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Le fossé s’élargit entre « Sauvons le Togo » et le pouvoir de Faure Gnassingbé

Le collectif Sauvons le Togo (CST) a organisé, mercredi 22 août à Lomé, une seconde journée de mobilisation violemment réprimée par la police. Le mouvement d’opposition affirme désormais ne plus vouloir discuter avec le pouvoir et exige la démission du président Faure Gnassingbé.

Pour le second jour consécutif, les forces de l’ordre ont violemment réprimé la manifestation du collectif Sauvons le Togo qui avait bravé la veille l’interdiction du gouvernement de défiler dans des quartiers à « forte activité commerciale ». Dès les premiers instants de la marche, mercredi 22 août, la police a utilisé des gaz lacrymogène, alors que – contrairement à mardi – la manifestation avait été autorisée et l’itinéraire préalablement validé par les autorités.

Les manifestants – plusieurs milliers – ont riposté par des jets de pierres sur les forces de l’ordre et les affrontements ont duré toute la journée dans le quartier de Bé, fief de l’opposition. « À partir du moment où nous avons convenu d’un itinéraire, il faut laisser un certain temps aux forces de l’ordre pour qu’elles prennent les dispositions afin de canaliser la circulation, ce qui n’a pas été le cas, explique Gilbert Bawara, le ministre de l’Administration territoriale. C’est ce malentendu qui a entraîné la bousculade. Il n’y a jamais eu l’intention de disperser la foule ».

« Coup de force »

Face à la « brutalité » des forces de l’ordre, les organisateurs de la manifestation ont affirmé avoir constaté un « coup de force », tel que définit par l’article 150 de la Constitution togolaise, et ont renoncé au troisième jour de protestation prévu jeudi. Ils estiment que la « duplicité » du pouvoir togolais ruine tout effort pour trouver une solution négociée.

« Nous ne marcherons plus. Nous n’allons plus dialoguer avec qui que ce soit. C’est fini. Nous exigeons leur départ [celui des responsables au pouvoir, NDLR] », martèle Zeus Ajavon, le Coordinateur du Collectif, qui demande également « au peuple togolais de prendre ses responsabilités ». Un appel à la désobéissance civile qu’on se refuse pour l’heure à commenter du côté du gouvernement. Le collectif réclame, entre autres, la modification du code électoral. Les élections législatives sont théoriquement prévues en octobre prochain.
Thierry Barbaut
Source: www.jeuneafrique.com

 

 

Toyota : un centre logistique au Kenya pour desservir 13 pays africains

Toyota Tsusho Corporation (TTC), la filiale commerciale et d’investissement du constructeur automobile Toyota, installe un hub logistique à Nairobi qui sera utilisé pour desservir 13 pays d’Afrique sub-saharienne.

L’investissement de 1,28 milliards de shillings (15 millions $) réduira les coûts et délais d’importation de véhicules du Japon et servira aussi de centre de formation aux techniques automobiles.

Présent au Kenya depuis 1962, TTC vient d’officialiser une coopération avec le Kenya Vision 2030 Delivery Board afin d’accompagner le développement de projets structurants dans le domaine de l’automobile, de l’énergie, de la production d’électricité, du pétrole et des ressources minérales, l’infrastructure environnementale, agricole et des champs d’industrialisation….

Le géant français du luxe et de la distribution PPR (Pinault Printemps Redoute) a annoncé jeudi 26 juillet qu’il allait vendre un bloc d’actions représentant 29,8% du groupe de distribution CFAO au japonais Toyota Tsusho Corporation pour 685,4 millions d’euros

Le groupe japonais deviendra le principal actionnaire de CFAO à l’issue de l’opération qui sera finalisé début août et qui valorise 100% du capital de CFAO à 2,3 milliards d’euros.

Le prix proposé (37,5 euros par action) offre une prime de 15% sur celle des six derniers mois (32,50 euros) et de 28% sur sa moyenne des 12 derniers mois (29,50 euros).

PPR apportera sa participation résiduelle de 12,5% à l’offre publique d’achat (OPA) que Toyota Tsusho Corporation (TTC) prévoit de lancer au prix de 37,5 euros par action au plus tard le 15 septembre.

En plus de la rentabilité intrinsèque de CFAO, TTC ambitionne d’écouler via le réseau maillé de CFAO (Compagnie française de l’Afrique occidentale) 2 millions de véhicules par an en Afrique d’ici 2018.

TTC est un conglomérat diversifié présent dans de nombreuses activités (distribution automobile, énergie, santé, chimie, équipement, biens de consommation…). Le chiffre d’affaires de TTC s’élève à 74 milliards $ (61 milliards d’euros) et sa capitalisation boursière à 6,5 milliards de dollars.

CFAO, entreprise centenaire a réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros en 2011. Sa capitalisation boursière était de 2,8 milliards d’euros au cours de clôture de mercredi 25 juillet.

Thierry Barbaut
Source: www.agenceecofin.com

Madagascar: L’Afrique Australe parle d’éléctions sans Raejolina et Ravalomanana

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) bouclait samedi à Maputo un sommet annuel largement consacré à Madagascar, si bien que ses dirigeants n’allaient avoir que peu de temps à consacrer aux autres crises régionales. Désespérant de pouvoir mettre d’accord les deux principaux protagonistes de la crise, les quinze pays de la SADC envisagent désormais l’organisation d’élections à Madagascar sans l’ancien président Marc Ravalomanana ni l’actuel président de la Transition Andry Rajoelina, selon le ministre seychellois des Affaires étrangères Jean-Paul Adam.

« Alors que le sommet reconnaît le droit à chaque individu de se présenter aux élections, il a pris note des recommandations de l’équipe de médiation de la SADC qui a dit que si les deux présidents devaient ne pas se présenter, cela faciliterait l’ensemble du processus d’apaisement conduisant à des élections pacifiques », a-t-il précisé à l’AFP. « L’idée que les deux ne se présentent pas a été attentivement considérée par le sommet », a-t-il ajouté en français.

Les deux intéressés, présents en ville, n’avaient pas officiellement réagi à la mi-journée, a-t-il noté, alors que la cérémonie de clôture, officiellement prévue en début d’après-midi, a été reportée à 15h00 GMT. L’organisation régionale tente de mettre d’accord sur un processus de sortie de crise MM. Ravalomanana et Rajoelina, le premier ayant été renversé par le second en 2009.

Rencontre aux Seychelles

Marc Ravalomanana, exilé en Afrique du Sud, veut rentrer pour se présenter à la présidentielle, prévue en mai 2013, mais Andry Rajoelina s’y oppose, mettant en avant des problèmes de sécurité publique et rappelant que son adversaire a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l’ont emporté.

« Sur la question du retour du président Ravalomanana, une mission spécifique va être chargée d’évaluer ses implications pour la sécurité et il y a un accord sur le fait que le retour du président Ravalomanana sera réglé de façon à ce qu’il n’y ait pas de menace pour la sécurité de Madagascar, ni de menace pour lui-même », a expliqué Jean-Paul Adam.

Les Seychelles ont accueilli ces dernières semaines deux rencontres entre MM. Ravalomanana et Rajoelina sans qu’ils puissent aplanir leurs différends.
Le sommet de Maputo, entamé vendredi, devait aussi aborder, entre autres sujets, la situation au Zimbabwe et en République démocratique du Congo (RDC). « Nous allons aborder tous ces sujets », a confirmé le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Marius Fransman.

Au Zimbabwe, les principaux partis se sont mis d’accord en juillet sur un projet de Constitution –préalable à l’organisation d’élections–, mais le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe, ce qui fait craindre un nouveau blocage. Concernant la RDC, les dirigeants de la SADC devaient se prononcer sur l’éventuel envoi d’une « force neutre », évoqué lors d’une récente réunion à Kampala, dans l’est du pays où le mouvement rebelle M23 –appuyé par le Rwanda selon l’ONU– a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250.000 personnes à fuir les combats.

Le sommet s’est poursuivi samedi en l’absence de l’homme fort de la SADC, le président sud-africain Jacob Zuma, qui est rentré précipitamment suite au massacre de la mine de Marikana (nord), où 34 mineurs grévistes ont été tués par la police jeudi.

Thierry Barbaut
Sources: www.jeuneafrique.com

 

Mali: « des centaines d’enfants-soldats »

Des centaines d’enfants sont recrutés par les groupes armés du Nord du Mali, s’est alarmée aujourd’hui l’UNICEF, appelant toutes les parties à s’assurer que les enfants ne participent pas aux hostilités.

« L’UNICEF a reçu des informations crédibles selon lesquelles des groupes armés dans le nord du Mali recrutent et utilisent de plus en plus d’enfants à des fins militaires. Des sources fiables ont déclaré que le nombre des enfants engagés se comptait en centaines et semblait s’accroître », a déclaré un porte-parole de cette organisation des Nations unies à Genève. En juillet dernier, l’UNICEF avait déjà indiqué qu’au moins 175 garçons âgés de 12 à 18 ans avaient directement été associés à des groupes armés dans le nord, a rappelé ce porte-parole.

Les enfants « sont utilisés par tous les groupes armés comme combattants, porteurs, aide-cuisiniers, messagers, sentinelles. Certains se joignent volontairement aux militaires, en raison de la grande pauvreté de leur famille », a déclaré la porte-parole de l’UNICEF à Genève. Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), groupe islamiste armé allié à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), occupent depuis fin mars tout le nord du Mali, soit les deux-tiers du territoire.

Par ailleurs le CICR a annoncé augmenter ses opérations d’aide alimentaire à la population malienne, commençant des distributions de rations dans la région de Kidal, dans le nord, dont 36.000 personnes bénéficieront. Ces distributions réalisées avec l’aide de la Croix rouge malienne ont concerné 120.000 personnes en juillet dans les régions de Gao et Tombouctou, également dans le nord occupé par les islamistes.

Le chef de la délégation du Comité international de la Croix Rouge pour le Mali et le Niger, Jean-Nicolas Marti, a pu se rendre à Gao où il a pu s’entretenir avec des notables de la ville et des responsables des groupes armés présents dans la cité.

C’est la première fois qu’un responsable du CICR visite le nord du Mali depuis janvier. Le CICR y travaille avec l’aide de la Croix rouge malienne. Outre l’aide alimentaire et l’assistance aux prisonniers, il a notamment remis en route des centres de santé, en particulier l’hôpital de Gao, pillé en mars et rendu opérationnel dès avril.

Thierry Barbaut
Sources: www.afp.fr

 

 

Nord-Mali : compromis militaire entre Bamako et Cedeao

La thèse de l’intervention militaire contre les islamistes est relancée

La Communauté économique de développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le gouvernement malien ont trouvé un terrain d’entente. Les deux parties sont parvenues à un accord sur l’intervention militaire au Nord-Mali. Comme attendu, l’armée malienne mènera les opérations et les forces de la Cedeao l’appuieront par des frappes aériennes.

 

De la discorde au compromis. Pas plus tard que ce mardi 14 août, la Communauté économique de développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le gouvernement malien divergeaient sur la question de l’envoi de troupes au Nord-Mali pour y déloger les islamistes qui contrôlent ce territoire depuis qu’ils ont chassé le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). « Le président par intérim Dioncounda Traoré tente de former un nouveau gouvernement d’unité nationale, alors que la Cedeao cherche, elle, à définir les contours de la force d’intervention qui tentera de reconquérir le Nord du Mali », soulignait alors RFI.

L’accord est tombé ce jeudi 16 août. « Les participants à la rencontre de Bamako sont parvenus à s’accorder sur deux des trois phases que devrait comporter l’intervention de la Cedeao au Mali », rapporte sahel-intelligence.com. Comme voulu, l’armée malienne mènera les opérations et les forces de la Cedeao appuieront les troupes au sol par des frappes aériennes. Selon le média, il ne resterait plus qu’à se mettre d’accord sur les modalités de sécurisation des organes de transition à Bamako, pour enfin présenter une résolution à l’ONU en vue d’une intervention armée de reconquête du Nord-Mali. Pour ce faire, la Cedeao devrait, par ailleurs, s’organiser pour mobiliser la force militaire qui chapeautera la mission. Quant au gouvernement malien, il doit garantir une équipe ministérielle de transition fiable à même de gérer le contexte politique en cas de guerre contre les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et ceux d’Ançar Dine, groupe de Touaregs pro-charia.

Reste à savoir quelle sera la réaction des bérets verts, auteurs du coup d’Etat du 22 mars. Ce mercredi, ils ont mis en garde le gouvernement malien contre toute intervention militaire étrangère au Nord-Mali. « Le capitaine Sanogo l’a répété à plusieurs reprises : il ne veut pas de militaires étrangers pour régler la situation dans le Nord », rappelait RFI.

Thierry Barbaut
Sources: www.afp.fr

 

 

Cameroun: sortis de prison, ils se forment et travaillent

Ils font dans les arts plastiques, la mécanique auto, la menuiserie ou la soudure pour gagner honnêtement leur vie et trouver leur place dans la société. Un modèle de réinsertion avec l’ONG « Charité sociale humanitaire  » (Chasoh), qui affirme avoir casé 150 jeunes sortis de la prison de New-Bell à Douala.

Bernard Ajarb, cheveux courts, promène sa grande taille dans une salle de cinq mètres carrés encombrée par des toiles. Il est à la recherche d’un pinceau. Ce matin de juillet 2012, son agenda prévoit le portrait d’une dame. Un exercice qui peut durer des heures, voire des jours. « Il faut prendre son temps pour ressortir tous les aspects. Je fais rarement des portraits. Jusqu’ici, la plupart de mes toiles sont des paysages », lâche t-il avec un sourire.

50.000 F par tableau

L’histoire d’amour entre Bernard et les arts plastiques remonte au lendemain de son incarcération pour vol à la prison centrale de Douala en 2003. Approvisionné en matériaux par des âmes de bonne volonté, l’ex-mineur détenu faisait déjà de petits tableaux qu’il vendait aux visiteurs. A sa sortie de prison trois ans plus tard, il est approché par l’Ong « Charité Sociale Humanitaire « (Chasoh), qui se propose de soutenir son art. « Je n’ai plus de problème de matériaux. Le Chasoh s’occupe de ce volet et moi, je fais le travail. Quand nous vendons un tableau à 100.000 Fcfa par exemple, je peux gagner 40 à 50.000 Fcfa. Le reste est retenu par Chasoh pour l’achat du matériel », indique le jeune homme qui rêve déjà d’une carrière internationale.

Alain, lui, garde encore les pieds sur terre. Depuis que cet ex-détenu mineur a recouvré sa liberté après deux ans d’emprisonnement ferme pour complicité de vol à la prison de New Bell, il a bénéficié du même soutien que Bernard et se forme actuellement à la mécanique automobile dans un collège privé de la capitale économique.

150 ex-détenus réinsérés

Comme Bernard et Alain, de nombreux ex-détenus mineurs de la prison centrale de Douala ont été financièrement soutenus pour se former dans l’électricité, les arts plastiques, la mécanique auto, la soudure ou même le football. Selon madame Tagne Tapia, présidente du Chasoh, la continuité de la réinsertion socioprofessionnelle et familiale des ex-détenus mineurs se fait à plusieurs niveaux. « Nous laissons l’enfant choisir ce qu’il veut faire après sa sortie de prison. Certains préfèrent qu’on paie leur formation dans les établissements partenaires ; d’autres sont inscrits dans des lycées et collèges pour poursuivre leurs études ou dans des ateliers de formation pour apprendre à lire et à écrire. Il y en a aussi qui se forment en arts plastiques au centre », explique-t-elle.

En douze ans, l’organisation affirme avoir réinséré plus de cent cinquante ex-détenus mineurs de cette prison, parfois même en dehors du cadre de la formation. « Il arrive qu’après une seule causerie éducative et une prise en charge psychosociale, un jeune reprenne confiance en lui, revoie ses erreurs  et refasse sa vie sans plus passer par vous », indique Dame Magne. Elle ajoute cependant que les difficultés financières pourraient ralentir la passion qui anime le Chasoh.

Autonomie financière

En attendant, l’Ong peut encore compter sur le soutien de certains de ses anciens pensionnaires installés à leur compte ou qui travaillent dans des entreprises locales et internationales. Cette réussite socioprofessionnelle crée de l’émulation dans la génération actuelle des ex-détenus mineurs en formation, à l’instar de Bernard. « Grâce aux toiles que je vends, j’ai de quoi manger et me payer le transport jusqu’à l’atelier. L’art n’est pas facile quand on n’a pas encore un nom. On peut passer six à huit mois sans vendre un tableau. Mais, quand je vois comment les grands frères ont réussi, ça me motive. Jusqu’ici, j’ai évolué avec d’autres artistes. En fin d’année, je compte organiser une exposition individuelle pour avoir plus d’autonomie financière », espère-t-il.

C’est également le souhait des Nations Unies qui, dans ses règles minima de traitement des détenus, recommandent qu’il faut donner une formation professionnelle utile aux détenus et particulièrement aux jeunes. Avant de conclure que « ce travail doit être, dans la mesure du possible, de nature à maintenir ou à augmenter leur capacité de gagner honnêtement leur vie après la libération ».

EL Christian

Avec Jade.

De plus en plus d’experts pour une libre circulation Europe-Afrique

Pas de libre-échange durable sans libre circulation des personnes : « Nous voulons retrouver la croissance et la prospérité ? Ouvrons les frontières et organisons la libre circulation !» C’est en substance ce qu’un nombre croissant d’experts disent aux décideurs occidentaux. Un message difficile à vendre aux électeurs après avoir joué si longtemps la carte du bouc émissaire émigré.

