commettrai pas un ouvrage de spécialiste. Je suis juste un homme d’affaires, un opérateur économique, un industriel évoluant dans un environnement déterminé, qui ne peut ignorer ou faire fi de la politique, de l’histoire, de la sociologie, etc.
En effet, le hasard, si tant est qu’il existe, et les circonstances de la vie m’ont mis dans la position de celui à qui incombait la responsabilité de reprendre le flambeau, après la disparition de mon père et celle de mon frère Victor, mais aussi et surtout celle de consolider les bases de l’entreprise familiale, de la développer par la diversification de ses activités et de la projeter dans le futur.
Aussi, c’est dans le contexte fiévreux des années qui ont précédé la proclamation de l’indépendance du Congo que mon père m’a envoyé en Belgique pour y poursuivre mes études. Je n’avais pas encore 20 ans que je vivais déjà pleinement les convulsions de la douloureuse et dramatique décolonisation de mon pays de naissance, une terre qui est ma patrie et dont le limon est dans la substance de ma chair.
J’aime passionnément le Congo, ce « continent » logé au cœur du continent africain. Quatre-vingts fois plus grande que le pays qui l’a colonisée, la République démocratique du Congo (RDC) s’étend sur une superficie de 2 400 000 kilomètres carrés.
Ce « géant » de l’Afrique centrale a des frontières communes avec neuf pays : le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine, le Soudan, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et l’Angola. Le pays possède une courte façade maritime par la localité de Matadi. Son territoire s’étale sur deux fuseaux horaires. Le pays est traversé par le majestueux fleuve Congo, le deuxième plus grand du monde après le Mississippi. Il prend sa source sur les hauts plateaux à la limite de l’Afrique australe, et à partir du lac Tanganyika, déambule sur un lit de près de 5 000 kilomètres, allant de Kindu à la mer en passant par Muanda, Mbandaka, au cœur de la province de l’Équateur, par Boma, Kisangani, Brazzaville, Kinshasa, avant d’aller se jeter dans l’océan Atlantique à Matadi.
Un adage nous dit que tant que le fleuve va vers la mer, il reste fidèle à sa source. Je suis fidèle à ma source katangaise et à mon pays le Congo. Mon ambition pour cette terre est sans limites, sans limites car son incroyable potentiel est presque sans limites : sol, sous-sol, minier, hydraulique, climatique, humain…
Pourquoi ce livre ?
Riche de mon ascendance néo-zélandaise, de mon droit du sol africain et de ma citoyenneté belge, je suis comme une passerelle vivante entre trois continents dans un monde aujourd’hui plus que jamais conscient du danger du repli sur soi et de l’ignorance de l’autre.
Je suis un industriel et un opérateur économique profondément convaincu du rôle majeur du secteur privé en tant que levier nécessaire et incontournable dans l’émergence d’une nouvelle Afrique qui apportera au monde un supplément d’âme.
En écrivant ce livre-récit, je veux juste témoigner en faisant appel à mes souvenirs d’enfance, d’adolescence et d’homme mûr avant que ma mémoire se brouille. Faire remonter des souvenirs et partager un vécu individuel et collectif, familial et national. Dire ma petite part de cette histoire tant de fois évoquée par des historiens, des chroniqueurs, des politologues, des acteurs politiques, de nombreux journalistes et toutes sortes de narrateurs, qu’ils soient bien informés ou juste approximativement, ou même pas du tout.
Dire ma part, dire ma vérité, non pas pour répondre sur tout ce qui a été écrit et dit sur moi ou sur les entreprises de mon groupe – ce livre, même en plusieurs tomes, n’y suffirait pas –, mais juste contribuer objectivement et fermement à remettre certaines choses en place pour mieux faire comprendre notre aventure, notre saga.
Je n’ai plus rien à prouver et je n’éprouve nullement le besoin de me justifier par rapport à mes choix et aux actes que j’ai posés, mais je tiens à rétablir la vérité des faits là où, volontairement ou involontairement, elle a été mise de côté. Et comme le dit si bien un beau proverbe africain, « la vérité peut traîner longtemps en brousse mais elle finit toujours par rentrer au village ».
Pourquoi ce livre ?
Je suis un Africain blanc qui a vécu son enfance sous la colonisation et qui a vu en soixante ans le continent se transformer. Nous avons vécu les pires traumatismes, mais la jeunesse du continent, la richesse naturelle de nos pays, la résurgence d’une quête de dignité et de respect et la reconfiguration économique du monde constituent un atout considérable pour changer la vie de nos concitoyens, pour faire revenir une foi en l’avenir. Une foi dépouillée des faiblesses d’avant et de la crainte de l’autre. Une foi en une commune humanité issue de la diversité de nos trajectoires et de nos vécus.
Ce livre se veut une restitution, un témoignage sur l’Afrique de mes rêves et aussi un appel à une jeunesse désormais majoritaire dans la population du continent.