De plus en plus de voix s’élèvent pour alerter les pays développés sur les conséquences désastreuses de leur politique de lutte contre l’émigration qui, plus que les dérives de la finance, a mené leurs économies dans une impasse. Martin Wolf, commentateur économique en chef du Financial Times, avertissait déjà en 2004 (Why Globalization Works) : « Les contrôles migratoires provoquent une distorsion économique majeure dans le monde : la disparité de la rémunération du travail ». Dans ce contexte de crises financières répétées et de déséquilibres périlleux, « personne ne semble prêt à suggérer cette solution pourtant évidente : libérer les flux migratoires », déclare Marin Wolf.

Pour un nombre croissant d’experts, si les capitaux, les marchandises et les élites peuvent circuler en toute liberté, alors les peuples doivent impérativement bénéficier des mêmes droits. Faute de quoi un déséquilibre insupportable se crée en faveur du capital contre le travail, en faveur des grandes entreprises contre les petites ou en faveur de l’agro-industrie contre les paysans.

Dès 2003, un rapport de l’ONU (Gevrey, 2003), étayé par des études du Bureau international du travail et du Conseil économique et social français, déclarait : « Il faut que l’émigration reprenne si l’on veut soutenir la compétitivité, l’innovation, le dynamisme économique, social, culturel et démographique.»

 

 

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Martin Wolf,
commentateur économique en chef au Financial Times : « Personne ne semble prêt à suggérer cette solution pourtant évidente : libérer les flux migratoires ».

L’Asie, elle, attire les migrants
Ce constat a été repris, il y a deux mois, par The Economist, dans un dossier intitulé Let them come ! : « L’immigration est, dans l’ensemble, bonne pour les économies » affirme le magazine qui met en garde les politiciens occidentaux : « Une concurrence croissante émerge. L’Asie est en passe de devenir le nouvel aimant pour les migrants. »

« En 2009, Shanghai a accueilli 100 000 étrangers, même nombre pour le port de Guangzhou ». Plus que la dette grecque, voilà donc la principale menace qui pèse aujourd’hui sur les économies occidentales : perdre leur attractivité internationale au regard des migrants.

Une guerre coûteuse et contreproductive
La guerre menée contre les migrants coûte excessivement cher aux contribuables occidentaux : selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les 25 pays les plus riches dépensent chaque année entre 25 à 30 milliards de dollars pour endiguer les migrations, c’est la moitié de toute l’aide publique au développement.

C’est une guerre, non seulement coûteuse, mais également contreproductive. Comme on le voit chaque jour dans les actualités, la fermeture des frontières se révèle inefficace. Elle empêche de gérer correctement les migrations, au mieux des intérêts des pays d’accueil comme des pays d’origine. Les restrictions imposées aux migrants limitent leur mobilité dans les deux sens, les contraignant à se sédentariser coûte que coûte, là où ils se trouvent, quelque soit la situation du marché du travail : « Les contrôles de l’immigration ont eux-mêmes, de manière déterminante, contraint à l’immobilité les travailleurs invités » déclare Nigel Harris, professeur d’économie urbaine au Collège de Londres et spécialiste européen des questions de migrations.

Selon Bimal Gosh, ancien directeur principal de l’ONU, « les restrictions à l’émigration ne peuvent, en elles-mêmes, faire cesser les migrations. Elles ne font que les réorienter vers les filières illégales (…) Aux Etats Unis, par exemple, le budget de l’Immigration and Naturalization Service a été multiplié par 20, passant de 250 millions à 5 milliards entre 1980 et 2000. Malgré cela, sur la même période, le nombre d’immigrants en situation irrégulière a plus que triplé ».

Le gain économique de la libre circulation
Selon Dani Rodrik, professeur à Harvard, « les gains les plus importants en terme de développement et de réduction de la pauvreté ne sont pas à chercher du côté du libre-échange, mais de la circulation internationale des travailleurs. Même une libéralisation limitée dans ce domaine stimulerait massivement le développement des pays pauvres ». Un avis que partage Peter Martin de l’OIM : « Le transfert de main d’œuvre des pays pauvres vers les pays riches accroitrait le PIB mondial et finirait par réduire les pressions migratoires à mesure que les salaires tendraient à converger ». Car si le libre échange profite au capital, la libre circulation, elle, profite d’abord aux salariés. Et donc à la consommation, à la production et à l’emploi.

Pour Hamilton et Whalley (Perspectives économiques, OCDE), « une libéralisation totale du marché international de la main d’œuvre doublerait le PIB mondial ». Quant à Tim Hatton de l’université d’Essex, il estime que « les gains d’une libre circulation des personnes serait 10 fois supérieurs à ceux du libre échange. »

Pour un nombre croissant d’économistes, qui n’ont pas yeux rivés sur le yoyo hypnotisant des marchés financiers, le remède à la crise que connaît le système économique mondial consiste donc à (ré)intégrer les pays développés dans le marché mondial du travail en s’orientant progressivement vers la libéralisation des migrations et l’ouverture des frontières. Un remède nettement plus efficace qu’un acharnement thérapeutique sur le cycle de Doha pour tenter obtenir encore un peu plus de libre échange marchand.

Le combat perpétuel entre le capital et le travail
Durant les trois derniers siècles des masses d’Européens se sont installés librement dans les Amériques, en Australie, en Afrique du Sud, en Rhodésie, au Kenya, dynamisant ainsi les échanges internationaux et assurant au monde une croissance économique fulgurante. Les USA se sont construits par l’émigration, des Européens d’abord, fuyant la misère sur leur propre continent, puis des Africains, déportés par millions, puis des Chinois et des Indiens, via un système de main d’œuvre sous contrat. Jusqu’en 1962, au sein du Commonwealth, tous les citoyens de l’empire britannique, d’Asie comme des Caraïbes, pouvaient circuler librement dans l’espace commun. De tous temps la migration a constitué le principal régulateur des économies et l’un de ses puissants moteurs.

Si au XXe siècle le combat perpétuel entre le capital et le travail s’est essentiellement cristallisée sur le conflit Est-Ouest, depuis plus de vingt ans, il prend la forme d’une véritable guerre contre les migrants, avec, entre autres, une gigantesque frontière militarisée entre le Mexique et les USA, deux pays pourtant liés par un accord de libre échange. Avec une Europe qui envisage de (re)construire un mur, cette fois-ci à la frontière de la Turquie, soudainement devenue indésirable au sein de l’Union, après plusieurs décennies de rapprochements. Vu sous cet angle, le printemps de Tunis ou du Caire ne ressemble-t-il pas furieusement au printemps de Prague ?

Thierry Barbaut
Source: www.agenceecofin.com

 

 

L’Afrique créative plein les yeux

Quelques rendez-vous incontournables avec le « soft power », cette puissance douce de l’Afrique, sa vitalité artistique, qui fait l’actualité partout dans le monde, y compris sur le continent.

 

ARTS PLASTIQUES

Palais de Tokyo

Les artistes africains ont la part belle dans l’immense exposition du Palais de Tokyo « Intense proximité », qui entretient un lien des plus forts avec le continent noir et dont le commissaire, Okwui Enwezor, est d’origine nigériane. Ne manquez pas Nicholas Hlobo (Afrique du Sud) – notre photo -, Barthélémy Toguo (Cameroun) ou encore Wangechi Mutu (Kenya).

Jusqu’au 26 août. www.palaisdetokyo.com

 

Fondation Blachère

La passion de l’art contemporain africain habite cet espace du sud de la France (Apt) qui met à l’honneur actuellement l’artiste soudanais Hassan Musa sur le thème des tigres, lequel inspire d’autres créateurs, de Soly Cissé à Abdoulaye Konaté (notre photo), qui a été exposé récemment à la Maison Revue noire.

Jusqu’au 7 octobre. www.fondationblachere.org

 

 

Fondation Cartier

 

Si le Brésil y est à l’honneur, il ne faut cependant pas manquer le détour par « Histoires de voir », ne serait-ce que pour Mamadou Cissé (notre photo) et ses villes imaginaires, ou la redécouverte des artistes congolais de la première moitié du XXe siècle.

Jusqu’au 21 octobre. www.fondation.cartier.com

Revue noire
Dans ce petit havre africain du 14e arrondissement de Paris, l’art contemporain africain s’expose, et on retrouve aussi à la Maison Revue noire la collection intégrale de ladite revue, du beau temps du papier. Cet été, la maison s’ouvre à l’univers de Pume, artiste pluriel de Kinshasa (notre photo) et inventeur de Bylex. Qu’est-ce que Bylex ? Le monde selon Pume… À découvrir…
Jusqu’au 27 octobre. www.revuenoire.com

Ousmane Sow à Paris dans « Parcours des mondes »

 

Le premier Africain élu à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France (membre associé étranger, en avril dernier) expose ses bronzes à Paris à l’occasion de la manifestation « Parcours des mondes » à la galerie Routes, toute proche du pont des Arts, où ses sculptures firent l’événement en 1999. À découvrir, les nouveaux venus en bronze et petit format prolongeant la série des « Nuba ».

 

 

Du 11 septembre au 20 octobre. Galerie Routes, 53, rue de Seine. Paris. www.ousmanesow.com
Biennale artistique au Bénin

On connaît la Biennale de Dakar, dont la dernière édition a eu lieu sous la houlette du nouveau ministre de la Culture, Youssou N’Dour lui-même, voici la Biennale du Bénin, un nouveau rendez-vous avec l’art contemporain orchestré depuis et par les énergies artistiques du pays.

Elle s’ouvre le 8 novembre et dure jusqu’en janvier 2013, propose « d’inventer le monde » et mobilise les artistes béninois tout en accueillant une grande exposition internationale. Novembre ? Le temps de prévoir un petit voyage au coeur de l’Afrique créative entre Cotonou, Porto-Novo, Ouidah et Abomey…

www.biennalebenin.org

DESIGN

De Riom

Des sièges aux formes ludiques et confortables, des couleurs qui enchantent un décor, le designer malien Cheick Diallo a imposé son style depuis plus de vingt ans, les boutiques pour bobos s’en sont largement inspirées, mais, lui, c’est la rue qui l’inspire, depuis toujours. Le chef de file du design africain s’expose au musée Mandet à Riom avec « Made in Mali ». Si vous passez par là… Vous ne le regretterez pas !

Jusqu’au 30 décembre www.ville-riom.fr/Musee-Mandet

 

… à Paris

On retrouvera Cheick Diallo cet hiver au musée Dapper, où s’ouvrira à partir d’octobre une grande exposition sur le design en Afrique : « S’asseoir, se coucher et rêver ».

À partir du 10 octobre. www.dapper.fr










PHOTO

Les célèbres rencontres de la photographie de Bamako se tiennent tous les deux ans dans la capitale du Mali. En attendant d’y retourner pour y découvrir les talents du continent, le musée royal d’Afrique centrale de Tervuren, en Belgique, revient sur le cru 2011 et présente une sélection d’artistes, dont Kiripi Katembo (notre photo).

Jusqu’au 26 août. www.africamuseum.be/home. Pour capter tout ce qui irrigue la photo africaine, rendez-vous sur le site de l’association Afrique in visu : www.afriqueinvisu.org. Et pour les événements à ne pas manquer, on conseille aussi celui d’Afriphoto www.afriphoto.com


DANSE

« Danse l’Afrique danse » en Afrique du Sud

Lancée par l’Institut français, cette manifestation inaugurée en Angola en 1995 réunit tous les deux ans sous ce dynamique slogan tout ce que le continent africain contient de talents, en coproduction avec un acteur africain du pays hôte. La 9e édition invite 15 pays, 42 représentations et 45 chorégraphes pour une biennale qui promet d’être historique à Johannesburg !

Du 28 septembre au 7 octobre. http://danse-afrique-danse.org/

POUR SUIVRE L’ACTUALITÉ DE L’AFRIQUE CULTURELLE

Africultures : pour être au courant de tout et du reste, en France et sur le continent, ce site d’information culturelle, qui publie aussi des numéros spéciaux en version papier, n’a pas d’équivalent. www.africultures.com Click here to find out more!

Thierry Barbaut
Source: wwwlepoint.fr

 

Le Portugal arrosé par le soleil de ses anciennes colonies… L’Angola en ligne de mire !

Luanda by night !

Autrefois puissance intercontinentale incontestable, la suprématie du Portugal a fini par décliner au fur et à mesure de l’abandon de ses colonies. Aujourd’hui, dans une situation financière difficile, ce sont pourtant ces mêmes anciennes colonies qui, sans rancunes, participent à l’évacuation des gros nuages noirs du ciel lusitanien. Mieux encore, le Portugal pilote depuis Lisbonne et en totale symbiose avec ses anciens satellites, une mission pour glorifier et défendre la culture portugaise dans le monde entier.

« Nul n’est pauvre que celui qui pense qu’il l’est », affirme un proverbe portugais.

Au milieu du XVIe siècle, il est clair que ce pays était loin d’être pauvre puisqu’à la tête de plus de dix millions de kilomètres carrés, l’empire disposait de ressources infinies convergeant vers Lisbonne. Pourtant, progressivement, les colonies se sont émancipées, privant le Portugal de la majeure partie de ses richesses.

De fait aujourd’hui, ce petit pays, calé entre les hauts plateaux ibériques du sud-ouest du continent européen et l’océan Atlantique, ne couvre que 2,1% du territoire de l’Union européenne, franchissant tout juste la barre des dix millions d’habitants. Et, en l’occurrence, l’économie du Portugal ne se remet pas de ses pertes coloniales, et ce malgré l’euphorie apportée par la révolution des œillets de 1974 et l’adhésion à la Communauté économique européenne en 1986.

Le Brésil et l’Angola à la rescousse

Luanda by night !

Certes, les rentrées d’argent frais successifs venant tantôt du Fond monétaire international au début des années 80, tantôt de la CEE dans les années 90, ont permis au pays de moderniser son service public et en particulier son réseau de transport, sans pour autant apporter aux jeunes institutions démocratiques de quoi faire face aux éventuelles crises financières.

De fait, dès qu’elle a franchi l’Atlantique, la crise a dévoré les fragiles et inexpérimentées finances du Portugal, les transformant en une cascade de cracks bancaires, immobiliers puis sociaux impossible à enrayer pour les gouvernements de gauche puis de droite. C’est pourquoi, à genoux, le pays s’est résolu à accepter l’assistance financière de la Troïka en juin 2011.

Outre cette insuffisante perfusion de la Troïka, le pays continue à chercher des partenaires commerciaux. Et curieusement, la situation délicate du pays ne laisse pas indifférent les seuls partenaires européens ; les pays émergents de langue portugaise, Brésil en tête, se sont en effet empressés de venir en aide à Lisbonne. « Il est dans notre intérêt que le Portugal sorte de cette crise le plus rapidement possible », affirmait même il y a peu la présidente Dilma Roussef au Premier ministre portugais Passos Coelho. C’est pourquoi la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES) est ainsi entrée dans le capital de grandes entreprises portugaises comme le cimentier Cinpor, Energias de Portugal ou le réseau de presse Radio e Televisão de Portugal, omniprésent dans le monde lusophone.

Plus surprenant encore, l’Angola se trouve également aux petits soins des entreprises portugaises.

Que ce soit dans l’agroalimentaire, l’énergie ou le secteur bancaire, le pays s’inscrit désormais à la tête d’un capital d’actifs portugais relativement important. Il est à noter, par exemple, que la Sonangol (Sociedade Nacional de Combustíveis de Angola, société pétrolière nationale), détient, depuis fin 2011, 12,44 % des parts de la BCP (Banco Comercial Português), ce qui lui permet d’être actionnaire majoritaire et de prendre les rênes de l’entreprise (modifiant ainsi à souhait toutes ses structures administratives).

Des investissements loin d’être anodins

De par leur ampleur d’abord, mais surtout de par leur visée politique, ces investissements revêtissent un aspect tout particulier pour ses pays émergents. En ce qui concerne l’Angola, ses investissements « envoient un signal politique fort », selon António Ennes Ferreira, professeur à l’ISEG (école supérieure d’économie et de gestion de Lisbonne), qui ajoute « c’est un moyen pour le pays de s’affirmer dans la sphère lusophone dont il espère tirer des bénéfices économiques ».

Pour le Brésil, qui investit déjà depuis plusieurs décennies au Portugal, la ligne directrice suivie consiste à prendre le marché portugais comme un tremplin vers le reste de l’Europe. Dans le même temps, s’il est vrai que les politiques de privatisation tout azimut lancées notamment par le gouvernement de coalition de Pedro Passos Coelho ont pour but de récupérer un maximum de recettes, il est clair que le Portugal donne une longueur d’avance aux investisseurs de langue portugaise par rapport aux Chinois notamment, eux aussi à l’affût.

En outre, l’envolée du taux de chômage des jeunes au Portugal pousse cette nouvelle génération très diplômée et sans perspective d’avenir à s’exiler sous d’autres cieux.

Mais au lieu de rejoindre le nord du vieux continent, les Portugais partent dans l’hémisphère sud rejoindre des contrées qui ont besoin d’architectes et d’ingénieurs pour préparer la coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques de 2016, à l’instar du Brésil, ou pour reconstruire le pays ravagé pendant de longues années par une guerre civile, comme en Angola.

Ces deux pays, contrairement au Portugal, ont les moyens de payer ces nouveaux travailleurs : l’un est désormais la sixième économie du monde, tandis que l’autre affiche un taux de croissance de 15% l’an. En somme, dans certains médias portugais, ces deux pays n’hésitent pas à exhorter les chômeurs à les rejoindre. Mieux, le premier ministre portugais, en personne, a exhorté début juillet ses jeunes chômeurs à émigrer vers ces deux pays au marché du travail dynamique.

Étroite coopération

Si l’aspect économique revêt aujourd’hui, de par la crise financière qui touche les pays émergents, une importance toute particulière dans les relations qu’entretient le Portugal et ses anciennes colonies, il ne faut pas pour autant en négliger la bonne tenue des relations diplomatiques que le pays, présidé par Aníbal Cavaco Silva depuis 2006, échange désormais avec ses anciens territoires d’outre-mer.

Cette normalisation des relations diplomatiques partait pourtant de très loin à la suite des meurtrières guerres d’indépendance en Afrique, principalement en Angola et au Mozambique, et des difficiles relations qui s’installèrent depuis l’indépendance du Brésil en 1822. Dans les années 80 ensuite, les guerres civiles ravageant Maputo et Luanda n’arrangèrent rien tandis qu’un conflit opposait toujours le Portugal à la Chine concernant le comptoir de Macao, rétrocédé définitivement à l’empire du milieu en 1999.

Finalement, au début des années 90, sous l’impulsion des législatures du social-démocrate Aníbal Cavaco Silva et profitant d’un apaisement en Afrique subsaharienne, le Portugal s’est empressé de reconstruire ses relations suivant l’article 7 de la Constitution « Le Portugal maintient des liens d’amitié et de coopération privilégiés avec les pays de langue portugaise ». Dans cette optique, une Communauté des Pays de Langue Portugaise regroupant le Portugal, le Brésil, l’Angola, la Guinée Bissau, le Cap-Vert, Sao Tomé-et-Principe, le Mozambique puis le Timor Oriental en 2002, voit le jour à Lisbonne en 1996. La CPLP a pour but de diffuser la culture lusophone à travers le monde, promouvoir l’état de droit dans tous les pays parlant le portugais, orchestrant par là même une étroite coopération politique puis économique entre ces différents pays.

Les derniers différends coloniaux classés, à l’instar du barrage hydroélectrique de Cahora Bassa abandonné en 2006 aux autorités mozambicaines, ont permis à la Communauté de se faire entendre sur la scène internationale, aidant notamment l’économie de l’archipel de Sao Tomé-et-Principe, soutenant les populations opprimées du Timor Oriental pendant la domination indonésienne et surtout luttant contre les coups d’état en Guinée Bissau. C’est d’ailleurs dans ce même pays bordant l’Atlantique que les efforts de l’organisation se portent aujourd’hui à la suite d’un nouveau coup d’état le 12 avril 2012. Sous le drapeau de la CPLP, le chef de la diplomatie portugaise Paulo Portas lançait même, le 19 avril au Conseil de Sécurité de l’ONU : « Le temps est venu de dire non à la domination des armes sur les urnes », plaidant pour que l’ONU réagisse par la force pour « rétablir l’ordre constitutionnel ».

Uniformisation du portugais

A défaut de s’aider, encore fallait-il se comprendre ! Si, à priori, les pays membres de l’organisation parlent tous la même langue portugaise, dans les faits c’est peut-être moins évident : des différences orthographiques subsiste encore entre le portugais du Portugal et celui du Brésil, par exemple, concernant à peu près 2% des mots du vocabulaire lusophone. C’est pourquoi, en concertation avec les pays de la CPLP, une réforme orthographique a été conçue pour permettre surtout à la communauté lusophone d’être reconnue comme langue à part entière de l’ONU.

Toutefois, la réforme a suscité de grands mouvements de protestation au Portugal, notamment de la part de nombreux linguistes de l’Académie des Sciences de Lisbonne, qui estiment scandaleux que la CPLP privilégie l’orthographe brésilienne aux dépens de celle qui prévaut autour de Coimbra au motif qu’il se trouve plus d’habitants au Brésil qu’au Portugal, reléguant ainsi le portugais originel aux oubliettes. Pour beaucoup de Portugais, cette réforme est même vécue comme une humiliation, ne servant, pour eux, que les intérêts géopolitiques brésiliens. Cependant, tant à Lisbonne qu’à Praia, à Luanda ou Brasilia, la réforme a bien été adoptée partout, même si le gouvernement portugais s’est donné jusqu’à 2015 pour permettre aux habitants de s’habituer.

Curieusement, au Portugal, la crise financière qui s’abat ne suscite pourtant pas de mouvement de protestation d’envergure. Si des causes consensuelles internes à la vie politique de l’État expliquent fortement ce phénomène, d’autres sources de cette paix sociale sont peut-être également à rechercher dans le maillage tant économique que diplomatiques que le pays lusitanien s’est efforcé de reconstruire avec ses anciens territoires. Dès lors, malgré sa petitesse financière et politique qui le caractérise aujourd’hui, le Portugal ne pense aucunement être pauvre, ce qui lui permet certainement de ne pas l’être encore.

Thierry Barbaut
Source: www.agenceecofin.com

 

le Rwanda se projette en «Singapour africain», présentation du masterplan de Kigali…

Cinquante ans après son indépendance, le Rwanda se projette en «Singapour africain». Mais le développement du pays profite surtout à une élite.

 

Sécurité partout, mutuelle pour tous, lutte contre la corruption, fibre optique, électrification, boom des services, le Rwanda réussit à vendre à l’étranger une image et des réalisations qui séduisent les bailleurs de fonds. Depuis le génocide de 1994, l’aide est déversée à flots sur ce petit pays qui tente de remonter la pente en intégrant les recettes néolibérales et les «critères de performance».

La croissance est aujourd’hui de 8%. En Afrique, il est classé troisième dans le classement Doing Business 2012 de la Banque mondiale, après l’île Maurice et l’Afrique du Sud. D’après le Rwanda Development Board (RDB), il suffit de deux procédures et de six heures pour lancer une entreprise.

 

Mais cela suffit-il pour faire du Rwanda un futur Singapour africain? L’ambition est en tout cas présente.
Avec priorité sur la «vitrine» de Kigali: avenues élargies et propres, feux de signalisation avec décompte, immeubles flambant neufs, publicités géantes.
Un coup d’œil sur le «masterplan» donne une idée percutante des vastes projets du régime: lacs, zones vertes avec plaines de jeux, grandes tours, réseaux de bus, centres commerciaux… Aura-t-il les moyens de ses ambitions? Le principe de réalité (financière) pourrait s’imposer ici ou là. Les pays donateurs étant en pleine crise, le Rwanda devra peut-être réduire la voilure. La construction de l’imposant Convention Center n’a ainsi guère avancé depuis 2010.

D’autres projets sont sortis de terre: la Kigali City Tower et le Grand Pension Plaza sont à présent opérationnels, mais ils peinent à trouver des locataires. Le contraste est saisissant entre les quartiers commerçants de Kigali, très animés, et ces galeries commerçantes aseptisées, désertes et sécurisées jusqu’à l’excès. Le boom immobilier reste une réalité: on achète le matériel de construction à Dubaï et on fait travailler une armée de maçons à 1000 francs rwandais (1,60 franc suisse) par jour.

Revers de la médaille, Kigali est devenue inabordable pour le commun des Rwandais. Des milliers d’habitants ont été expropriés de leurs maisons rudimentaires, et relogés loin du centre-ville.

 

Les campagnes, elles, restent à la traîne. «Le sentiment de frustration grandit sur les collines», constate An Ansoms, chargée de cours à l’Université catholique de Louvain (Belgique), qui a mené en 2011 une enquête dans six villages rwandais. Selon elle, «les paysans ont l’impression d’être des «loosers» car ils ne se retrouvent pas dans le modèle de développement présenté dans le monde entier comme une réussite». On leur impose par exemple des monocultures de café, de thé ou de maïs. «Mais le paysan a précisément besoin de diversifier ses cultures pour limiter ses risques et pouvoir se nourrir», souligne An Ansoms. Obligés de passer par des coopératives, ces travailleurs de la terre doivent parfois payer plus que ce qu’ils perçoivent. «Les bailleurs de fonds sont aveugles. Ils ne voient que les chiffres, mais parlent rarement avec les gens

La pauvreté n’aurait-elle donc pas décru de 12% entre 2006 et 2012, comme l’indique le RDB? «Dans les six villages, je n’ai rien constaté», objecte An Ansoms. «Au contraire, les gens se retrouvent dans des difficultés financières insurmontables, liées notamment au prix de la mutuelle de santé, passée de 1000 à 3000 francs rwandais (de 1,60 à 4,80 francs suisses), et aux normes imposées pour l’habitat.»

Sur les collines, le prix des terrains constructibles grimpe en flèche, et les maisons doivent respecter une taille minimale. Quant aux tuiles, elles coûtent beaucoup plus cher depuis que les fours artisanaux ont été bannis, car trop polluants. Résultat, «les jeunes n’ont plus de lieu pour fonder une famille, et l’exaspération grandit». Mais comment l’exprimer face à un régime qui ne supporte guère la critique?

Cette politique «top down», imposée à la base depuis les hautes sphères, commence à faire grincer des dents. «Ce sont des apprentis sorciers, lâche un diplomate européen désabusé. Ils veulent aller beaucoup trop vite, ils brûlent les étapes. Cela confine à l’atteinte aux droits de l’homme. Le Rwanda est gouverné par une oligarchie qui phagocyte toute l’économie. Si elle sonde parfois la population, elle ne prend jamais en compte ses souhaits ni ses griefs. C’est la meilleure façon de foncer droit dans le mur. Et puis, tous ces diplômés, que vont-ils devenir? Des universités s’ouvrent à tout bout de champ, mais il n’y a pas de débouché. Qu’on se rappelle le Printemps arabe…»

 

Les supporters du «miracle rwandais» ne se laissent pas démonter. «Ici au moins, ça marche, pas comme au Congo voisin!» rétorquent-ils. Or, certains accusent le Rwanda de tirer profit de l’insécurité au Congo pour importer discrètement des minerais qui sont ensuite «blanchis» pour l’exportation, ou pour drainer chez lui le tourisme très lucratif autour des gorilles de montagne. Le droit d’entrée dans le parc de la Virunga vient ainsi de passer de 500 à 750 dollars. «La conviction des Rwandais qu’ils sont les meilleurs les rend peu attentifs aux autres points de vue, conclut l’attaché de coopération d’un pays européen. Cela peut constituer un danger important à moyen terme. Personne n’a raison tout seul. Et personne n’aime un voisin trop fier au point d’en devenir méprisant.»

Thierry Barbaut
Source: Letemps.ch

5 milliards $ pour mettre en route la plus grande usine africaine de fabrication de verre

Groot Group et SDS Group unissent leurs forces pour développer et construire en Namibie la plus grande usine de production de verre en Afrique avec à la clé la création de 8 000 emplois directs et 40 000 indirects.

La production concernera tous type de verre : verre de bouteille, verre d’écran d’ordinateur, écran de téléphone portable, verre pour les immeubles et les maisons…

Le groupement bénéficie du support technologique de Siemens. L’investissement est estimé à 5 milliards $.

Thierry Barbaut
Source: www.agenceecofin.com

 

Le Nigeria, nouveau front de la guerre contre le terrorisme pour les USA ?

 

Les conflits interconfessionnels menacent de faire basculer le pays dans une véritable guerre de religion…

Mise à jour du 11 août 2012: L’armée nigériane a découvert des caches d’armes lors de raids menés contre des bases présumées du groupe islamiste Boko Haram dans deux villes du nord du pays, ont déclaré des responsables du pays.

Au Nigeria, les violents conflits qui opposent chrétiens et musulmans menacent de faire basculer le pays dans une guerre de religion.

L’instigateur du conflit n’est autre que Boko Haram, mouvement islamiste dont le nom même est lourd de sens, «L’éducation occidentale est un péché».

Si le gouvernement nigérian ne parvient pas à enrayer ces violences avant qu’elles ne dégénèrent, les Etats-Unis interviendront certainement (quoiqu’avec une relative légèreté) pour venir en aide aux adversaires de Boko Haram.

La situation nigériane a atteint un point critique le 17 juin 2012, lorsque Boko Haram a attaqué trois églises dans l’Etat de Kaduna (centre-nord du pays) pendant la messe, tuant vingt-et-une personnes.

Les chrétiens ont vite riposté, et des affrontements intercommunautaires ont presque immédiatement éclaté. Après quatre jours d’agitation, une centaine de Nigérians avaient perdu la vie.

Les chrétiens, cible principale

Boko Haram est coutumier de la violence terroriste; des représentants américains suspectent d’ailleurs cette organisation d’être liée à al Qaida.

Le département d’Etat américain note que les attaques de Boko Haram et de ses sympathisants ont fait plus de mille morts au cours des dix-huit derniers mois.

La ceinture centrale du Nigeria, qui abrite plusieurs communautés religieuses, est par ailleurs coutumière des violences interconfessionnelles (la population du nord du pays est majoritairement musulmane, celle du sud est à majorité chrétienne).

En 2002, des émeutes avaient fait plus de cent morts (à Kaduna, déjà), lorsque de jeunes musulmans avaient protesté contre la tenue de l’élection de Miss Monde au Nigeria.

En 2006, on avait compté plusieurs dizaines de victimes après la parution des caricatures controversées du prophète Mahomet, dans le quotidien danois Jyllands-Posten.

L’actualité récente nous montre que les attaques de Boko Haram se font de plus en plus meurtrières.

L’organisation est pleine refonte tactique: si elle concentrait jusqu’ici ses actions sur les assassinats et les assauts de masse contre les forces de sécurité, elle se livre désormais à des attentats-suicides.

Et les chrétiens (qui sont généralement attaqués dans leurs lieux de culte, pendant leurs messes) sont aujourd’hui en tête de sa liste de cibles à abattre.

Le gouvernement nigérian a connu un certain succès dans sa lutte contre Boko Haram. L’organisation a fait l’objet d’une répression violente en juillet 2009 lorsque son fondateur, Mohammed Yusuf, a été capturé puis sommairement exécuté par les forces de sécurité nigérianes.

 

Surenchère de la violence

Selon les estimations de l’armée, environ huit cents membres de l’organisation auraient été tués. L’intéressante étude que le chercheur David Cook a consacrée à Boko Haram nous apprend cependant que l’organisation a refait surface dès l’année suivante, plus puissante que jamais.

Elle se serait alors lancée dans «une série d’assassinat et d’attaques —très médiatisés— à travers le nord du Nigeria», avant d’orchestrer des attentats-suicides (à partir de l’été 2011).

Selon Cook, les attaques et les menaces de Boko Haram se concentrent par ailleurs «de plus en plus sur des intérêts liés aux préoccupations économiques américaines dans la région.»

Dans la droite ligne de son évolution tactique, Boko Haram a fréquemment eu recours aux attentats-suicides contre ses cibles chrétiennes.

Avant les attaques du 17 juin 2012, l’organisation avait déjà organisé plusieurs attaques terroristes contre des églises, pendant l’office.

Le 29 avril 2012, des hommes armés avaient ainsi ouvert le feu pendant la messe à l’université de Bayero(Etat de Kano, nord du Nigéria), faisant alors au moins seize morts.

Le groupe avait également revendiqué un attentat suicide perpétré le 3 juin 2012 dans le nord-est du pays, qui avait emporté quinze personnes et fait quarante blessés.

Le dimanche suivant (10 juin 2012), les églises des villes de Jos et de Biu ont été prises d’assaut; on a recensé trois morts et plus de quarante blessés. Boko Haram a une fois de plus revendiqué les attentats.

Ces attaques ont suscité de vives réactions dans la communauté chrétienne du Nigeria. Au lendemain des attentats de jeunes chrétiens auraient ainsi agressé des musulmans dans la périphérie de Jos —mais cette riposte n’était rien à côté de la vague de violence qui a fait suite aux attaques du 17 juin.

La défense aveugle des chrétiens

Tandis que les assauts visant les églises se succédaient d’un weekend à l’autre, les chefs religieux chrétiens et musulmans tentaient d’enrayer l’escalade de la violence.

Jama’atu Nasril Islam, groupe de coordination des organisations musulmanes du Nigeria, a adressé une lettre ouverte au gouvernement pour condamner les attaques d’églises, les qualifiants de «barbares.» Ces appels au calme ne sont toutefois pas parvenus à dissiper le grondement de la vengeance.

Dans les régions abritant de nombreux activistes de Boko Haram, les chrétiens ont eu l’impression que l’Etat était incapable d’assurer leur sécurité.

Le révérend Emmanuel Chukwuma, président de l’Association chrétienne du Nigéria pour le sud-est du pays, a déclaré que si les chrétiens continuaient d’appeler à la paix, «l’actuel dispositif de sécurité nigerian est visiblement incapable de mettre un terme aux massacres.»

La même Association chrétienne a fait d’autres déclarations, et certaines d’entre elles comportent des menaces plus directes.

Devant les journalistes, son président, Ayo Oritsejafor, a expliqué que l’Eglise avait jusqu’ici «prôné la modération la plus stricte» auprès de ses ouailles, «mais [qu’elle] ne [pouvait] garantir une telle coopération si la vague d’attaques terroristes [n’était] pas immédiatement stoppée.»

Le Congrès du peuple odua, mouvement nationaliste yoruba, a lui aussi mis en garde le gouvernement: si ce dernier ne parvient pas à neutraliser Boko Haram, «le peuple se mobilisera de sa propre initiative pour assurer sa survie», a-t-il affirmé.

Au lendemain des trois attaques d’églises de Kaduna —les messes étaient alors la cible d’assauts depuis trois weekends consécutifs— la riposte des chrétiens fut des plus rapides.

Une partie des musulmans pris pour cibles avaient effectivement participé aux attaques; l’agence Reuters rapporte ainsi que les activistes qui avaient jeté des bombes dans une des églises concernées avaient été «saisis et tués par la foule.»