Dans ce livre, je me raconte, je donne de ma personne, je fends l’armure, faisant offense à ma pudeur, pour ouvrir à mes lecteurs une partie de mon intimité. Je parle du vécu de mon père, de son aventure, de son itinéraire de vie, de tous ces éléments qui ont abouti à la création du Groupe Forrest International.
Le destin de mon père est celui de millions de gens qui quittent leur terre natale pour emprunter le sentier sinueux et surprenant de l’aventure en quête de sens. Le monde appartient à qui vient du large. Le parcours de Malta Victor Forrest est le symbole des âmes assoiffées d’ailleurs qui décloisonnent les mondes, qui refusent les assignations et qui s’insèrent dans des univers différents mais toujours munis de leur force de travail et de leur foi en le génie humain.
J’évoque mon parcours, mes combats, mes rêves, mes échecs, mes blessures, mes succès, mais aussi ma foi en la capacité de transformer le réel si on a la conviction et la ferme volonté de le faire. Le réel, au Congo, peut changer et charrier de belles réussites qui seront le fruit de son énorme potentiel.
J’évoque aussi ma famille ainsi que les hommes et les femmes qui, avec moi, ont rêvé et rêvent encore de faire du Congo une nation debout dans une Afrique prospère. J’ai eu la chance de beaucoup voyager, d’avoir rencontré des hommes et des femmes formidables qui m’ont apporté chacun leur part d’humanité et qui tous ensemble ont contribué à forger l’homme que je suis devenu au fil des années. Quelques-uns parmi eux sont devenus des amis proches. Ces amis m’ont nourri et ont rempli mon cœur d’émotions et ma tête de beaux souvenirs.
Et, certainement le plus important, j’évoque le Congo, ce pays qui m’a vu naître, cette terre qui est mon royaume d’enfance et où dorment mes morts. Ce pays fascinant et riche de sa diversité physique, linguistique et culturelle. Ce pays mien qui est le symbole de la richesse d’une Afrique qui, malgré des siècles de négation de sa dignité et de son humanité, se tient encore debout, croit en son avenir et se bat avec courage et lucidité pour reprendre sa place légitime dans le concert des nations du monde.
les entreprises françaises au Rwanda avec Emmanuel Macron
Avec La Banque Mondiale
En ces temps compliqués, marqués par l’inflation, le changement climatique, les pandémies et les tensions géopolitiques, on ne peut qu’être préoccupé par la situation des économies les plus pauvres, notamment en Afrique.
A juste titre, l’insécurité alimentaire, les pertes en capital humain, l’adaptation au changement climatique, les conflits et les déséquilibres macroéconomiques reçoivent une attention prioritaire de la part des citoyens, des gouvernements et des institutions de développement. Avec, sans nul doute, un refrain « d’Afro-pessimisme » : confrontés à de trop nombreux problèmes, les pays africains ne s’extrairont jamais du piège de la pauvreté.
Plusieurs facteurs peuvent potentiellement expliquer ce développement positif : l’adoption de meilleures politiques économiques et sociales, une priorité grandissante accordée par les institutions financières internationales aux pays les plus pauvres, et des fondamentaux économiques qui impliquent un retour sur investissement plus élevé dans les pays les moins capitalisés.
Mais il est également probable que les efforts d’intégration régionale (et globale) accomplis en Afrique depuis 2000 aient significativement contribué à ce développement, permettant aux économies les plus pauvres d’accéder à de plus grands marchés, et d’attirer plus de ressources humaines, financières et technologiques pour soutenir leur développement. Depuis 2000, la part du commerce intra régional dans le commerce de l’Afrique a doublé, les biens et services échangés au sein du continent possèdent plus de valeur ajoutée que ceux échangés avec le reste du monde , en raison, notamment, du développement des infrastructures de connectivité, de transport, d’électricité, digitales, des marchés financiers régionaux et des efforts de facilitation du commerce transfrontalier. De fait, même s’il est difficile de le vérifier pour des raisons méthodologiques, la convergence des revenus par habitant est ce qu’on est en droit d’attendre de l’intégration régionale, comme observé par exemple au sein de l’Union Européenne.
Cette performance doit être perçue comme un encouragement à accélérer les efforts d’intégration régionale, d’autant plus que les opportunités de rapprochement économiques avec les autres régions s’amenuisent en raison des tensions géopolitiques actuelles et des appels à la relocalisation des activités économiques. L’accord de libre-échange continental Africain (AfCFTA) offre cette opportunité, et les efforts doivent être poursuivis pour appliquer les réductions de tarifs douaniers déjà négociées, pour parvenir à un accord sur les services digitaux en particulier, en raison de leurs promesses stimulées par l’urbanisation galopante, et pour accélérer la facilitation du commerce. Ceci encouragera en retour l’investissement lié au commerce et le développement de chaînes de valeurs régionales dans de nombreux secteurs, de l’agriculture commerciale et de l’industrie légère aux produits pharmaceutiques et aux véhicules, ainsi que la création de millions d’emplois (jusqu’à 18 millions en 2035, selon une étude récente de la Banque Mondiale sur l’effet attendu de l’AfCFTA).
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