Certains actes de représailles se sont caractérisés par une violence aussi sauvage qu’aveugle: la même dépêche nous apprend que des chrétiens auraient extirpé des automobilistes musulmans de leurs voitures avant de les tuer.

Le spectre de la guerre religieuse

Face à l’escalade de la violence, de nombreux observateurs nigérians évoquent ouvertement la perspective d’une guerre civile religieuse. Le quotidien nigérian PM News parlait ainsi, récemment, de «la possibilité d’une guerre religieuse.»

Le 26 juin, la Conférence nigériane des évêques catholiques a déclaré que face à l’incapacité des forces de sécurités à arrêter et à désarmer les activistes, l’auto-défense était désormais «un impératif pour les chrétiens» (comme le rapporte un article du journal nigérian The Guardian). Ce communiqué n’a fait qu’exacerber les peurs.

Une guerre religieuse pourrait faire le jeu de Boko Haram. L’Irak de 2006 est certes bien différent du Nigeria d’aujourd’hui, mais il convient de rappeler qu’al-Qaida était parvenu à plonger l’Irak dans la violence interconfessionnelle en attaquant la communauté shiite, avant de se poser en défenseur des sunnites.

De la même manière, Boko Haram pourrait tirer parti des actes de représailles visant les musulmans; actes provoqués par leurs attaques contre les chrétiens.

Plusieurs éléments tendent à prouver que les attentats visant les messes du dimanche ont divisé l’opinion —et que les prises de position de chacun dépendent souvent des appartenances religieuses.

«J’ai affirmé par le passé qu’il ne s’agissait pas là d’une guerre de religion», a expliqué le sénateur chrétien Ita Solomon Enang dans une interview.

«Mais je suis aujourd’hui gagné par le doute: quand des gens introduisent des fusils dans les églises, prennent pour cible des fidèles désarmés, les tuent, et s’en vont… je pense que l’on pourrait parler deDjihad

Pour l’heure, le gouvernement nigérian s’efforce de contenir cette nouvelle flambée de haine alimentée par les conflits interconfessionnels.

Face à la crise, le président Goodluck Jonathan a décidé de limoger son conseiller à la sécurité nationale et son ministre de la Défense; le pays a selon lui besoin d’élaborer de «nouvelles tactiques» pour combattre Boko Haram.

Il y a cependant très peu de chances pour que ce remaniement apaise les peurs des chrétiens et fasse reculer les communautés chrétiennes partisanes de l’auto-défense.

Vers une intervention américaine?

Si le gouvernement du Nigeria n’est pas à la hauteur de la tâche, les Etats-Unis s’intéresseront certainement de beaucoup plus près aux opérations antiterroristes menées dans la région.

Le général Carter Ham, chef du haut commandement des forces américaines pour l’Afrique, a souvent fait mention de liens existant entre Boko Haram et deux autres groupes affiliés à al-Qaida, Al Shabab (Somalie) et al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi, Afrique du Nord). Le 21 juin, le département d’Etat américain a pour la première fois inscrit trois membres haut placés de Boko Haram sur leur liste des «terroristes internationaux expressément désignés» —et les Etats-Unis envisagent d’y inscrire le mouvement dans son ensemble.

Jusqu’à présent, la stratégie américaine de lutte contre Boko Haram passait, avant tout, par le renforcement des partenaires locaux (formation des troupes de contre-insurrection, soutien en matière de renseignements, financements visant à soutenir les forces armées) plutôt que par des opérations directes et «cinétiques».

Mais si le Nigeria ne parvenait pas à endiguer cette guerre interconfessionnelle en gestation, les Etats-Unis pourraient opter pour un engagement plus direct.

Les forces spéciales américaines, qui entraînent aujourd’hui les soldats nigérians, pourraient, par exemple, passer à l’action directe; les Etats-Unis pourraient également s’attaquer directement aux dirigeants de Boko Haram.

Rien n’indique que les Américains souhaitent s’engager plus avant dans la région, mais les divisions religieuses du Nigeria sont si profondes qu’il leur est impossible d’écarter tout à fait une telle option.

Le Nigeria ne va certes pas du jour au lendemain se transformer en Somalie ou en Yemen —et encore moins en Irak ou en Afghanistan.

Mais si les violences religieuses qui agitent le pays ne sont pas contenues, nous pourrions bien assister à l’ouverture d’un nouveau front dans la guerre contre le terrorisme. Un de plus.

Thierry Barbaut
Sources: www.slateafrique.com

 

 

Un diplomate français fustige la classe politique du Mali et du Burkina

Pour Laurent Bigot, sous-directeur pour l’Afrique de l’Ouest au ministère des Affaires étrangères, le Mali est «une démocratie de façade »

«C’est Alpha Oumar Konaré qui a décidé qu’Amadou Toumani Touré deviendrait président en 2002. A l’issue du premier tour ATT arrive en tête en 2002, avec une marge de 1% devant Soumaïla Cissé, dans un mouchoir de poche. Et la commission électorale annule 500000 votes, environ 10% du corps électoral.

Pour 300000 votes de plus on a déclenché le feu sur Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire l’année dernière. (…) Il y a eu des manipulations pour que ce soit Soumaïla Cissé et non Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui arrive en seconde position. Des missions d’observation des élections étaient là, mais on s’est contenté des résultats. (…) En 2007, rebelote.
ATT est élu dès le premier tour avec près de 70% des suffrages et un taux de participation de 30%, ce qui veut dire que 21% des électeurs maliens l’ont choisi. Cela fait une légitimité extrêmement faible. Et même sur ce scrutin, nous savions très bien que les fraudes ont été très importantes.

C’est ça, la démocratie malienne.»a déclaré le diplomate lors d’un colloque à l’Institut français des relations internationales (Ifri), selon des propos rapportés par Slate Afrique.

«Seule la façade est tombée et les déterminants de la crise étaient là depuis longtemps: corruption impliquant toutes les sphères, au plus haut niveau, jusqu’au palais présidentiel de Koulouba, une économie largement informelle (…), des trafics en tout genre. (…) C’est pathétique, le discours de la classe politique malienne est pathétique! Pas un homme ne sort du lot… »

Le Burkina Faso en prend aussi pour son grade : selon Laurent Bigot, il est un «élément perturbateur dans la médiation qui a aggravé la crise au Mali» et il pourrait bien subir la même crise : «Ce n’est pas passé loin il y a un an, ça peut tout à fait se reproduire. Il n’y a pas d’armée, pas de classe politique, une société civile plus ou moins organisée et surtout une économie en coupe réglée par le clan présidentiel, une corruption qui dépasse l’entendement, une implication dans les trafics de la sous-région jusqu’au proche entourage du président».

Pour le dirigeant du Quai d’Orsay, on peut reprocher à la France «un sentiment de supériorité et une paresse intellectuelle» qui l’ont empêchée de faire la bonne analyse de la situation, mais il n’est pas question de tenir l’ancienne puissance coloniale pour responsable de ce délitement : «Si les Africains veulent la démocratie, c’est à eux d’en payer le prix (…) C’est votre pays, souverain depuis 50 ans. Il faut arrêter de dire que c’est la faute aux anciennes puissances coloniales. Tout ça c’est de la foutaise! Les choses ont bien changé, heureusement. Plus de la moitié de la population n’a pas connu l’époque coloniale.»

Thierry Barbaut
www.agenceecofin.com

 

Des Jeux Olympiques en Afrique ?

Actuellement, les espoirs de voir l’Afrique accueillir les Jeux olympiques reposent entre les mains de la seule puissance émergente du continent.

En 2012, Londres réalise un triplé olympique. Après 1908 et 1948, la capitale anglaise accueille ses troisièmes Jeux, un record.

Depuis 1896, cet évènement planétaire a fait le tour du monde, de Los Angeles à Tokyo, en passant par Paris.

Mais jusqu’ici la flamme olympique n’a illuminé aucune ville africaine. Une tendance qui n’évoluera pas pour les deux prochains Jeux.

En 2016, Rio organisera les JO. Et parmi les potentielles villes hôtes des Olympiades de 2020, on ne trouve aucun candidat africain (Madrid, Istanbul, Tokyo).

Le 9 août, Raila Odinga, Premier ministre kényan, a déclaré à Londres que Nairobi, la capitale du pays, se porterait candidate pour organiser les Jeux de 2024.

Casablanca (Maroc) et Durban (Afrique du sud) devraient également déposer une candidature. Mais l’Afrique est-elle capable d’accueillir les Jeux dès 2024?

L’Afrique du Sud, seul candidat crédible

Impossible économiquement pour la quasi-totalité des pays d’Afrique qui n’a pas les moyens d’organiser les Jeux olympiques:

«Le budget des Jeux olympiques est plus important que le produit intérieur brut (PIB) de plusieurs dizaines de pays d’Afrique subsaharienne. […] Le PIB du Burundi (1,8 milliards d’euros) est plus petit que le budget des Jeux de Londres (enviro 12 milliards d’euros). Dans ce pays, les JO serait plus cher que dans la capitale anglaise, au vu des infrastructures à construire ou à rénover (métro, aéroport…)», explique Wladimir Andreff, économiste du sport.

Au nord du continent, la tâche s’avère également très compliquée pour des pays comme l’Egypte ou le Maroc qui sont, malgré tout, «beaucoup plus développés».

Selon Wladimir Andreff, un seul pays du continent est capable d’organiser les JO: l’Afrique du Sud. Un avis partagé par Patrick Clastres, historien du sport:

«Le Comité International Olympique (CIO) recherche un pays où il a les coudées franches, il ne veut pas passer sous le contrôle d’un Etat. Le Royaume-Uni est le pays le plus libéral d’Europe, et c’est aussi pour ça que Londres a obtenu les Jeux. L’Afrique du Sud présente le même type d’atout, son économie repose sur le modèle néo-libéral anglo-saxon.»

Avec un PIB de plus de 400 milliards de dollars (environ 322 milliards d’euros), le pays n’aurait aucun problème à financer l’évènement.

Economiquement l’Afrique du Sud est stable, politiquement aussi. Ces deux conditions sont indispensables quand on veut accueillir les Jeux.

Et pour s’attirer les faveurs du CIO, l’Etat africain devra également démontrer qu’il est capable d’assurer la sécurité de la population.

Protéger les gens, c’est bien. Mais il faut aussi assurer aux partenaires qu’il n’y aura pas de «concurrence sauvage et pas de guerre des marques», explique Patrick Clastres. Le CIO ne badine pas avec la sécurité juridique et commerciale.

Pays-hôte de la Coupe du monde 2010, l’Afrique du Sud est le premier pays africain à accueillir un évènement sportif majeur. «Cela prouve qu’ils ont une capacité d’organisation», affirme Wladimir Andreff.

Cette première expérience concluante est un atout non-négligeable pour le pays, s’il souhaite organiser les JO.

Autre point fort du pays de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud fait partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) organisation composée des cinq puissances émergentes.

Deux de ces pays ont déjà organisé les Jeux (Russie, Chine), et les prochaines olympiades se dérouleront au Brésil.

L’attribution des JO à la vingt-cinquième puissance mondiale ne serait donc pas illogique.

Mais accueillir un tel évènement peut également présenter quelques inconvénients.

 

Ville hôte des JO: une malédiction

Pour Wladimir Andreff, la ville-hôte des JO est «maudite».Elle est condamnée à dépenser plus que prévu.

Face à la concurrence qui souhaite également obtenir les Jeux, les candidats se doivent de présenter un dossier toujours plus attrayant.

Cela entraîne par la même occasion une augmentation des coûts initiaux. En 2005, Londres avait prévu un budget de 3,5 milliards d’euros. Au final, la capitale anglaise a déboursé près de 12 milliards d’euros.

«Les différentes villes candidates vont surenchérir les unes contre les autres pour essayer d’obtenir les Jeux. Cela rend la situation plus difficile pour une ville sud-africaine», affirme l’économiste.

Son analyse dérive de la théorie des enchères:

«Un objet convoité par plusieurs individus est mis aux enchères. Si cet objet est vendu sur le marché, les individus vont enchérir les uns sur les autres, mais ils n’iront pas au-delà du prix fixé sur le marché.»

«Mais il existe une autre situation où l’enchère porte sur quelque chose dont on ne connaît pas la valeur sur le marché, parce qu’il n’y a pas de marché pour cet objet-là. C’est ce qui se passe avec les Jeux olympiques. Quand on ne connaît pas la valeur de l’objet de l’enchère, elle est toujours payée à un prix plus élevé que la vraie valeur de l’objet. Donc les villes paient plus cher que ce qui serait normal qu’elles acceptent de payer.»

La note s’annonce salée pour le pays africain. Et les retombées économiques des Olympiades n’amortiront pas forcément les coûts.

L’organisation d’un évènement sportif ne garantit pas d’énormes bénéfices à l’arrivée. Dans certains quartiers populaires d’Afrique du Sud, on attend encore les effets de la Coupe du monde 2010.

«Il y a un impact économique qui a été en partie positif. Mais il a été moins important que les prévisions, notamment parce que les spectateurs étrangers sont venus moins nombreux (surtout les Africains) que ce qui était prévu.»

A Londres, «les retombées positives des Jeux seront inférieurs au coût des JO. Le gouvernement annonce officiellement 17 milliards d’euros. De l’autre côté on sait que les Jeux vont probablement coûter 30 milliards d’euros».

Un déficit que le contribuable de Londres est en charge de combler. S’agissant des infrastructures le constat est identique, la population n’en bénéficiera pas. «A Athènes et Pékin, certaines installations sont quasiment à l’abandon aujourd’hui», affirme Patrick Clastres.

Durban doit prendre en compte tous ces paramètres. Dans un pays où 50% de la population noire vit en dessous du seuil de pauvreté, dépenser des milliards de dollars pour des Olympiades n’est pas anodin.

En 2011, l’Afrique du Sud, qui avait envisagé une candiature pour les JO de 2020, s’était retirée, l’Etat préférant se concentrer sur les problèmes de politique intérieure.

La puissance émergente du continent peut financer les Jeux et a les moyens de proposer un dossier crédible pour 2024.

Reste à savoir si le gouvernement est prêt à faire des JO une priorité nationale.

Outre l’aspect économique, la politique joue un rôle prépondérant dans la course à l’obtention des Jeux.

Les Jeux politiques

Pour l’Afrique du Sud, les Jeux olympiques sont un moyen de rayonner à travers le monde. Et pour le CIO, attribuer les JO à un pays africain présente aussi des avantages:

«Le CIO a besoin de conquérir de nouveaux territoires. Actuellement, deux espaces échappent à l’olympisation du monde, la capacité du Comité à être présent sur tous les territoires de la planète: l’Inde et l’Afrique. Le CIO a besoin d’organiser les JO sur le continent africain le plus tôt possible», explique Patrick Clastres.

Cette initiative permettrait à cette institution conservatrice de faire preuve d’ouverture, à l’image de la Fédération internationale de football Association (FIFA) qui a déjà fait de la désignation du pays hôte un symbole.

En 2004, la FIFA attribue à l’Afrique du Sud l’organisation de la Coupe du monde 2010, une première pour le continent.

Trois ans plus tard, elle décide qu’en 2014, le prestigieux tournoi de football se jouera au Brésil, puissance émergente de l’Amérique du sud.

En 2009, le CIO confie à Rio de Janeiro l’organisation des Jeux de 2016. Mais pour le moment, aucun geste n’a été fait en direction de l’Afrique.

«Le CIO est beaucoup moins progressiste que la FIFA. Son image est encore trop élitiste et elle a toujours un coup de retard sur l’instance du football.»

En attribuant les JO à l’Afrique du Sud le CIO comblerait ce retard.

Et pour obtenir ces Jeux, le pays doit faire du lobbying. L’Afrique du Sud pourra compter sur le soutien des pays émergents et des autres pays africains.

A travers sa candidature, le pays cristallisera les espoirs de tout un continent.

«S’ils veulent être performants, il faut qu’ils en fassent une candidature de l’Afrique.»

«Pour qu’il y ait du lobbying, il faut aussi que des partenaires aient intérêt à attaquer le marché sud-africain.»

Dans le dossier de candidature, la présence des investisseurs est essentielle:

«En 1988, nous avons eu des Jeux Adidas. Horst Dassler, patron de la marque, qui voulait conquérir le marché de l’Asie Pacifique, a passé un accord avec Juan-Antonio Samaranch, président du CIO. Les Jeux se sont déroulés à Séoul, en Corée du Sud, et à partir de là, Adidas a performé dans toute la région.»

L’Afrique du Sud est le candidat le plus crédible accueillir les Jeux olympiques. Et même si le pays échoue dans sa conquête pour 2024, le CIO, désireux d’«olympiser» la planète, devra accorder les Jeux à un état africain à court ou moyen terme.

Selon toute vraisemblance, l’Afrique du Sud sera le premier pays du continent à accueillir des Olympiades.

Les candidatures kényanes et marocaines traduisent la volonté du continent d’être un acteur majeur de l’olympisme et l’envie de faire entendre sa voix dans le concert des nations.

Depuis de nombreuses décennies, l’Afrique brille aux JO, notamment en athlétisme. Aujourd’hui, le continent se doit d’organiser le plus grand évènement sportif du monde.

2024 pourrait constituer une année charnière pour l’Afrique et les Jeux olympiques.

Thierry Barbaut
Source: www.slateafrique.com

 

Ambatovy : le plus gros projet de l’histoire de Madagascar

Le projet Ambatovy, joint-venture de 5,5 milliards $, est le plus important projet d’investissement de l’histoire de Madagascar. Une production annuelle moyenne de 60000 tonnes de nickel, 5600 tonnes de cobalt et 190000 tonnes de sulfate d’ammonium est attendue sur une période de 29 ans.

Les premières exportations de la production minière (nickel pur à 99,9% et cobalt pur de 99,3 à 99,8%) seront effectives en fin 2012 ou début 2013.

Les principales infrastructures du projet sont :

-le site d’exploitation et d’extraction des minerais est situé près de la ville de Moramanga

un pipeline de 220 km qui transporte la pulpe de minerai latéritique vers l’usine de traitement situé au sud de Toamasina

-une usine de traitement de l’équipementier Sherritt International Corporation à procédé hydrométallurgique qui transforme la pulpe de minerai en briquettes hautement concentrées de nickel et de cobalt

-le port de Toamasina qui permet d’exporter la production vers les clients finaux. Les infrastructures portuaires ont été renforcées pour incorporer un nouveau terminal à combustible ainsi que des équipements de stockage pour importations de matières premières telles que le calcaire, le charbon, le soufre et l’ammoniac.

En termes de fiscalité, le gouvernement s’attend à des redevances, impôts, taxes et droits, et autres paiements. Ces fluxs financiers dépendront du cours du nickel et du cobalt et du résultat opérationnel de la mine.

La société projet est détenue par 4 actionnaires : Sherritt International Corporation, promoteur du projet (40% des actions), Sumitomo Corporation (27,5% des actions), Korea Resources Corporation (27,5% des actions) et SNC Lavalin, chargé de la construction et de l’ingénierie qui détient 5% des actions.

Vidéo du projet:
http://www.ambatovyfiles.net/files/film/video.html

Le syndicat des prêteurs comprend des banques commerciales (Banque de Tokyo-Mitsubishi UFJ, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, ING Bank NV, Mizuho Corporate Bank, Shinhan Bank, Société Générale, Sumitomo Mitsui Banking Corporation, Woori Bank), des organismes de crédit à l’exportation et les banques internationales de développement (Banque Africaine de Développement, Banque Européenne d’Investissement, Export Development Canada, Export-Import Bank of Korea, Japan Bank for International Cooperation)

Plus d’info :

www.ambatovy.com/docs/wp-content/uploads/BANJINA_4_Fr.pdf

Thierry Barbaut

Rebondissement sud africain dans l’affaire Uramin Areva

Le quotidien sud africain Mail & Guardian dévoile les raisons qui, selon son enquête, avaient amené Areva à surpayer la société Uramin en 2007 : la contrepartie de ce sur-paiement aurait été la garantie, de la part de l’administration Mbeki, de gagner un gigantesque appel d’offres nucléaire de 2 EPR et de plusieurs réacteurs.

«Le deal était qu’Areva achète Uramin et gagne en retour l’appel d’offres. Areva payait trop cher Uramin – qui valait la moitié. Mais le groupe français allait décrocher des contrats pour des réacteurs et une usine d’enrichissement, pour une valeur dix fois supérieure», affirme la source du quotidien sud-africain dont l’identité n’a pas été dévoilée.

La société Uramin avait été achetée, il y a 5 ans, par Areva, pour le prix faramineux de 2,5 milliards de dollars. Aujourd’hui cet actif est considérablement dévalué au point d’être compté pour nul dans la comptabilité du groupe français. Selon le Mail & Guardian Areva n’a finalement pas obtenu la contrepartie attendue puisque l’appel d’offre à été suspendu par le successeur du président Thabo Mbeki.

Les intéressés ont naturellement démenti cette information.

Thierry Barbaut
Sources: Agenceecofin

 

SAP prévoit des revenus d’un milliard de dollars en Afrique dans les 5 ans à venir

SAP, l’éditeur allemand de logiciels, prévoit de tirer un milliard de dollars de revenus, au cours des cinq prochaines années, de ses opérations en Afrique.

Selon son co-directeur général Bill McDermott, SAP envisage de créer en Afrique un écosystème à partir duquel il organisera son développement. La compagnie compte de plus en plus de partenaires locaux et estime que, d’ici 2015, 40% de ses revenus viendront de ces partenaires.

De l’avis de son co-directeur général, le groupe va investir des millions de dollars dans son écosystème pour atteindre au moins, d’ici 2020, une croissance minimum de 50% en Afrique. Dans cette perspective, il aidera ses partenaires à former leurs employés, car « il y a là beaucoup d’opportunités » et SAP « doit aller là où se trouve le marché ».

En Afrique, SAP vise à se développer en direction des secteurs des ressources, des infrastructures et des services financiers pour profiter de l’énorme potentiel existant. Le groupe entend évoluer à partir de ses cinq piliers que sont les applications, l’analyse, le mobile, les bases de données et le cloud computing.

Dans le monde, SAP propose ses services à quelque 200000 entreprises et emploie environ 61000 employés dans 134 pays, avec des solutions utilisées dans 24 types d’activités.

Thierry Barbaut
Sources: www.agenceecofin.com

 

Rihanna trop sexy pour Nivéa !

Rihanna trop sexy pour Nivéa ?

Trop sexy pour… Nivéa !

Rihanna trop sexy pour Nivéa ?

Stefan Heidenreich, le nouveau PDG de la société qui commercialise Nivea, peine à apprécier les sorties dénudées de la chanteuse Rihanna, qui représente sa marque. En guise de réponse, la belle de la Barbade lui a décoché une flèche venimeuse sur Twitter.

Shocking ! Le nouveau PDG de Beiersdorf – l’entreprise qui commercialise Nivea – juge que la chanteuse américaine Rihanna, égérie de la marque depuis 2011, est beaucoup trop sexy.

Stefan Heidenreich ne semble pas franchement apprécier les derniers clips de la star, où elle apparaît à moitié nue, ni ses sorties festives arrosées d’alcool, joint à la main. « Je ne comprends pas comment Nivea a pu s’associer avec Rihanna.

Nivea est une entreprise dont les valeurs sont la confiance, la famille et la fiabilité », a-t-il confié au journal allemand Die Welt, le 3 août.

Pour son centenaire, la marque de produits cosmétique, très utilisée par les femmes africaines, avait demandé à la belle de prêter ses traits et sa voix à sa campagne publicitaire.

Le contrat a d’ailleurs permis à Rihanna d’atteindre le top 5 des chanteuses de moins de 30 ans les mieux payées, selon le magazine américain Forbes, avec 53 millions de dollars entre mai 2011 et mai 2012. En parallèle, Nivea – qui signifie en latin « blanc comme neige » – sponsorisait la tournée de la chanteuse à travers le monde.

Après les déclarations de Stefan Heidenreich, la star s’est contentée de réagir via son compte Twitter en publiant une photo du PDG avec pour commentaire : « Aucune légende n’est nécessaire ».

Thierry Barbaut
Source: www.jeuneafrique.com

 

Jean Christophe Brassart de Planeteballoon.com: Ensemble faisons de l’Afrique, une Terre d’Envol !

Une initiative intéréssante et à suivre de prés, Voler, visiter, et promouvoir des sites d’exeptions en Afrique grace aux ballons en embarquant des passagers. Présentation de Mr Brassart et de son concept !

Portrait de Jean Christophe Brassart: Tous ceux qui ont vécu en Afrique sont d’accord pour reconnaître que l’on ne revient pas indemne d’une telle expérience et que l’on souhaite intérieurement pouvoir y retourner. Je ne fais pas exception !

Mon père militaire m’a offert la plus belle enfance que l’on puisse rêver en m’emmenant en Afrique de mes 5 ans à mes 18 ans ! De la côte d’Ivoire à Djibouti, l’Ethiopie en passant par Madagascar, tous ces séjours m’ont imprégné d’Afrique au point que je me suis moi-même engagé dans l’armée française pour renouer avec ce continent. Du Tchad à la Centrafrique, j’ai parcouru le Continent au travers de nombreuses actions humanitaires.

Aujourd’hui avec Planete Balloon, j’ai toujours cette volonté de vouloir apporter ma contribution au développement de ce Continent, à transmettre un savoir-faire touristique dont l’Afrique a besoin au moment où tout s’accélère pour Elle.

Planete Balloon, Agence de Consulting en tourisme Aérien se met à la disposition des Autorités ou d’investisseurs locaux pour implanter, développer le tourisme aérien mais aussi pour assurer les formations nécessaires à une totale autonomie et en favorisant l’emploi sur place.

Fruit de notre expérience et professionnel des deux activités (Montgolfière et Ballon Captif), il ressort que le ballon captif correspond le mieux aux attentes des professionnels du tourisme ou des Autorités en Afrique.

Pourquoi ?

La montgolfière reste une activité haut de gamme et nécessite des conditions très particulières. Pratiqué au Kenya, Tanzanie, le prix d’un billet est de l’ordre de 250/350 euros ! Elle ne concerne qu’une minorité de touristes aisés. Elle demande également des qualifications spécifiques et à l’heure actuelle les pilotes présents en Afrique sont majoritairement étrangers avec pour conséquences une très faible incidence au niveau local (emploi, retombées économiques).
De ce constat est né notre concept du ballon captif pour offrir un produit qui sera accessible au plus grand nombre avec des équipages locaux.

Quel concept ?

Le ballon captif à hélium est un système qui permet d’offrir une vue à 360° à 150m d’altitude.
Centre ville, parc d’attractions, sites touristiques, réserves d’animaux, ce ballon, écologique, totalement silencieux, permet 6 vols l’heure (contre deux vols par jours pour la montgolfière !) et toute la journée, voir même de nuit avec son système d’illuminations interne.
Gonflé à l’hélium (gaz ininflammable), ce ballon reste gonflé toute la saison et deviens un outil de communication extraordinaire avec la possibilité « d’habiller » son enveloppe aux couleurs du pays, d’un sponsor… Il est visible à 5 kms à la ronde !
Ce concept est de loin le plus rentable pour un investisseur comparé à la montgolfière.
Le retour sur investissement peut se faire en moins d’un an.

Considéré comme « attraction » il ne nécessite pas d’autorisations spéciales de l’aviation civile ni de licence de pilote ! De fait, nous assurons de A à Z l’implantation du ballon et la formation du personnel jusqu’à sa totale autonomie. Ce concept devient donc 100% national moins de 6 mois après son implantation. Nous assurons bien évidemment le SAV et restons en contact avec nos partenaires.

Conscient de l’importance de l’investissement sur les plus gros ballons, nous proposons différentes tailles pour répondre aux besoins des plus petites structures (parcs nationaux, petites villes…)
Nos ballons ont une capacité qui va de 2 à 30 personnes.

Accessible au plus grand nombre le prix du billet du ballon captif (en Europe) est de 10/12 euros contre 200 pour un vol en montgolfière. A titre d’exemple, le ballon de Paris fait 120 000 entrées à l’année.
Ce concept donne la possibilité à la population, aux écoles de vivre cette extraordinaire expérience.

Parmi nos services, nous apportons aussi notre expérience en matière de marketing avec des suggestions d’activités complémentaires autour du ballon (boutique, restaurant, location pour incentives…)

L’Afrique est vierge de ce type de produit et nous souhaitons mettre à la disposition des Autorités ou d’investisseurs un concept qui sera entièrement géré par eux sans qu’il soit nécessaire de faire appel à une présence étrangère.

Offrir de voir la Capitale du Pays, les animaux autour d’un point d’eau ou un prestigieux site touristique peut devenir votre porte-drapeau d’un tourisme écologique.
Voir votre message et vos couleurs 5kms à la ronde et tout au long de la journée par des milliers de personnes transforme votre ballon en un gigantesque panneau d’affichage.

De 90 jours pour les plus petits ballons à 6 mois pour les plus gros suffisent entre la signature du contrat et votre premier passager.

Thierry Barbaut
www.info-afrique.com

Pour tout renseignement :
Jean-Christophe BRASSART– info@planeteballoon.com

Ensemble faisons de l’Afrique, une Terre d’Envol !

 

JO 2012 : Usain Bolt, le « chouchou » de l’Afrique

 

La victoire de Bolt ne doit pas faire oublier les exploits africains

Le Jamaïcain Usain Bolt a remporté ce dimanche 5 août l’épreuve du 100 m des Jeux olympiques de Londres, devant son compatriote Blake et l’Américain Gatlin. Sur les réseaux sociaux, les Africains se passionnent pour la fusée Bolt, en oubliant souvent que des athlètes africains ont réalisé des exploits ce week-end.

Certains doutaient de son état de forme. Or, ce dimanche aux Jeux olympiques (JO) de Londres, Usain Bolt a mis tout le monde d’accord. En 9″63, le sprinteur jamaïcain a réalisé le deuxième meilleur temps de toute sa carrière. Une victoire phénoménale lors de la finale la plus rapide de l’histoire, avec cinq coureurs sous les 9″90. « Je suis venu ici pour défendre mon titre, je suis très honoré », a-t-il déclaré sur France 2.

Le météore Bolt peut maintenant se tourner vers son nouveau défi, le 200m. En cas de victoire, il deviendrait le premier homme à faire deux fois le doublé sur 100m et 200m lors des JO. Il est à l’heure actuelle, le second sprinteur de l’histoire après le grand Carl Lewis, à conserver sa couronne olympique sur 100m à quatre ans d’intervalle. Usain Bolt est assurément un génie du sprint.

Ses résultats hors du commun, sa grande décontraction et son sourire, en font le « chouchou » des Africains. Sur les réseaux sociaux, son nom est partout depuis sa victoire. L’étincelle Bolt a pratiquement effacé les performances des athlètes africains.

Des exploits silencieux

Alors que tout le monde ne parle que du sprinter jamaïcain, des Africains ont réalisé des exploits ce week-end. A commencer par l’Ethiopienne Tiki Gelana, qui a remporté le marathon des JO en 2h 23 min 07 sec, devant la Kényane Priscah Jeptoo et la Russe Tatyana Petrova Arkhipova. Cette gazelle éthiopienne a même amélioré le record olympique de la discipline. Sa compatriote Dibaba s’est quant à elle imposée sur le 10 000m, devant les Kényanes Sally Kipyego et Vivian Cheruiyot. Au 10 000m masculin, l’Ethiopien Tariku Bekele s’est contenté d’une médaille de bronze.

Par ailleurs, le Kényan Ezekiel Kemboi, a également réalisé une performance en devenant champion olympique du 3 000m steeple, devant le Français Mahiedine Mekhissi et un autre Kényan, Abdel Kiprop Mutai. L’Algérie a de même obtenu des résultats grâce à Taoufik Makhloufi, grand espoir de médaille, qui a dominé la demi-finale de la course du 1 500m. Le coup de chapeau revient sans doute à Oscar Pistorius, le Sud-Africain amputé avant même de savoir marcher, qui a couru l’épreuve du 400m sans démériter. Il est le premier athlète handisport à s’être qualifié aux épreuves d’athlétisme pour les JO.

Pour résumer, l’Afrique est en forme ! L’athlétisme est en effet le temps fort pour le continent au cours des JO. Et pourtant, Usain Bolt a détourné les regards des exploits africains de ce week-end. La minuscule île de la Jamaïque a fait de l’ombre à la grande Afrique.

 

Thierry Barbaut

Sources: www.afrik.com

 

 

L’éditorial d’Août 2012

Thierry Barbaut
Thierry BARBAUT

Conflits, richesses, pouvoir et potentiel. L’Afrique en développement face à l’Europe en crise, 5 kilomètres nous séparent !

Une année déjà bien riche de multiples actualités pour l’Afrique, avec de bonnes, et de mauvaises nouvelles pour le continent noir comme pour l’Europe.

Conflits encore et toujours, et pour les mêmes raisons…
Tout le monde a les yeux braqués sur la situation complexe du nord Mali, qui, pour de nombreuses raison a sombré dans l’instabilité. Il est quand même assez évident que la situation a été laissé à l’abandon par ATT le président, qui juste avant sa fin de mandat a laissé la situation du nord s’aggraver. En effet la fin du conflit Lybie a ouvert une porte à une large diffusion d’armes dans cette gigantesque région Sahélienne.
Cette région étant quasiment géographiquement grande comme la « petite » Europe, et déjà cible de nombreux problèmes dont AQMI en est un des principaux. Mais le Mali à aussi payé trés cher sa déstabilisation politique et la « fuite » de son président de transition (en France suite à son agression, mais de retour depuis malgré que le peuple semble demander sa démission), laissant la place libre a de nombreuses complications.
Comme l’évoque le charismatique chanteur Ivoirien (exilé au Mali justement) Tiken Jah Fakoly dans notre interview de Juin, « la solution au Mali passera d’abord par le rétablissement de la stabilité a Bamako ».
Aujourd’hui il me parait évident qu’une action militaire va être mise en place avant la fin de l’année.
Ce qui nous parait assez incroyable c’est que d’un côté il faut intervenir militairement et cela va se faire, et de l’autre les militants de l’Azawad, ce nouvel état islamique, se préparent, s’arment, détruise les biens culturels et terrorisent la population ! (lapidation, charia, etc…) Bref, ils se préparent au combat et l’histoire nous à enseigner combien il fallait se méfier de ces situations complexe.
De ce fait ils sont en train de s’organiser, lisent les même journaux que nous et vont pouvoir résister avec des mois, voire un an, de préparation et donc d’anticipation a cette attaque.
La déstabilisation de ce secteur va s’accentuer et se déplacer vers d’autres régions, elles aussi très fragilisés: Mauritanie, Cote d’Ivoire, la liste est longue.
L’OUA ou la CEDEAO vont avoir un beau défi à relever avant la fin de l’année.
En matière de conflit hélas les histoires se répètent et se ressemblent…
Le continent a même vu, et ce n’est pas une première, un pays se couper en deux pour mieux se faire la guerre et se battre pour le… Pétrole, l’or noir n’a pas fini de tuer: Le Soudan, c’est maintenant deux pays qui tentent de se séparer plus que par une frontière, mais par un contrat pétrolier, masqué par un conflit ethnique, culturel et comme d’habitude, religieux…
Ce conflit a des répercussions, là aussi sur de nombreux pays, Tchad, Lybie et même Centrafrique, pays déjà bien exposé a de nombreuses complications avec la RDC….
RDC qui elle aussi, tente de gérer ses interminables conflits ethniques et minier, le M23 (mouvement rebelles du 23 Juin) saigne le Kivu, et les réfugiés ne le sont plus, puisqu’ils finissent par vivre depuis plusieurs générations a des milliers de kilomètres de leurs pays d’origines… Ce conflit la aussi est un reste du génocide du Rwanda qui en 1994 a fait des millions de morts et de réfugiés…
La RDC, deuxième plus grand pays d’Afrique, avec plus de 70 000 000 d’habitants, est ingérable. Comment Controller un pays si vaste avec un seul gouvernement ? Vaste et inaccessibles, ni route ni train, juste quelques compagnies aériennes, inaccessible a la population, dont les avions tombent régulièrement en brousse ou même en ville…
Là aussi pourtant un des pays les plus puissant au monde en 1970, les mines de cuivres avaient fait de Mobutu Sesse Seko l’homme  le plus riche du monde !

 

Potentiel Africain !
Sur un autre plan, l’Afrique avance à grands pas, même à pas de géant, de nombreuses multinationales voient la crise Européenne et mondiale se développer et ils investissent de plus en plus en Afrique. Nous sommes, j’en suis sûr à l’aube d’une nouvelle ère, ou Europe et Afrique vont devoir coopérer plus sereinement afin de promouvoir les meilleures actions possible pour développer l’Afrique et résister à la crise. Une action conjointe est possible car l’Afrique a besoin de nous comme nous avons besoin d’elle.
Il n’est plus question de coopération mais de réussite obligatoire, le Nigéria aura une population de 400 000 000 d’habitants en 2030 et il faudra loger, nourrir et soigner cette gigantesque population qui représentera le 3eme pays le plus peuplé au monde.
Quand à nous en Europe nos dettes sont aussi énorme que notre train de vie: Colossales. Colossal comme le précipice dans lequel nous allons sombrer si nous ne sommes pas capables de nous réformer et nos institutions seront celles qui devront donner l’exemple, même si cela doit se faire dans la douleur.

Nouvelles technologies en Afrique ?
Si j’étais Mark Zukenberg ou Google j’installerais mes filiales en Afrique, en Angola, en Afrique du Sud, au Ghana et je montrerais l’exemple avec des entreprises modernes, des nouvelles technologies, car en Afrique Internet est déjà là depuis longtemps et le potentiel humain en matière de développement informatique et technologique est immense.
Exemple aussi de Hapsatou Sy, la jeune entrepreneuse Francaise qui développe sa première franchise en Angola, lire notre interview d’Aout.

Notons que de nombreuses solutions existent, et que, en matière d’investissement, de technologies et de matière première, l’Afrique reste et restera pour longtemps un potentiel énorme pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Comme je disais-ci dessus, notre continent Européen n’est qu’a une poignée de kilomètres de l’Afrique…

 

 

 

 

Thierry Barbaut
Thierry BARBAUT

Conversation avec Hapsatou Sy : L’Afrique : « le plus beau voyage de ma vie », j’ouvre un espace de beauté à Luanda en Angola

Hapsatou Sy avec Thierry Barbaut et info Afrique pour www.info-afrique.com
Hapsatou Sy avec Thierry Barbaut et info Afrique pour www.info-afrique.com

Conversation avec Hapsatou Sy : La dynamique chef d’entreprise nous parle de son amour pour  L’Afrique : « le plus beau voyage de ma vie » et d’Ethnicia qui change de nom pour « Hapsatou Sy » et se développe avec une première franchise Africaine à Luanda en Angola.
Thierry Barbaut
info-afrique.com

Ethnicia c’est aujourd’hui 150 collaborateurs, 6 000 000 d’euros de chiffre d’affaire et 17 points de vente.

Hapsatou Sy m’a reçu dans son premier espace de beauté Quai Bourbon sur l’Ile St Louis à Paris crée en 2005.
Une très belle rencontre avec une femme dynamique, charismatique et passionnante. Elle ne perd pas pied dans le rythme effréné des affaires et de ses expériences télé avec M6.
En effet, Hapsatou  reste passionnément amoureuse de ses origines, l’Afrique, et particulièrement du Sénégal et du sud de la Mauritanie, avec pour cadre les villes et villages qui bordent le sublime fleuve Sénégal, source de vie de millions de gens.

Nous avons donc pu échanger sur deux thèmes principaux, L’Afrique d’Hapsatou, sa vie et ses origines, puis le monde des cosmétiques de la beauté et les futurs projets de son entreprise.

L’Afrique et Hapsatou Sy…

Thierry Barbaut : Hapsatou, vos origines sont en Afrique, avec un père Sénégalais et une mère Mauritanienne. Vous êtes allés dans ces pays et vous vivez depuis toujours en France, quels sont vos rapports avec l’Afrique aujourd’hui ?
Hapsatou Sy : Mon premier voyage en Afrique c’était en 1999, surement le plus beau voyage de ma vie, je ne l’oublierais jamais j’ai eu l’impression pas de découvrir, malgré le fait que ce soit la première fois que je venais, mais de « rentrer ».
Je disais même que je  « rentrais au pays ». D’ailleurs je me sens aussi Française et fiere de mon pays, que de l’Afrique et fiere de mon continent, du Sénégal, et de la Mauritanie.

J’ai donc réalisé ce sublime voyage, retrouvé une partie de ma famille, de mes ancêtres et véritablement ma culture !
Mais j’ai aussi tenu à aller auprès des gens, en brousse, A Orkadiere au nord du Sénégal (région du Fouta), la ville de mon père mais également à Wali le village de ma mère au sud de la Mauritanie (région de Gorgol). J’y ai oublié mes habitudes occidentales et j’ai pu me baigner dans ce qui allait devenir mes habitudes Africaines, et j’ai véritablement adoré ces moments simples et si profonds, gravir des montagnes, puiser l’eau avec mes cousines au puits, aller à la rivière faire les lessives aux champs avec ma famille, des moments extraordinaires, des journées magiques qui parfois finissaient en dansant autour d’un feu.
TB : Un véritable retour aux sources de votre culture et de vos origines ?
Hapsatou Sy : Exactement, un vrai retour aux sources et là il est véritablement possible de comprendre où est le véritable bonheur de vivre, il n’est pas que dans l’intérêt, car ils étaient tous très heureux avec peu de choses, et nous avons pu communiquer et beaucoup échanger sur le sujet.


T.B : Donc depuis ce voyage, un changement ? Un cœur un petit peu partagé entre l’Afrique de vos origines et la vie actuelle moderne àParis ?
Hapsatou Sy : Pas de changement profonds, car depuis toute petite j’ai baigné dans la culture Africaine à Paris, je parle couramment mon dialecte qui est le Peul, mes parents sont Peuls, du Sénégal et de la Mauritanie, ils m’ont toujours parlé le dialecte et m’ont fait découvrir la culture, je mange a la main à la maison, donc je n’ai pas eu l’impression de redécouvrir mais plutôt un sentiment profond de retour aux sources mais avec une redécouverte forcément parce qu’il y avait beaucoup de choses que je ne connaissais pas.
T.B : Vous retournez régulièrement en Afrique ?
Hapsatou Sy : Oui, régulièrement et avec un infini plaisir, et je parraine même une école à Dakar, je suis très attachée à mon pays et à ce superbe continent.

T .B : En Afrique et parfois sans moyens financier, les gens sont incroyablement soignés et élégants, parfois même dans des endroits extrêmement reculés. Il est fréquent de croiser des femmes superbement habillés, avec des pagnes colorés composants de superbes robes. C’est culturel de donner la plus belle image de soi en Afrique ?
Hapsatou Sy : L’apparence en Afrique est importante et même primordiale, culturellement la femme se doit d’avoir une belle apparence, tout comme l’homme qui ajuste lui aussi de nombreuses tenues typiques des régions ou ethnies avec une rare élégance. C’est dans la culture, c’est quelque chose de magique et c’est aussi ce qui m’a donné envie de travailler dans le monde de la beauté, car d’origine Africaine, j’ai baigné dedans depuis que je suis toute petite avec tous les merveilleux secrets de beauté de ma maman, et effectivement, la mode ce n’est pas de payer cher, c’est de savoir faire de ce que l’on a, quelque chose de beau !

La capitale de l’Angola, Luanda

Thierry Barbaut : L’Afrique est sortie des époques de colonialisme depuis la vague d’ »indépendance des années 60 et c’est avec la Chine et l’Amérique du sud un rare continent à être en plein développement, L’Afrique du Sud est un pays mondialement connu pour son modernisme, l’Angola possède un des PIB qui à le plus fort taux de croissance au monde, le Ghana est un modèle économique, Le Nigéria sera le troisième pays le plus peuplé au monde en 2015 avec 400 millions d’habitants.
Certaines migrations s’inverse, ainsi on voit aujourd’hui des Portugais partir chercher du travail au Mozambique ou en Angola, vous allez ouvrir le premier salon en Afrique et justement en Angola, pouvez-vous nous en dire plus ?
Hapsatou Sy : Effectivement, nous ouvrons en Angola un espace de beauté en Angola, qui ne s’appellera plus Ethnicia mais Hapsatou Sy, à Luanda, la ville la plus chère du monde ! J’y suis donc allée et malgré les préjugés qui m’ont été communiqué sur la dangerosité de ce pays, et en fait comme je m’y attendais ce n’est absolument pas le cas ! Tout s’est très très bien passé.
T.B : C’est une Franchise ?
Hapsatou Sy : C’est une franchise mais je tiens à les ouvrir avec des partenaires locaux, des gens qui connaissent parfaitement le pays, la culture, ce n’est pas parce que je suis née en Afrique que je connais tout. Ce sera une ouverture prévue pour la fin de l’année, il y eu énormément de travaux et d’aménagement sur le site, ce devra être un espace de beauté magnifique.
T.B : Ce sera la seule franchise prévue en Afrique ?
Hapsatou Sy : Ce sera la première en tout cas, et avec le nouveau nom des espace de beauté « Hapsatou Sy ».
T.B : Nous avons vu que vous soutenez Giving Back Charity (visiter le site). C’est un engagement personnel, un choix, issu de vos voyages ?
Hapsatou Sy : C’est ça, c’est les trois en même temps, c’est un homme extraordinaire, Babacar,  qui est à la tête de cette association, il est parfaitement impliqué, travaille à travers le monde et concrétise de superbes projets, voilà pourquoi je le soutiens. J’avais envie de choisir une association dont je partageais les idées, et là j’ai suivi à 100%.

Ethnicia devient Hapsatou Sy, le marché des cosmétiques, l’avenir…

T.B : Aujourd’hui la marque « Hapsatou Sy » c’est multiculturalisme et french touch ?
Hapsatou Sy : J’ai changé le nom car je voulais inviter les gens chez moi, dans ce que m’avais donné la société occidentale et Africaine, le respect, le partage, l’ouverture d’esprit c’est ce que j’avais voulu mettre dans ces espaces et j’avais envie que ce soit un lieu de multiculturalisme. Je ne souhaitais pas que dans ma salle d’attente il  y ai des magazines, comme Voici et Closer, mais plutôt des livres d’arts, de culture et de photos, j’avais envie que toutes les origines se mêlent ici dans  le respect total et ainsi prôner le fait qu’il n’y ai pas qu’une beauté, mais la beauté de tout le monde, c’est aussi pour ça que j’ai eu envie de valider ce changement de nom.
Il m’a souvent été évoqué que le mot ethnie (Ethnicia) était trop attaché à noir et métissé et je ne veux pas de communautarisme chez moi, pour moi c’est le début de la régression, c’est quelque chose de dangereux pour notre société et je ne l’accepterais jamais.
T.B : Le développement de la beauté et des cosmétiques Afro en France et en Europe est énorme, c’est plus de 12% d’augmentation par an.
Pensez-vous qu’il y ait un potentiel de développement de la cosmétique ethnique au masculin.
Hapsatou Sy : Le marché de l’homme dans les cosmétiques est un marché difficile, les hommes en Europe ne sont pas encore prêt, la consommation des hommes Africains est complètement différente, je pense que la marché est énorme, leur apparence est extrêmement importante, au-delà de ces critères, il est souvent évoqué que les Africains sont les plus grands consommateurs de crédits à la consommation, ce sont ceux qui dépensent le plus dans nos marchés et nous le constatons. Mais c’est aussi parce que nous n’avons pas en Afrique une culture d’épargne mais de consommations, profiter de la vie et consommer la maintenant et tout de suite… C’est donc effectivement une belle cible en matière de marché !
Il y aura donc un développement autour de l’homme sur l’espace de beauté en Angola.

T.B : Que pensez-vous des possibilités d’accès aux soins de beauté pour la communauté populaire Afro en France. Un marché possible pour Ethnicia qui est quand même plutôt sur un marché « haut de gamme »?
Hapsatou Sy : C’est vrai que c’est haut de gamme mais avec des prix accessible, nos prestations capillaires commencent à 30 euros, et vont effectivement jusqu’à des tarifs bien plus cher, il faut aussi penser à avoir des prestations et des prix un petit peu plus populaire pour donner accès à un plus grand nombre de consommateurs.
C’est aussi pour ça que la marque Ethnicia va devenir une marque de « Mass market » et de grande distribution pour que je puisse faire bénéficier de mon savoir-faire aux gens qui n’ont pas forcément les moyens.
T.B :
Accéder à une clientèle plus populaire avec des produits plus accessibles financièrement sous la marque Hapsatou Sy ?
Hapsatou Sy : Oui maisavec des produits de très bonne qualités, des produits des deux marques, Ethnicia en mass market et Hapsatou Sy plus sélectif.

Le premier espace de beauté Hapsatou Sy sur l’ile St Louis a Paris

T.B : Le développement commercial et marketing des grands groupes cosmétiques vers les « niches » ethniques, nous avons tous vu ces 10 dernières années les profils changer, les tops modèles aussi, des Chinoises, des Africaines sont en une des magazines ? Qu’en est ’il aujourd’hui et quelles seront les tendances de demain d’après vous ?
Hapsatou Sy : Et bien je dis ENFIN ! Les grandes marques se rendent compte enfin que ces gens dépensent, qu’ils sont soucieux de leur apparence et que ce ne sont pas des marchés à mettre de côté, et aujourd’hui la société évolue tellement dans ce sens qu’ils n’avaient pas d’autre choix que d’évoluer. Ils passaient à côté, et maintenant ils vont avoir une crédibilité à construire car ils ont laissé ce marché à l’abandon de nombreuses années. C’est donc quelque chose de totalement nouveaux pour eux, il va falloir l’aborder de façon qualitative, intelligente, car il est fréquent de voir des erreurs de communication colossales.
T.B : Ces grandes marques, mondialement réputée, vont donc devoir se développer sur ce marché contraintes et forcées ?
Hapsatou Sy : Oui, ils le sentent maintenant comme une opportunité, ils comprennent qu’il va falloir la prendre cette vague la, les idéaux beautés évoluent, dans la société aujourd’hui ce que nous trouvions de canon il y a quelques années est parfois à l’opposé du marché actuel.
T.B : Les tops modèles Africains par exemple, sont souvent très proches physiquement et par leurs couleurs de peau des modèles Européens, rarement une femme Africaines au traits typiques « négroïdes » est en une des magazines… Alors que cette beauté est de plus en plus reconnue ?
Hapsatou Sy : Oui, c’est vrai mais ça commence à venir, des femmes Africaine commencent à porter leurs cheveux au naturel, assument le côté Africain, on les voit revenir avec leurs racines, avec leurs cultures et si belles !

T.B : Les possibilités d’entreprendre et de se développer en France, votre expérience, quels en sont les secrets, la fibre, la volonté, mais c’est aussi bien savoir bien s’entourer ?
Hapsatou Sy : C’est de bien recruter, de bien s’entourer de savoir aussi tomber pour se relever, c’est très important d’apprendre par l’échec.
J’ai eu deux grandes chances : premièrement Je n’avais rien à perdre donc j‘ai tout risqué, deuxièmement, de réaliser que nous sommes dans un pays où il est vraiment possible d’entreprendre, c’était vraiment mon rêve, créer et développer mon entreprise.

T.B : Les gens vous contactent pour vous demander des conseils. L’académie Hapsatou un système de formation interne qui se développe ?
Hapsatou Sy : Effectivement ce sont des gens en interne que nous allons former et à qui nous allons proposer un emploi, je trouve qu’il y a une lacune dans ce secteur et j’avais envie de former les gens, ce sont des formations longue durée de 1 an et de plus si nécessaire, cela fonctionne uniquement à Paris pour l’instant.

T.B : Un développement à l’international, des franchises ?
Hapsatou Sy : Bien sûr on y travaille, on a déjà ouvert en Suisse, nous sommes contacté pour des franchises dans d’autres pays, c’est à l’étude.

T.B : Le changement de nom, Ethnicia devient Hapsatou Sy
Hapsatou Sy : Oui, j’en avais aussi assez d’être interpellée à propos du marché « ethnique » qui ne veux pas vraiment dire grand-chose, nous sommes tous ethniques et tous différents, je ne voulais pas participer à un combat de revendications de la couleur de peau, je ne me bat pas pour l’affirmer, elle est la et j’en suis fière.

T.B : Votre expérience télé, on a apprécié votre dynamisme, une expérience que vous voudriez renouveler ?
Hapsatou Sy : Peut- être  oui, mais je veux rester chef d’entreprise avant tout, et surtout voir les opportunités qui me seront présentées, nous verrons, mais pourquoi pas oui.

T.B : S’il vous était possible de réaliser votre rêve le plus cher quel serait ’il ?
Hapsatou Sy : Avoir une belle entreprise, pas une grande, ni une énorme, mais une jolie entreprise qui porte des valeurs, qu’elle soit un exemple et qu’elle donne des inspirations, qu’elle démontre aussi que les choses sont possibles, en rester très fière tout en maitrisant son développement. Je pourrais devenir un grand groupe mais toujours avec les mêmes valeurs, c’est primordial pour moi.

Thierry Barbaut
Directeur info-afrique.com

Les salons de beauté Hapsatou Sy
Le Blog d’Hapsatou Sy
La page Facebook d’Hapsatou
L’association Giving Back Charity

RD Congo : Goma sous la menace des forces rebelles

Ces soldats mutins ne sont qu’à une trentaine de kilomètres de la ville défendue par des Casques bleus de l’ONU.

Dans Goma, la capitale du Nord-Kivu, les habitants ne se posent qu’une question: la ville tombera-t-elle aux mains des rebelles du M23? En quelques semaines, ces militaires mutinés ont enchaîné les victoires, prenant successivement les bourgades et les villages pour ne s’arrêter finalement qu’à Rugari, à moins de 30 kilomètres de Goma. Entre les portes de la cité et les rebelles s’érige maintenant un mur de troupes congolaises, de chars des Nations unies et de Casques bleus. Ce déploiement de forces se voulait rassurant. En fait, il a surtout souligné l’incapacité des FARDC, l’armée congolaise, à endiguer l’avancée des hommes du M23. «Les FARDC ont tout simplement abandonné notre village, raconte un habitant de Rutshuru. Il n’y a même pas eu de combat.»Formé au début du mois de mai par le colonel séditieux Sultani Makenga, le M23 est officiellement un mouvement d’anciens soldats de l’armée congolaise qui se sont soulevés contre Kinshasa et son gouvernement pour obtenir un meilleur traitement. Nombre d’entre eux sont aussi des vétérans d’une autre rébellion à majorité tutsi qui, en 2007 et 2008, avait déjà menacé d’envahir Goma.Fin juin, un rapport de l’ONU a très directement accusé le Rwanda de soutenir ce soulèvement, comme il le faisait dans le passé. Et, comme dans le passé, Kigali a nié. Les fortes pressions diplomatiques sur le Rwanda n’ont rien changé. Le soutien rwandais continue et expliquerait la supériorité militaire de rebelles beaucoup mieux équipés que l’armée congolaise. Les Casques bleus de la Monusco, le contingent de l’ONU en RDC, semblent donc le dernier et seul réel rempart en cas d’attaque de la ville.

Recrutements forcés

«Tout est fait pour que Goma ne soit pas prise. La brigade du Nord-Kivu a renforcé son dispositif militaire autour de Goma pour former une ceinture sécuritaire. Des chars ont été déployés, nos hélicoptères de combat patrouillent la nuit», explique Koumbo Singa Gali, porte-parole de l’ONU à Goma. Tout danger n’est pas pour autant écarté. Selon plusieurs sources, la ville est infiltrée par des agents du M23. Une présence confirmée par Koumba Singa Gali: «Beaucoup de civils disposent d’armes, il se pourrait qu’il y ait des gens proches du M23 qui attendent un élément déclencheur pour faire quelque chose. Nous avons reçu des informations selon lesquelles le M23 aurait pris contact avec des prisonniers militaires dans la prison de Goma.» De son côté, le M23 se garde bien de démentir l’existence de cette cinquième colonne. L’un de ses officiers, le colonel Vianney Kazarama, évoque même des commandos spécialisés dans la guérilla urbaine.

Pour l’heure, une prise de Goma, aux conséquences politiques et humani­taires dramatiques, demeure peu probable. Mais la peur est là. «J’essaie de ne pas y penser, assure Rehema Tambite, une étudiante. J’étais petite lors des dernières guerres, mais je me souviens de la panique et je sais les dangers auxquels ma famille devrait faire face.»

Ces dangers, les habitants du territoire de Rutshuru les vivent, au jour le jour, depuis que le territoire a été conquis par les rebelles. Les FARDC ont tenté de reprendre le terrain perdu. Des combats d’une extrême violence ont éclaté dans certains villages, faisant plusieurs morts parmi les civils et laissant des dizaines de blessés. Les habitants des villages conquis doivent aussi fuir les recrutements forcés dans les rangs rebelles et un avenir de chair à canon. «J’étais à la maison, j’ai vu des militaires du M23 qui descendaient la colline. Ils nous ont pris. Nous étions 22 entre 15 et 25 ans. Ils nous ont dit de porter leurs munitions et d’aller au front avec eux. On les a suppliés de nous laisser, mais ils nous ont menacés», raconte ainsi Eli, un enseignant de primaire.

Grièvement blessé à la jambe lors d’un combat, Eli a pu être rapatrié dans un hôpital de Goma dont plus de 80 % des patients sont des blessés de guerre. Depuis le début du conflit au mois de mai, le nombre de ces cas a augmenté selon un rythme exponentiel. Les femmes ne sont pas plus à l’abri. Comme toujours au Congo, les histoires de viol refont surface. Le plus souvent, par honte ou par peur des représailles, les victimes préfèrent garder le silence. «Quand vient le soir, certains soldats boivent et entrent dans les maisons pour piller et violer les mamans», raconte une habitante de Rutshuru entre deux regards fuyants.

Depuis le 30 juillet, une trêve dans les combats a permis à quelques ONG de se rendre dans les zones touchées. Le M23 les laisse passer, tant que dureront les négociations en cours. En cas d’échec, les rebelles affirment qu’ils reprendront leur marche en avant. Vers Goma.

Thierry Barbaut
Sources: Le Figaro

 

l’ONU appelle tous les pays de la région à « coopérer activement » pour stopper le M23

 

Situation explosive en République démocratique du Congo…

Les 15 pays membres du conseil de sécurité des Nations unies ont condamné mercredi 2 août « tout appui extérieur apporté » à la rébellion congolaise du M23. Mardi, le représentant spécial de l’ONU pour la RDC, Roger Meece, avait exprimé ses doutes sur la capacité des FARDC à résister à l’avancée des rebelles vers Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Alors que les troupes du M23 sont aux portes de Goma, les 15 pays membres du conseil de sécurité des Nations unies ont condamné mercredi 2 août dans une déclaration « tout appui extérieur apporté » à la rébellion congolaise qui opère dans le Nord-Kivu. « Ces rebelles sont très bien équipés. Ils bénéficient d’une aide extérieure », a indiqué à Reuters un diplomate sous couvert d’anonymat. Aucun pays n’a été cité. Mais, le Rwanda, et plus récemment l’Ouganda ont été accusés d’aider le M23, ce que Kigali et Kampala démentent.

Le Conseil de sécurité demandent « à tous les pays de la région de coopérer activement avec les autorités congolaises pour le démantèlement et la démobilisation du M23 ». Saluant les contacts récents entre le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Joseph Kabila, l’ONU a dit « encourager la poursuite d’un dialogue de haut niveau à l’échelle bilatérale et régionale ». Une réunion des chefs d’État de la région doit débuter dimanche à Kampala, la capitale de l’Ouganda.

M23 mieux équipé ?

Le Conseil de sécurité demande également au M23 et à tous les groupes armés « de cesser toute forme de violence, notamment les violences sexuelles et le recrutement d’enfants-soldats ». Les Nations unies sont « profondément préoccupées par l’aggravation de la situation humanitaire » au Nord-Kivu et « appellent la communauté internationale à fournir l’appui humanitaire approprié ».

Mais les craintes exprimées par le représentant spécial de l’ONU pour la RDC devant les membres du Conseil vont plus loin. Selon des diplomates Roger Meece a mis en doute la capacité des forces gouvernementales congolaises (FARDC) à résister à l’avancée des rebelles vers Goma. « Le M23 semble beaucoup mieux équipé que l’armée et ses effectifs ont augmenté depuis quelques semaines », a indiqué un haut responsable de l’ONU sous couvert de l’anonymat mardi.

(Avec AFP)

Elections a Madagascar: Ce sera en Mai 2013 !

Plus de trois ans après la démission de l’ancien président malgache Marc Ravalomanana et l’arrivée au pouvoir de l’ancien maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, la commission électorale de l’île a enfin arrêté, mercredi 1er août, la date des prochaines élections. Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 8 mai 2013, suivi le 3 juillet d’un éventuel second tour jumelé avec les législatives. Cette annonce, selon certains diplomates, devrait mettre une pression supplémentaire sur les deux hommes pour qu’ils s’entendent et mettent un terme à la crise politique et sociale dans laquelle s’enlise le pays depuis que le jeune maire de 37 ans a pris la tête du pays, le 17 mars 2009.

Au même moment s’ouvre à Pretoria le procès du président déchu, exilé en Afrique du Sud depuis 2009. Marc Ravalomanana comparaît dans le cadre de l’affaire dite du « 7 février » : trente manifestants malgaches avaient été tués par sa garde personnelle, le 7 février 2009, devant le palais présidentiel dans lequel il était alors retranché, à l’extérieur de la capitale Antananarivo. Les proches des victimes lui réclament aujourd’hui 23 millions de dollars (19 millions d’euros).

Déjà condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité en août 2010, Marc Ravalomanana avait insisté sur l’incapacité de la cour malgache à le juger. « Marc Ravalomanana a depuis toujours réclamé une enquête internationale sur le ‘7 février’. Cela devrait faire la lumière sur l’affaire une bonne fois pour toutes », a déclaré au quotidien L’Express de Madagascar Me Hanitra Razafi­manantsoa, avocate proche de l’ancien président.

UNE SITUATION BLOQUÉE

A Madagascar, la crise semble toutefois ne pas pouvoir se résoudre tant que les différends entre les deux rivaux ne seront pas réglés. Si quelques gestes du gouvernement de transition, comme le retour de l’ancien président Didier Ratsiraka, en novembre 2011, après neuf ans d’exil, avaient pu être interprétés comme « une preuve que Madagascar est irrévocablement sur la voie du changement », les blocages diplomatiques se sont multipliés depuis le début de l’année.

Les deux rencontres organisées le 25 juillet à Desroches, petite île isolée de l’archipel des Seychelles, n’ont pas permis d’aboutir à un accord, malgré la présence des présidents sud-africain et seychellois. Alors que la communauté de développement d’Afrique australe (SADC, Southern African Development Community), qui organise la médiation entre les deux rivaux, avait sommé ces derniers de trouver un accord avant le 31 juillet, ce nouvel échec l’a obligée à repousser son ultimatum au 31 août. Marius Fransman, le vice-ministre des affaires étrangères sud-africain, qui mène les efforts de médiation à la SADC, a annoncé le 27 juillet que les deux hommes devraient se rencontrer à nouveau dans les dix jours.

Lire : Crise malgache : Ravalomanana et Rajoelina devront se revoir

Autre pomme de discorde : la question du retour des exilés. Deux jours après ce rendez-vous raté, l’épouse de Marc Ravalomanana a été refoulée à l’aéroport d’Antananarivo par la police de l’air, alors qu’elle essayait une fois de plus de revenir sur le sol malgache, où l’attend son fils depuis plusieurs mois. Mamy Rakotoarivelo, président du gouvernement de transition et chef de la mouvance Ravalomanana, avait pourtant affirmé que le premier ministre, Omer Beriziky, avait donné son accord à l’entrée de Mme Ravalomanana sur le territoire malgache. De son côté, la SADC a fermement condamné cette tentative de retour à Madagascar, dénonçant une violation du processus de négociation en cours.

Marc Ravalomanana avait d’ailleurs dû essuyer la même déconvenue en janvier, lorsque son avion avait été empêché d’arriver à Antananarivo. La présidence de la transition avait alors expliqué que l’objectif était d’obliger l’ancien président à atterrir dans un aéroport de l’ouest du pays, afin de « permettre aux autorités de police judiciaire d’exécuter le mandat d’arrêt décerné contre M. Ravalomanana ».

Lire : A bord de l’avion dérouté de l’ex-président malgache Ravalomanana

« FAIRE LA PAIX, PAS LA GUERRE »

Revenir dans son pays peut en effet s’avérer risqué pour Marc Ravalomanana. Si la « feuille de route », adoptée en septembre 2011 par les différents partis malgaches, prévoit un retour des exilés « sans condition », une « note explicative » a été ajoutée, qui précise que le terme « sans condition » ne suggère et n’implique pas « une exonération de poursuites judiciaires ». Une disposition que dénonce l’ex-président : « Ce serait une erreur grave si j’étais arrêté à Madagascar. (…) Je n’ai rien à craindre, je n’ai rien fait de mal », a-t-il répété à plusieurs reprises le 20 janvier, notant qu’il était absent lors des faits, en 2009. « Il y a eu un procès par contumace conduit par un tribunal fantoche, je n’étais pas là, et j’ai demandé à plusieurs reprises une enquête indépendante », a-t-il expliqué.

Le président déchu a souligné qu’il voulait rentrer dans son pays « pour faire la paix, pas la guerre ». Mais il a beau affirmer qu’il reconnaît désormais l’autorité de transition dirigée par Andry Rajoelina, il se considère toujours comme le chef de l’Etat « démocratiquement élu ». Il a également réitéré son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle. En cas de réélection, celui qui a été renversé parce que son régime devenait trop autocratique a notamment promis liberté de la presse et liberté d’expression.

De son côté, le jeune président du comité de transition a fait adopter par référendum, en novembre 2010, une nouvelle Constitution, abaissant notamment l’âge requis pour se présenter à l’élection présidentielle de 40 ans à 35 ans. Une disposition qui lui permettra de se présenter aux élections de 2013.

Lire : Marc Ravalomanana, un autodidacte devenu trop gourmand

Lire aussi : Qui est l’étrange Andry Rajoelina ?

 

Thierry Barbaut
Sources: Le Monde

 

 

Hillary Clinton remercie le Sénégal d’être un modèle pour l’Afrique de l’Ouest

Les discours de Dakar se suivent et ne se ressemblent pas. Cinq ans après celui – tristement célèbre – de Nicolas Sarkozy, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a prononcé une allocution pleine de compliments envers la démocratie sénégalaise. Tout en fustigeant les coups d’État qui demeurent légion sur le continent.

C’est un hommage appuyé à la démocratie sénégalaise que la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a rendu à Dakar, mercredi 1er août. Pour cela, elle a choisi l’Univesité Cheikh Anta Diop. Un lieu hautement symbolique où, un certain 26 juillet 2007, le président français Nicolas Sarkozy avait prononcé son fameux discours sur « l’homme africain (qui) n’est pas assez entré dans l’Histoire ».

Hillary Clinton, qui effectue une tournée de onze jours en Afrique pour porter la vision de l’administration Obama pour le continent – laquelle se résume en trois mots : démocratie, croissance et sécurité – n’a évidemment pas fait preuve de la même condescendance teintée de racisme que l’ancien président français. « Si quiconque doutait que la démocratie pouvait prospérer en Afrique, qu’il vienne au Sénégal. Les Américains admirent le Sénégal comme l’un des seuls pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a jamais connu de coup d’État militaire », a-t-elle déclaré, après une rencontre avec le président Macky Sall de laquelle rien n’a filtré.

Au Ghana pour les obsèques d’Atta-Mills

« Nous nous tenons fermement derrière le peuple sénégalais qui a défendu sa démocratie et sa Constitution lors des dernières élections présidentielles », a-t-elle ajouté. « Merci au Sénégal d’être un modèle pour la région ! (…) En dépit de ces transitions apaisées et des élections couronnées de succès, il reste trop d’endroits sur le continent où la démocratie est menacée, les droits de l’Homme violés et l’État de droit non respecté. Trop d’Africains vivent toujours sous la coupe de dirigeants autocratiques », a-t-elle fustigé, en citant notamment la crise au Mali voisin. « Gouverner comme dans le passé n’est plus acceptable », a-t-elle conclu.

Hillary Clinton passera encore la nuit de mercredi à jeudi au pays de la Teranga avant de se rendre au Soudan du Sud, puis en Ouganda, au Kenya, et enfin, du 5 au 9 août, au Malawi et en Afrique du Sud. Une dernière étape a été ajoutée le 10 août au Ghana, jour des funérailles nationales du président John Evans Atta Mills, décédé soudainement le 24 juillet.

Thierry Barbaut

(Avec AFP)

 

Portrait: Aminata Touré, justicière post-Wade !

 

Nouvelle garde des Sceaux, c’est elle qui supervise les audits censés faire la lumière sur la gestion du Sénégal pendant les années Wade. Avec une certitude affichée : Aminata Touré ira jusqu’au bout.

Les Sénégalais ne l’attendaient pas au poste de ministre de la Justice. Mais ils le reconnaissent : Aminata Touré (49 ans) en a l’étoffe.

Personnalité forte au discours offensif, cette proche de Macky Sall n’hésite pas à ruer dans les brancards, apparaissant comme la pièce maîtresse de l’opération anticorruption à la sénégalaise.

Premières victoires pour cette fille de médecin : l’audition les 3 et 5 juillet de Karim Wade, le fils de l’ancien président, et la transmission au parquet de plusieurs dossiers.
Aujourd’hui c’est une nouvelle vague d’audits qui se profile.

« Quelque 400 millions de F CFA [environ 610 000 euros, NDLR] manquent dans les caisses de l’État ; il faut les restituer s’ils sont dans des comptes privés… », prévient la ministre.

L’entourage de l’ancien président crie à la chasse aux sorcières. Aminata Touré réfute la théorie, précise que c’est au parquet de décider des suites judiciaires à donner aux différentes affaires et jure que la présomption d’innocence et les droits de la défense seront respectés.

La militante des droits de l’homme, jadis active dans les milieux universitaires français de gauche, assure que la traque des détournements de fonds publics n’est pas devenue une obsession, mais un combat de principe.

« Il faut briser le cercle vicieux corruption – pauvreté – sous-développement dans lequel les pays africains sont enfermés », insiste l’ancienne fonctionnaire des Nations unies, qui vient de déclarer un patrimoine de 777 millions de F CFA.

De nombreux chantiers

 

Bio express

1962 Naissance à Dakar

1982 Études en France

1988 Cadre à la Sotrac, la compagnie sénégalaise des transports publics

2003 Directrice au Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap)

2010 Dirige le cabinet de Macky Sall

2011 Intègre l’équipe de campagne du candidat

2012 Ministre de la Justice.

Mais si la plupart des Sénégalais apprécient la détermination de cette économiste, nombre d’observateurs se demandent jusqu’où elle sera autorisée à aller, les politiques sénégalais ayant coutume de naviguer d’un parti à l’autre. L’ancienne directrice de cabinet de Macky Sall ne doute pas que le président, dont elle a la confiance, lui laisse toute liberté. Elle a contribué à l’élaboration de son programme électoral, la lutte contre les biens mal acquis en étant l’un des points essentiels. La Dakaroise sourit : « La transhumance n’est pas un vaccin contre le recouvrement des sommes détournées. » Être dans le camp présidentiel ou proche d’elle non plus. Son ex-mari, Oumar Sarr, ministre de l’Habitat sous Wade et coordonnateur du Parti démocrate sénégalais (PDS), figure au nombre des personnes susceptibles d’être inquiétées. « Lorsqu’on administre la justice, on le fait avec froideur. Parfois aussi avec déchirement », reconnaît cette mère de trois enfants qui, au passage, ne cache pas ses difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle.

Mais la véritable victoire serait sans doute de permettre à la Cour de répression de l’enrichissement illicite d’entrer enfin en action. Votée en 1981 sous Abdou Diouf, la loi qui a instauré cet organe s’avère aujourd’hui inapplicable parce que mal ficelée. Une révision de la loi permettrait de légiférer notamment sur les notions de blanchiment d’argent ou de conflit d’intérêts. Mais l’ancienne footballeuse ne veut pas voir son action réduite à cette opération mains propres. Elle insiste sur les nombreux chantiers en cours, comme ceux de la modernisation de la justice et de l’assainissement de l’environnement des affaires.
Thierry Barbaut

Source : jeuneafrique.com

 

 

Madagascar : Rajoelina-Ravalomanana, tentative d’apaisement…

Les négociations entre le président de la transition Andry Rajoelina et l’ancien chef d’Etat Marc Ravalomanana pour trouver une solution à la crise malgache n’ont rien donné. Le principal point de discorde, le retour du dirigeant déchu, en exil en Afrique du Sud.

A quand un accord entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ? Le président de la transition et l’ex-chef d’Etat n’ont pas réussi à s’entendre lors de leur rencontre mardi et mercredi aux Seychelles. Ces négociations, organisées en présence des présidents sud-africain Jacob Zuma et seychellois James Michel, ont accouché d’une sourie. Les deux hommes sont toujours en froid. Le principal point de discorde, le retour de Marc Ravalomana.

Renversé en 2009 par un coup d’Etat mené par Andry Rajoelina, il s’est exilé en Afrique du Sud. L’actuel président de la transition refuse qu’il remette les pieds dans le pays. Marc Ravalomanana a tenté à plusieurs reprises de rentrer. Sans succès. Les deux rivaux devraient à nouveau s’entretenir avant le sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le 17 août au Mozambique.

Pauvreté et insécurité

Madagascar est plongée dans un gouffre. La mutinerie récente du camp militaire d’Ivato, près de l’aéroport d’Antananarivo, a marqué les esprits. Une situation qui montre l’instabilité qui règne dans la grande île. L’économie du pays s’est effondrée. Plusieurs programmes d’aides des bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la banque mondiale, ont été supprimés. Ces sanctions à l’égard du pays ont ébranlées l’économie, entrainant une paupérisation de la population. En mars 2010, l’ONU a estimé que près de 70% des Malgaches vivaient en dessous du seuil de pauvreté.

la grande île est aussi en proie à une grande insécurité. Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux relatent des faits de violence dans la capitale Antananarivo. Meurtres, vols, agressions, sont le lot des populations depuis trois ans. Le couple français assassiné en avril reste dans les mémoires. Les autorités malgaches ont annoncé la mise en place d’un plan national de lutte contre l’insécurité. Ce programme suffira-t-il à rétablir la sécurité ?

L’insécurité, nous en parlions il y à deux mois déja:

Les deux Français portés disparus à Madagascar ont bien été tués selon les médecins. Leur meurtre pose la question de l’insécurité qui prend de l’ampleur dans la grande île.

Les médecins sont formels. Gérald Fontaine et Johanna Delahaye, les ressortissants français résidant depuis un an à Madagascar, ont bien été victimes de meurtre. Le couple qui gérait un restaurant dans la ville de Tuléar, au sud-ouest de l’île, avait été porté disparu le 12 avril dernier. Ce jour-là, comme à son habitude, le couple s’était rendu en quad sur la plage de Tuléar, classée en zone rouge par le consulat français et déconseillée en raison de superstitions locales.

Johanna Delahaye, alors enceinte de deux mois, avait été retrouvée sans vie le 16 avril sur cette même plage. « Selon l’autopsie, le corps a été frappé avant d’être jeté à la mer. Il ne s’agit donc pas d’une noyade », avait déclaré la police. Son compagnon a, quant à lui, été retrouvé mort six jours après. Selon la police de Tuléar, le décès du Français « est dû aux blessures qu’il a subies ». Elles remonteraient « à une dizaine de jours ».
L’enquête a révélé lundi l’existence d’un gourdin brisé et taché de sang retrouvé sur la plage. Les enquêteurs ont aussi retrouvé le quad du couple, caché dans des buissons, les rétroviseurs cassés. Quatre Malgaches, soupçonnés du double meurtre, ont été placés en garde à vue depuis la semaine dernière et présentés lundi à la justice. Ils clament leur innocence.

Les habitants de Tuléar sont encore sous le choc. Cliff, 29 ans, était un ami de Gérald Fontaine qu’il avait rencontré dans une salle de sport. Selon lui, il était « sociable avec tout le monde, parlait avec tout le monde. Il essayer de s’adapter, c’est ce que je voyais. C’est lui même qui faisait son marché. Il parlait avec les vendeuses », rapporte RFI. Pour Cliff, seule une bande a pu s’en prendre au ressortissant français décrit par tous comme un colosse. « Il est grand, il est balèze, il pèse 105 kilos. Un petit Malgache ne peut pas s’approcher de lui à main nue. Sauf s’ils sont dix. » Dans la ville, certains pensent que Gérard a été victime d’un contrat, d’autres pensent qu’il s’agit d’un vol qui aurait mal tourné.

Escalade de violence

Cette affaire relance la question de l’insécurité qui prend de l’ampleur à Madagascar. Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux ne relatent des faits de violences dans la capitale Antananarivo. Toutes les couches de la population, des plus aisées aux plus modestes, sont victimes de ce fléau. Meurtres, agressions, vols à mains armés sont monnaie courante depuis trois ans, date de l’éclatement de la crise politique. Les exemples ne manquent pas. Un retraité nantais s’est fait tranché le bras à coup de sabre en 2009, selon France Soir. En juillet 2010, un Réunionnais qui était installé depuis huit ans dans l’ouest de l’île a été tué d’un coup violent à la tête. En 2011, c’est un sexagénaire qui meurt d’une balle dans la nuque après avoir voulu récupérer ses affaires volées. Cette même année, en septembre, un touriste est violemment agressé à Antsirana. L’homme a reçu plusieurs coups de couteau à la gorge et aux poumons. Par chance, il a survécu à ses blessures.

Face à la recrudescence de ces crimes, l’ambassade de France, sur son site Internet, a incité les ressortissants français à la prudence : « A Madagascar, les risques liés à la criminalité de droit commun ne sont pas négligeables. Les zones inhabitées (y compris les parcs nationaux : parc national de la montagne d’ambre, etc) ou les plages, sont propices aux agressions par des bandes armées, parfois d’une grande violence, de touristes de passage afin de les détrousser (…) »

Thierry Barbaut

 

Lancement de Forbes Afrique

Forbes Afrique, version africaine francophone de la revue américaine Forbes, créée en 1917 et spécialisée dans les informations économiques et le classement des fortunes, a été lancée à Brazzaville.

Cette cérémonie a été présidée hier soir par le Chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, en présence de ses homologues du Gabon, Ali Bongo Ondimba, et de Centrafrique, François Bozizé. Forbes Afrique sera diffusée dans 23 pays francophones d’Afrique et sur d’autres continents, dont la France, la Belgique, la Suisse le Canada, selon son rédacteur en chef M. Michel Lobé Ewané.

Plusieurs anciens premiers ministres français et belge, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin et Guy Verhofstadt avaient été invités ainsi que l’ancien chef de cabinet du président américain Barack Obama, William M. Daley et de la star mondiale du football africain Samuel Eto’o. Le partenariat qui se consolide entre la Chine et l’Afrique a été au centre des interventions.

« La Chine, a dit Jean-Pierre Raffarin, a un pouvoir à la fois centralisé et décentralisé. Elle est à la fois pollueur et engagée dans les énergies renouvelables ». « L’Afrique c’est plus de croissance, plus d’échanges. Elle a plus de réserves de change, plus d’échanges et d’investissements directs. Nous avons la même adresse mondiale, nous sommes des Afro-européens » a-t-il ajouté précisant qu’il n’y a pas de mondialisation sans l’Afrique.

Dominique de Villepin constatant que « l’Afrique ne produit que 1% de la richesse mondiale alors qu’elle représente 15% de la population mondiale et doit abriter 2 milliards d’habitants en 2020 » l’a invitée à faire « le choix de son destin ». Le premier choix « est celui de la durée pour que ses richesses ne soient pas sacrifiées au bénéfice du court terme », a dit l’ancien premier ministre qui a aussi insisté sur la bonne gouvernance et la démocratie.

Le premier numéro sera sur le marché le 1er août prochain. Il va être distribué sur toute l’Afrique francophone mais aussi en France, en Belgique et en Suisse. Afrika7.com a interviewé Michel Lobé Ewané*, Executive editor de Forbes Afrique.

Afrika7.com : Qu’est ce qui a pu pousser le groupe américain Forbes à lancer une édition africaine en français ?
Michel Lobé Ewané : Je voudrais d’abord vous indiquer qu’en 2011, le groupe Forbes a lancé une édition africaine en anglais, Forbes Africa éditée à Johannesburg en partenariat avec un groupe sud africain. En fait le lancement de Forbes Afrique, l’édition en français pour l’Afrique est presque une suite logique de Forbes Africa. Mais ce qu’il faut dire c’est qu’il y a dans les faits un fort sentiment dans les milieux d’affaires internationaux, dans les médias, chez les économistes et experts financiers qui veut que l’Afrique soit la nouvelle frontière du monde, l’espace vierge où les affaires, les investissements sont à réorienter. L’Afrique est la nouvelle zone de l’émergence. Dans un monde en pleine tourmente, ballotée par une crise qui dure maintenant depuis plusieurs années, l’Afrique continue de connaitre une forte croissance. De ce point de vue il peut paraître logique qu’un magazine économique aussi influent que Forbes, qui a depuis de nombreuses années des éditions régionales spécialisées sur les pays émergeants lance enfin des éditions africaines.

Quelle va être l’identité de Forbes Afrique et qu’est ce qui va la distinguer de l’édition anglophone Forbes Africa et l’édition américaine ?

Forbes Afrique va respecter l’esprit et la philosophie de Forbes qui est le magazine de référence des créateurs d’entreprise et des créateurs de richesse. C’est une publication qui cultive les mythes et les réalités des milliardaires avec son classement annuels fort prisé des plus grandes fortunes de la planète. Nous mettrons en avant les managers, les chefs d’entreprises, les créateurs de richesses qui opèrent en Afrique francophone. Nous allons tout naturellement mettre en place un classement annuel des plus riches en fixant des critères objectifs basés avant tout sur la transparence. Ce qui veut dire que pour être fiables et crédibles nous allons classifier les plus riches de notre zone sur des critères transparents et vérifiables. Nous écarteront les fortunes supposées réelles mais qui relèvent de la rumeur et du fantasme et nous n’inscrirons sur nos listes que les personnes dont on aura pu vérifier et recouper les données constituant leur patrimoine. Nous exclurons également par principe les hommes politiques, du moins ceux qui se sont enrichis pendant et grâce à leur position au sein de l’appareil d’Etat.

Mais Forbes Afrique ne fera pas que la place aux riches. Nous mettrons également en avant les jeunes et les moins jeunes qui innovent, ceux qui auront fait preuve d’imagination, d’audace, de créativité. Nous célébreront tout aussi bien les africains de la diaspora qui se distinguent dans le domaine des affaires à travers le monde ou ceux qui choisissent de rentrer dans leur pays et y réussissent dans les affaires. Bien entendu nous donneront une place appréciable aux femmes qui investissent dans les affaires et qui y réussissent.

Que peut apporter à l’Afrique une publication comme Forbes ?

La première chose qu’il faut constater est la faiblesse de la presse économique et financière en Afrique francophone. Il y a peu de publications dédiées au business dans notre zone. Celles qui existent sont d’une faible qualité et le traitement de l’actualité économique s’y résume très souvent à du publi-reportage. Forbes va apporter son expérience, sa connaissance, son expertise, sa crédibilité. Mais surtout il va contribuer à valoriser des modèles d’hommes d’affaires en racontant leur itinéraire, leur parcours, en mettant en évidence leur équation personnelle, c’est-à-dire en expliquant comment ils ont pu s’en sortir en dépit des obstacles, des blocages ou de l’adversité que l’on peut rencontrer dans notre environnement.

Enfin Forbes Afrique peut contribuer à faire progresser la transparence dans le domaine des affaires en Afrique francophone. Par nos classements qui exclurons les pseudo-réussites qui cultivent le flou et l’ambiguïté et mettront en évidence les réussites transparentes et avérées nous allons – du moins je l’espère – contribuer à pousser les riches d’Afrique francophone à être plus transparents, comme le sont de plus en plus les anglophones. Cela signifie pour les promoteurs publier les comptes de leurs entreprises, publier leurs résultats, cela signifie aussi être également transparents vis-à-vis des administrations fiscales, cela signifie ne plus participer à la fuite des devises que l’on planque dans des paradis fiscaux. Mais ne rêvons pas. On n’y arrivera pas pour tous mais je reste convaincu qu’une tendance réelle pourra naître de là. Car, disons le, il y a quand même de plus des hommes d’affaires transparents au Sénégal, au Cameroun, en Côte d’Ivoire.

 

Thierry Barbaut

 

 

L’Afrique du Sud fête les 94 ans de Nelson Mandela

 
Dans toutes les écoles d'Afrique du Sud, plus de 12 millions d'enfants ont chanté à 8 heures un "joyeux anniversaire" spécial, doublé par un "we love you tata" (nous t'aimons père). Les radios ont retransmis leurs propres chansons à la même heure.

 

Dans toutes les écoles d’Afrique du Sud, plus de 12 millions d’enfants ont chanté à 8 heures un « joyeux anniversaire » spécial, doublé par un « we love you tata » (nous t’aimons père).
Les radios ont retransmis leurs propres chansons à la même heure.

L’Afrique du Sud fêtait, mardi 17 juillet, le quatre-vingt-quatorzième anniversaire de Nelson Mandela. A l’initiative de sa fondation, le 18 juillet est devenu le « Mandela Day » (Journée Mandela), une journée désormais reconnue par l’ONU comme un appel mondial à consacrer soixante-sept minutes de son temps à aider ses semblables, conformément aux valeurs défendues par le premier président noir qu’a connu l’Afrique du Sud. Ces soixante-sept minutes représentent les années qu’il a consacrées à son combat politique.

Dans toutes les écoles du pays, plus de douze millions d’enfants ont entonné à 8 heures un « joyeux anniversaire » spécial, doublé d’un « We Love you Tata » (« nous t’aimons, père »). Les radios ont retransmis leurs propres chansons à la même heure.

« Happy Birthday to you,
Happy Birthday to you,
Happy Birthday Dear Madiba,
Happy Birthday to you.

We love you Tata,
We love you Tata,
We love you Dear Madiba,
Happy Birthday to you. »

Nelson Mandela lui-même doit fêter son anniversaire en famille dans sa résidence de Qunu, le village de son enfance, où il réside la plupart du temps. Président de 1994 à 1999 après avoir passé vingt-sept ans dans les geôles du régime raciste de l’apartheid, Nelson Mandela s’est retiré de la vie politique en 2004. Il se fait désormais très rare, sa santé étant fragile.

Les Obama saluent la « volonté de fer » de MandelaLe président des Etats-Unis, Barack Obama, et son épouse, Michelle, ont rendu hommage mardi à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, dont ils ont salué la « volonté de fer », l’« intégrité sans faille » et l’« humilité ». Pour eux, « la vie extraordinaire de Mandela et son ferme engagement continuent à représenter un phare pour tous ceux qui recherchent la dignité, la justice et la liberté ». Mme Obama avait rencontré M. Mandela le 21 juin 2011, lors d’une tournée en Afrique australe avec ses filles. – (avec AFP)Thierry Barbaut

 

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